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L’étude sur l’édition en Mexique vient de paraître

avril 2018

La nouvelle étude du BIEF confirme que le secteur éditorial mexicain est traversé par des problématiques structurelles d’envergure qui le rendent fragile. Néanmoins, le Mexique est un partenaire de choix pour les éditeurs français en Amérique latine : il compte nombre d’interlocuteurs fiables et abrite la plus importante foire du livre du monde hispanophone, à Guadalajara.

 

Comparé à de nombreux autres pays latino-américains, le Mexique bénéficie d’une situation politique stable et d’un taux de croissance positif, mais le pays doit faire face à d’importants défis : relations incertaines avec les États-Unis, fortes inégalités sociales et augmentation des violences. Le livre est encadré par une loi sur le prix unique, bénéficie d’une TVA à taux zéro et fait l’objet de politiques publiques volontaristes. Mais ce contexte législatif et institutionnel bienveillant connaît de nombreux effets pervers pour le développement de l’industrie du livre et n’est que partiellement mis en application en ce qui concerne le prix unique.

 

Une action des pouvoirs publics qui pose question

 

L’État mexicain est à la fois éditeur des manuels scolaires et des ouvrages de trade avec le Fondo de Cultura Economica, libraire avec le réseau de librairies Educal et acheteur de manuels et d’ouvrages généralistes pour les bibliothèques publiques et les écoles. Ainsi, selon certains, l’État a pris la place de l’industrie éditoriale privée et est entré en concurrence avec elle, entraînant d’importants dysfonctionnements dans la chaîne du livre. Cependant, l’action des pouvoirs publics est indispensable à la survie de nombreux éditeurs qui ne pourraient maintenir leurs politiques éditoriales sans les coéditions avec les organismes étatiques ou les achats publics.

 

Des débouchés incertains : faiblesse du réseau de librairies

 

Par ailleurs, d’après les estimations les plus optimistes, il n’y aurait que quelque 1 200 librairies pour 130 millions de Mexicains. La faiblesse de ce réseau fait entrer le secteur dans un cercle vicieux. En effet, les librairies ne pouvant constituer un débouché suffisant pour les ouvrages publiés au Mexique, les éditeurs recherchent des ventes directes. Ce faisant, ils écartent les librairies du circuit du livre et les privent de ventes, ce qui est très défavorable à la création de nouveaux points de vente.

 

Des professionnels fiables et un marché ouvert sur l’international

 

Néanmoins, le Mexique est le premier marché de langue espagnole en Amérique latine, avec un chiffre d’affaires de 485 millions d’euros en 2016, et les filiales des groupes internationaux y disposent, dans l’ensemble, d’une certaine marge de manœuvre en termes d’achats de droits. Les maisons indépendantes sont, quant à elles, des structures souvent équilibrées, anciennes pour certaines, et qui sont très intéressées par les projets de traductions.


Claire Mauguière
avr. 2018

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