Articles

Imprimer Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur LinkedIn

Compte rendu

Retour sur les rencontres entre éditeurs et libraires d’Afrique francophone à Livre Paris

avril 2018

Il est beaucoup question de francophonie ces derniers temps. La volonté politique de mettre en lumière l’édition francophone à Francfort était manifeste et l’élan autour de la francophonie n’a pas cessé depuis. En début d’année, l’Élysée a lancé une consultation citoyenne sur la promotion du français dans le monde et tout récemment, dans son discours sur la stratégie pour la langue française, le Président a annoncé de nouvelles initiatives.

 

Sur le terrain, différentes actions menées depuis plusieurs années par le BIEF témoignent d’un travail de fond en direction des éditeurs et libraires francophones. Ce travail, qui bénéficie d’un soutien constant de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), est aussi le fruit d’un partenariat établi de longue date par le BIEF avec l’Association internationale des libraires francophones (AILF) ou l’Alliance internationale des éditeurs indépendants (AIEI).

 

Des actions concrètes

 

Parmi les actions, concrètes et pragmatiques, une table ronde a été organisée à Livre Paris entre éditeurs et libraires venant d’Afrique francophone et d’Haïti. "Certains éditeurs et auteurs ignorent qu’il existe des librairies dans leur pays", témoigne Philippe Goffe, fondateur de l’AILF. "De nombreux éditeurs ne font pas la démarche pour identifier les libraires et pour leur présenter leurs catalogues", précise Abdoul Aziz Moussa de La Maison du Livre à Niamey.

 

Partant de ce constat, cette table ronde avait pour but de donner la parole à quatre éditeurs et quatre libraires. Pour les éditeurs, ce fut l’occasion de présenter leur maison et de mettre en avant deux titres phares de leur catalogue ; de leur côté, les libraires ont présenté leur librairie mais aussi leur façon de travailler avec les éditeurs. "Nous pratiquons des prix particuliers avec les éditeurs publiant des livres haïtiens", explique Mehdi Chalmers qui travaille à La Pléiade, la grande librairie généraliste de Port-au-Prince. "Comme nous ne sommes pas en mesure de représenter tout le monde, nous devons faire des choix, comme un éditeur. Nous avons la même responsabilité mais aussi la même liberté." Un choix que certains éditeurs ne semblent pourtant pas reconnaître aux libraires qu’ils perçoivent plus comme des concurrents que comme des partenaires. "Il nous est arrivé qu’un éditeur dont nous avions refusé de prendre un titre ne nous propose plus aucun de ses livres".

 

Le problème de la circulation des auteurs francophones

 

Nombre de libraires francophones se heurtent également au problème de l’accessibilité aux auteurs francophones publiés en France. Dans bien des cas, les maisons d’édition françaises refusent de céder les droits aux maisons locales et préfèrent vendre leurs propres éditions à des prix bien trop élevés pour la population locale. Un problème bien identifié et qui a fait l’objet de nombreuses tables rondes, comme lors de la dernière Foire du livre de Francfort. Signe des temps, cet enjeu d’une meilleure circulation des auteurs francophones à travers une politique de cession de droits entre éditeurs francophones, a été depuis repris par Emmanuel Macron dans son discours à l’Institut de France, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie.

 

Pour sa part, le BIEF reconduira le stand des éditeurs d’Afrique et d’Haïti à la prochaine Foire du livre de Francfort, avec le soutien de l’OIF et du CNL, avec notamment comme objectif de dynamiser les échanges de droits entre éditeurs francophones.


Pierre Myszkowski et Katja Petrovic
avr. 2018