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Compte rendu

Questions à Martin Janik, directeur éditorial de la non-fiction chez Piper Verlag, à propos des rencontres franco-allemandes en sciences humaines

juillet 2016

- Dans le secteur des sciences humaines et sociales, les traductions revêtent une importance particulière pour une connaissance respective approfondie des deux pays et la circulation de leurs idées. De votre point de vue, comment évoluent ces traductions ?

 

- Tout d’abord, je tiens à dire que Piper Verlag, la maison d’édition dont je dirige le département de la non-fiction, n’est pas une maison d’édition universitaire au sens étroit du terme. En effet, au côté des professeurs d’université, nous comptons parmi les auteurs un certain nombre de journalistes, par exemple. De façon "idéale", un auteur avec lequel nous collaborons a naturellement des connaissances très approfondies de son sujet. Toutefois, nous visons un lectorat plus large que la seule "communauté académique" : celui de lecteurs intéressés par les thèmes d’actualité, des sujets liés à l’histoire, à la politique, et autres, mais ne disposant pas forcément d’une formation universitaire dans ces domaines.

 

De manière générale, il me paraît extrêmement important que le public allemand ait accès à la pensée des chercheurs et autres auteurs d’un pays aussi important que la France. J’ai toujours pensé que l’échange entre nos deux pays était et devait être fructueux et qu’il fallait tout faire pour faciliter la compréhension de nos enjeux.

 

- Pourriez-vous donner quelques exemples récents et précis pour votre maison d’édition ?

 

- Nous avons publié Gilles Kepel, Emmanuel Todd et Ayaan Hirsi Ali ainsi que, plus récemment, les Mémoires de Serge et Beate Klarsfeld.

 

- Que vous ont apporté ces journées parisiennes, à la découverte de l’actualité éditoriale française dans le champ des sciences humaines et sociales ?

 

- Je suis infiniment reconnaissant aux organisateurs d’avoir pu assister à cette séquence. J’y vois le point de départ d’autres rencontres qui ne devraient pas manquer d’exister à l’avenir. En discutant avec nos interlocuteurs, j’ai eu le sentiment que nous avions tous à cœur d’élargir le champ des traductions, actuellement largement dominé par le monde anglo-saxon. Nous nous accordons tous, il me semble, sur le fait de reconnaître que les publications issues des États-Unis et d’Angleterre sont de grande importance et méritent bien de faire l’objet de traductions. Mais la richesse européenne va bien au-delà, et c’est aux maisons d’édition qu’il revient de le prouver à travers nos projets de programmes.

 

- Comment, d’après vous, ces échanges pourraient se développer ?

 

- Je le disais à l’instant : je vois nos rencontres comme la première étape d’une suite de rencontres et de contacts – collectifs ou individuels. J’ai la certitude que nous en tirerons tous un grand profit.



juil. 2016