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Compte rendu

Nouvelle formule pour le programme "Libraires francophones à Paris"

juin 2017

Pour les onze libraires sélectionnés, cette nouvelle édition qui s’est déroulée du 31 mai au 12 juin n’en a été que plus intense. Ramené à deux semaines au lieu de trois, le programme s’organise toujours autour de trois séquences : un séminaire d’ouverture qui permet aux participants de se familiariser avec l’univers du livre en France puis un séjour dans une librairie et en dernière partie deux journées consacrées aux aspects plus spécifiques de la librairie française à l’étranger.

 

Dès les premiers jours du programme, les participants ont eu le sentiment d’entrer par la "grande porte" dans le monde du livre en France : d’abord aux éditions Gallimard, où ils ont pu découvrir l’histoire de la maison d’édition et le fonctionnement du comité de lecture, avec le témoignage de son secrétaire Philippe Demanet suivi d’une rencontre avec la directrice de Folio, Anne Lassus. Puis à la Sodis, où ils se sont montrés impressionnés par la dimension industrielle de cette chaîne du livre… dont ils se sentent parfois les maillons lointains et un peu délaissés.

 

Un voyage autour du monde de la librairie francophone

Au programme également : un échange autour de la relation entre l’éditrice, son auteur et les libraires avec Sabine Wespieser et un de ses auteurs, Louis-Philippe Dalembert dont le dernier livre Avant que les ombres s’effacent a reçu le prix Page des libraires, la rencontre forte et pleine d’émotion avec le duo Marc Boutavant et Emmanuel Guibert, autour de leur création commune, Ariol, personnage au succès planétaire, si l’on en juge par sa popularité auprès des libraires francophones ; ou encore la soirée organisée avec la librairie Les mots et les choses, au cours de laquelle les libraires francophones ont pu présenter leur propre librairie mais aussi faire découvrir un livre ou un auteur de leur pays - un véritable voyage autour du monde… de la librairie francophone.

 

"Une expériences magique"

Pour autant, c’est bien le second temps de ce programme, le séjour dans une librairie française, qui constitue l’armature de ce programme et lui donne tout son sens. Pour les libraires francophones accueillis au sein d’une librairie parisienne (Comme un roman, Le Divan, Les Traversées, Atout livre, le Rideau rouge, Compagnie, Eyrolles, mais aussi des librairies spécialisées jeunesse comme Les Trois sœurs ou encore Libellules et papillons), ainsi qu’en province, à Bordeaux (Le Passeur), Annonay (La Parenthèse) et même dans une petite ville du Var, La Garde (L’Atoll imaginaire), tous saluent une expérience unique et même "magique" pour reprendre le mot de Luiz de la Librairie française de Sao Paulo. Une expérience que chacun a eu à cœur de partager avec ses confrères, au cours d’une riche journée d’échanges qui est venue ponctuer ce voyage au cœur de la librairie française, comme en témoigne le récit d’Elena Diaconu (ci-dessous).

 

- Pierre Myszkowski

 

 

Le libraire est un passeur

 

Elena Diaconu travaille chez Kyralina, la librairie française de Bucarest. Dans le cadre du programme Libraires francophones à Paris, elle a effectué son stage dans deux librairies parisiennes, le Rideau rouge et les Enfants sur le toit. De ce séjour elle retient avant tout une chose…

 

"Quelle chance de déambuler, se balader, feuilleter, piocher dans les nombreuses librairies de Paris ! Quelle chance de faire la connaissance de libraires, jeunes ou plus âgés, et de leurs clients, petits et grands, d'écouter leurs conversations de lecteurs passionnés, de tant apprendre en les écoutant."

 

Le séminaire organisé par le BIEF et le CNL a été riche de tant de rencontres et de découvertes : avec dix autres libraires du monde entier, deux librairies qui m'ont accueillie, une vingtaine d'autres librairies visitées, à quoi se rajoutent les rencontres avec les éditeurs, les auteurs, les représentants, plein de personnes travaillant dans ce grand domaine du livre. Je suis repartie avec la conviction que la France et surtout Paris sont un terrain privilégié. Je viens d'arriver à Bucarest avec, certes, de longues listes de titres à commander et avec des idées pour des futurs événements à organiser. Je comprends beaucoup plus clairement la chaîne du livre et, en partageant cela avec mes collègues, notre travail à Kyralina s’en trouvera facilité. Les commandes, les retours, le suivi des nouveautés, les possibles collaborations à établir, je vois comment nous pourrons rendre notre travail plus efficace pour pouvoir consacrer davantage de temps à la lecture et aux clients. Mais ce que je retiens surtout de ce stage est en lien direct avec le métier de libraire : combien il est précieux de donner toute sa place à ce travail. Nous ne sommes pas seulement des vendeurs de livres et une librairie n'est pas un simple commerce comme un autre. Telle que je la vois, la librairie est un espace légèrement feutré, où le monde pénètre à travers un filtre, où le temps passe autrement, où l’on se laisse surprendre. Le libraire est... un passeur. Et pour nous, libraires francophones à l’étranger, il est alors d'autant plus important de faire sentir à nos clients qu'ils viennent nous voir par choix et non pas par défaut. De leur montrer ce qui se fait en France tout en profitant d'avoir un peu plus de temps pour discuter et pour digérer les nouveautés. D'avoir finalement de la chance de faire ce métier et d'en profiter chaque jour."

 

- Elena Diaconu (Kyralina)

 

 



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