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Compte rendu

1re Foire internationale du livre de jeunesse de Shanghai, la consécration d’un secteur

janvier 2014

Avec plus de 230 millions d’enfants âgés de moins de 16 ans, l’édition de livres de jeunesse en Chine est un secteur en forte croissance. Les publications pour enfants ont augmenté de 35% entre 2011 et 2012. Le pouvoir d’achat des jeunes parents chinois a fortement évolué. 52% d’entre eux préfèrent acheter des livres plutôt que de les emprunter en bibliothèque, 70% de ces parents achètent des livres pour leurs enfants tous les mois. Les statistiques du plus grand détaillant en ligne, angdang.com, montrent que 90% des best-sellers en 2011 ont été des titres importés*.

 

"Avec de tels chiffres, nous avons souhaité créer un événement ayant pour but de faciliter les échanges entre les acteurs locaux du monde de l’édition jeunesse et les acteurs internationaux, entre les éditeurs et le public et entre les auteurs et leurs fans. C’est aussi l’occasion pour les enseignants et les éducateurs de découvrir de nouveaux supports d’enseignement", précise Randy Wang, responsable de l’organisation de ce salon qui avait comme slogan "Contenu sans frontières".

 

Cette première édition de la Foire internationale du livre de jeunesse de Shanghai, qui visait à réunir le meilleur de l’édition chinoise et internationale pour la jeunesse, a donc reçu un bon accueil, aussi bien de la part des professionnels chinois et étrangers que du public. Sollicité par les organisateurs pour participer à ce nouveau salon chinois dédié à la jeunesse, le BIEF a décidé, en accord avec les éditeurs français présents lors de la Foire internationale du livre de Pékin (28 août-1er septembre 2013), de faire parvenir une sélection de titres de jeunesse et de bande dessinée, de Pékin à Shanghai, leur transport étant assuré gratuitement par les organisateurs.

 

Une participation aussi en préambule à Shanghai, ville invitée d’honneur au prochain Salon du livre de Paris. Près de 400 titres d’une trentaine de maisons d’édition françaises de jeunesse et de bande dessinée ont ainsi été exposés sur le stand du BIEF, situé dans le hall unique de 3 500 m² rassemblant tous les exposants. En nombre sur le stand, des catalogues du BIEF Jeunesse-BD, des catalogues BD bilingues français-chinois spécialement édités pour l’Asie, ainsi que des annuaires d’éditeurs ont permis de représenter la majorité des éditeurs de ces secteurs, y compris ceux pour lesquels les livres n’étaient pas exposés.

 

Les demandes professionnelles furent nombreuses durant les deux journées exclusivement réservées aux professionnels : recherche de contact avec les maisons d’édition françaises, de catalogues et, pour certaines, demandes d’acquisition de droits.

 

La plupart des éditeurs étrangers présents, principalement des Anglais et des Américains, ont souligné l’importance de cette nouvelle foire pour poursuivre et développer leur présence sur ce marché asiatique en pleine croissance. C’est l’opportunité pour mieux appréhender le marché chinois et découvrir de nouveaux partenaires qui ne se déplacent ni à la Foire du livre de jeunesse de Bologne, ni à la Foire du livre de Francfort.

 

Les éditeurs chinois, de leur côté, apprécient cette nouvelle foire, par ailleurs jugée trop proche de la Foire du livre de Pékin et de celle de Francfort.

Décision a donc été prise par les organisateurs qu’en 2014 ce salon se déroulerait les 21-22 et 23 novembre. Ce qui n’est pas une bonne chose pour les éditeurs français, mobilisés à ce moment-là par le Salon du livre de jeunesse de Montreuil. Par ailleurs, la programmation du BIEF est difficilement "extensible" et il est peu envisageable de se rendre par deux fois dans un même pays, si vaste soit-il, à trois mois d’intervalle. La Foire du livre de Pékin permet non seulement de rencontrer une grande majorité des éditeurs chinois de jeunesse, mais également l’ensemble des éditeurs qui se consacrent à d’autres domaines éditoriaux. En revanche, à l’avenir, en fonction de l’évolution de cet événement, des rencontres professionnelles peuvent être envisagées.

Affaire à suivre…

 

Christine Karavias

 

 

Questions à…

 

Jérôme Baron, directeur des droits étrangers de Casterman, Fluide Glacial, Flammarion Jeunesse-Père Castor, Autrement Jeunesse

 

• BIEF : Présent à la dernière Foire internationale du livre de Pékin, vous avez fait le choix de revenir en Chine deux mois et demi plus tard pour vous rendre à cette nouvelle Foire internationale du livre de jeunesse de Shanghai. Quelles étaient vos raisons ?

• Jérôme Baron : D’abord, en raison de l’importance de la publication de Tintin sur ce marché, nous souhaitons avoir un suivi très précis avec les éditeurs et le marché chinois. CCPPG (China Children’s Press & Publications), éditeur de Tintin en chinois simplifié et premier partenaire de Casterman en Chine, il nous a semblé important d’y participer. Ensuite, le nouvel éditeur de Martine en Chine, Buyin, s’apprête à relancer la série avec un fort soutien commercial et marketing. La Foire internationale du livre de jeunesse de Shanghai était donc l’occasion de rencontrer nos partenaires pour affiner les derniers réglages avant le lancement. Enfin, en tant que nouveau directeur des droits étrangers de Casterman, Fluide Glacial, Flammarion Jeunesse - Père Castor, Autrement Jeunesse, c’était pour moi la possibilité d’avoir un premier contact direct avec le marché chinois, qui représente aujourd’hui notre deuxième territoire d’export (après la langue anglaise).

Le secteur se structure rapidement et se développe fortement depuis quelques années. Les pratiques légales et commerciales avec nos partenaires chinois requièrent un suivi précis et une grande attention.

 

Sally Mak, agent

• BIEF : Quelles sont vos impressions générales sur cette Foire internationale de Shanghai ?

• Sally Mak : La plupart des éditeurs présents à la Foire de Shanghai l’étaient déjà à celle de Pékin. Des éditeurs indépendants (ateliers privés) de Shanghai sont passés sur le stand, ils semblaient chercher quelque chose de "solide" pour leur catalogue, afin d’entrer sur ce marché de la jeunesse. C’est un bon signe, mais il faut attendre pour savoir s’ils vont parvenir à s’implanter.

Du point de vue des Asiatiques, même si la Foire de Shanghai est plus petite, les éditeurs d’Asie, comme ceux de Taïwan et de Thaïlande par exemple, disent préférer Shanghai à Pékin, trop grande et trop chère en transport et en hébergement.

En ce qui concerne leurs attentes par rapport aux achats de droits, les livres de jeux, les livres bilingues chinois-anglais semblent être la tendance. D’une manière générale, les éditeurs pour la jeunesse cherchent toujours une grande série qui a fait le tour du monde.

 

Propos recueillis par Christine Karavias



janv. 2014
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