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Compte rendu

Sharjah : une foire du livre arabophone avec une volonté d'ouverture internationale

novembre 2016

La 35e Foire internationale du livre de Sharjah (SIBF) s’est tenue du 2 au 12 novembre 2016. 2,3 millions de visiteurs l’ont fréquentée, venant pour beaucoup des Émirats, de pays arabophones, mais également d’Asie (au premier rang desquels l’Inde). Outre le chiffre impressionnant de la fréquentation (+76 % en un an), les organisateurs annoncent un volume de livres vendus de 45 millions d’euros. L’essentiel des livres présentés et commercialisés étaient en langue arabe.

 

Les deux jours précédant la foire, un programme professionnel s’est tenu, réunissant autour de 200 participants - éditeurs, responsables de droits, agents - en provenance d’une trentaine de pays, dont sept Français. Plusieurs tables rondes autour de l’édition dans le monde arabe et une journée et demie de rendez-vous B to B (comme dans un centre des droits d’une grande foire internationale) ont permis de nombreux échanges avec des participants qui, pour beaucoup, ne fréquentent pas les grandes foires internationales.

 

Un montant de 300 000 dollars est attribué aux subventions à la traduction, dont 250 000 pour les traductions de l’arabe et 50 000 pour celles vers l’arabe. En 2015, 73 titres ont bénéficié de cette aide. La première condition pour être éligible est d’être un invité de ce programme professionnel.

 

Pour davantage d’informations, en particulier sur les démarches pour être candidat à ce programme, rendez-vous sur le site www.sibf.com.                                                      

 

 

Questions à Hedwige Pasquet (P.-D. G. de Gallimard Jeunesse) qui participait cette année au programme professionnel

 

BIEF : Parlez-nous du Salon de Sharjah et de son programme professionnel. Quelles rencontres y avez-vous faites ?

 

Hedwige Pasquet : Le Salon du livre de Sharjah - l’un des émirats du Nord tout proche de Dubaï - vient de fermer ses portes après avoir accueilli 1 500 exposants et 2,3 millions de visiteurs. Il a été précédé d'un programme professionnel qui a rassemblé pendant deux jours environ 200 acteurs de l’édition en provenance du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord, d’Europe (principalement d’Angleterre), d’Inde et d’Asie (essentiellement de Chine), pour la plupart non présents à Francfort.

Mes interlocuteurs lors de mes rendez-vous concernant l’achat ou la vente de droits ont donc été très variés - éditeurs, agents et vendeurs de droits.

 

BIEF : Avez-vous senti un intérêt pour votre catalogue ? Est-il fonction du dispositif de subvention à la traduction annoncé ?

 

H. P. : J'ai eu de nombreuses demandes dans tous les domaines : petite enfance, littérature, bande dessinée… Dans certains cas, l’aboutissement des projets sera certainement conditionné par l’obtention d’une subvention, mais cela dépend beaucoup des éditeurs.

 

BIEF : Pensez-vous que les contacts, comme les opportunités de contrats, et les montants de droits qui les accompagneraient, se situent dans les standards de ce que vous rencontrez dans d’autres événements internationaux ?

 

H. P. : En ce qui concerne les pays de langue arabe, le marché du livre est caractérisé par un prix de vente extrêmement faible et, à ma grande surprise, les tirages ne semblent pas dépasser 3 000 exemplaires environ. Les droits et les avances sont particulièrement bas et se rapprochent plutôt des conditions pratiquées au Vietnam ou dans certains pays de l’Est comme l'Ukraine. Il semble y avoir un problème majeur de distribution. Toutefois, la population mondiale parlant l’arabe étant de 430 millions d’habitants, et cette langue étant le sixième espace linguistique, je considère que ces contacts sont importants afin de poser des jalons pour l’avenir.

 

- Propos recueillis par Jean-Guy Boin



nov. 2016