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Compte rendu

Plus de 100 professionnels présents lors des Rencontres franco-allemandes jeunesse et bande dessinée de Berlin

juillet 2015

Une centaine de professionnels français et allemands ont participé à cette rencontre de deux jours, composée d’interventions croisées sur les marchés du livre jeunesse et de la bande dessinée, de rendez-vous B to B et de la visite de la grande librairie Dussmann Kulturkaufhaus.

 

Accueillis dans les locaux de l’Institut français de Berlin, co-organisateur de l’événement, ces professionnels ont suivi avec intérêt les débats modérés par Didier Dutour, responsable du pôle Livre et traduction à l’Institut français Paris.

 

Après quelques données chiffrées sur les secteurs, les interventions ont finalement donné lieu à des échanges vivants entre intervenants : Hedwige Pasquet (Gallimard Jeunesse), Edmund Jacoby (Jacoby & Stuart) et Margit Müller (Association des éditeurs de livres de jeunesse) pour la partie jeunesse, puis Thomas Ragon (Dargaud) et Johann Ulrich (Avant Verlag) pour la partie bande dessinée.

 

Un grand nombre de thèmes et de problématiques propres aux secteurs présentés et à la pratique du métier ont été abordés lors de la matinée : tendance dans les deux pays à une certaine surproduction, la vie en librairie devenant de plus en plus courte pour les nouvelles parutions ; best-sellerisation de la production, du fait de l'adaptation cinématographique ; difficultés rencontrées par les auteurs, notamment de BD, qui vivent difficilement de leur plume ; concurrence d’Internet et augmentation des ventes de livres d’occasion…

Des deux côtés du Rhin, on constate le rôle toujours soutenu et dynamique des librairies, où la majorité des livres jeunesse sont vendus. La concurrence d’Amazon se fait néanmoins toujours sentir avec, en Allemagne, des achats sur Internet passés de 12% en 2010 à 22% en 2012 (18,5% en France en 2014*).

 

Et Edmund Jacoby de rappeler au public qu’en Allemagne un marque-page "prix unique du livre" est glissé dans les nouvelles publications : façon de rappeler aux lecteurs que le livre n’est pas moins cher sur Amazon…

 

 

Qu'en ont pensé les éditeurs français ?

 

Bon timing dans l’agenda international des éditeurs et responsables des droits, diversité des éditeurs allemands présents, grande disponibilité, rendez-vous B to B nombreux et fructueux… Plusieurs professionnels français nous ont fait part de leurs impressions :

 

Thomas Ragon, éditeur chez Dargaud

"J'ai participé aux rendez-vous de l'équipe des droits étrangers de Dargaud, Dupuis, Le Lombard (Mediatoon), et rencontré certains éditeurs allemands que je connaissais déjà. L'énorme avantage par rapport à Bologne ou Francfort est le temps que j'ai pu passer avec eux, et ceci vaut, je pense, dans les deux sens. Et j'ai également découvert d'autres éditeurs. 

Généralement, face à un éditeur français, un éditeur de bandes dessinées allemand se renseigne pour acheter des droits. Cette fois-ci, pendant les rendez-vous, avec plus de temps, j'ai pu creuser dans leurs catalogues et expliquer à ces éditeurs ce que je serais susceptible d'acheter. Eux ont alors fini par quitter l'habit de l'acheteur qui n'a rien à vendre, et nous avons enfin pu parler des contenus, de ce que nous faisons, etc. Une vraie rencontre, donc, pas seulement un "rendez-vous". J'ai aussi été en contact avec des traducteurs/trices, ce qui pourrait m'être utile le moment venu.

Enfin ces journées ont été l’occasion d’échanges avec les acteurs français de l'autre secteur présenté ce jour-là, la jeunesse. Nous n'avons finalement que peu d'occasions de nous voir et de nous parler réellement dans les salons en France ou à l'étranger."

 

Nathalie Glorieux, responsable des droits étrangers chez Casterman

"Le panel des éditeurs BD allemands présents était suffisamment large pour permettre de proposer des cessions à peu près dans tous les domaines : de la BD classique à certains éditeurs, des graphic novels à d’autres."

Toutefois, la responsable des droits de Casterman aurait apprécié de rencontrer des éditeurs généralistes, plus disposés à publier des biographies, des biopics ou des guides, genres parfois plus difficiles à proposer aux éditeurs jeunesse.

"Les éditeurs de BD allemands sont très dispersés géographiquement, cette rencontre dans la capitale était idéale, les principaux éditeurs étant au rendez-vous."

Entre Bologne et Francfort, l’étape Berlin a également constitué un moment très opportun : les titres retenus lors de ces journées seront prochainement présentés aux comités de lecture des maisons d'édition allemandes, et des contrats pourront, sans doute, être signés dès Francfort.

 

Daniella Bonerba, responsable des droits étrangers pour Amaterra et Marmaille & Compagnie

"Les éditeurs allemands montrent un intérêt autant pour les titres "traditionnels" que pour des projets plus audacieux, et également pour les livres d’activité."

Chez Amaterra, qu’elle représente, Le Lac des cygnes (beau livre avec découpes) a été publié en coédition avec Annette Betz Verlag, un imprint d’Ueberreuter Verlag, et connaît de bonnes ventes en Allemagne ; des coéditions sur d’autres titres similaires sont en discussion (L’Oiseau de feu, J’aime Paris) et 8 titres des Cahiers nature (livres d’activité) ont été publiés cette année chez Ravensburger.

Chez Marmaille & Compagnie, qu’elle représente également, ce sont des titres "qualitatifs" que les éditeurs allemands ont repérés (Le Vilain défaut par exemple) autant que des titres davantage grand public (comme Le Petit lion qui ne voulait pas dormir).

"Des rendez-vous sont d’ores et déjà pris pour Francfort 2015, dont plusieurs avec de "nouveaux" éditeurs rencontrés lors de cet échange berlinois."

 

Christian Voges, responsable des droits étrangers pour Le Baron perché, Grasset Jeunesse, Le Sablier

"Les rencontres qui ont suivi les très intéressantes présentations des spécificités des secteurs jeunesse et BD française et allemande étaient très fructueuses. Au cours de ces journées, j’ai eu une vingtaine de rendez-vous avec des éditeurs allemands, dont neuf qui étaient de nouveaux contacts. Les éditeurs allemands ont montré un vrai intérêt pour les albums. Par ailleurs, la visite de la plus grande librairie berlinoise et les repas ont favorisé les échanges informels et contribué à une meilleure connaissance des éditeurs, de leurs attentes ainsi que du marché allemand."

 

 

* Le secteur du livre : chiffres-clés 2013-2014, Service du livre et de la lecture, Observatoire de l’économie du livre, Ministère de la Culture et de la Communication.


Anne Riottot
juil. 2015
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