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Compte rendu

Rencontres franco-allemandes d'éditeurs de sciences humaines et sociales à Paris

juillet 2016

Organisée conjointement par l’Institut français et le Commissariat de la France à Francfort, l’ambassade de France en Allemagne, l’EHESS, le BIEF et le Goethe Institut, en amont de Livre Paris, l’invitation à Paris de 25 représentants de maisons d’édition allemandes visait à proposer à ceux-ci un panorama large et diversifié de la vie intellectuelle française, de manière à créer les conditions d’un échange fructueux dans la perspective de l’invitation d’honneur de la France à la Foire internationale du livre de Francfort.

 

L’objectif de ces rencontres de haut niveau (mobilisant, parmi d’autres chercheurs de premier plan, les professeurs au Collège de France Pierre Rosanvallon et Patrick Boucheron) était de permettre aux éditeurs allemands d’approfondir leur connaissance des auteurs et courants émergents – dans la perspective d’un renforcement et d’un renouvellement des flux éditoriaux, mais aussi de mieux connaître l’environnement qui donne sa dynamique à la réflexion et au débat contemporains : les institutions qui portent la recherche d’aujourd’hui, dans leur héritage et leurs transformations (École normale supérieure, Fondation de la Maison des sciences de l’homme, EHESS) ; celles qui font aussi le lien entre les productions académiques et les grands enjeux du débat public (le Musée national de l’histoire et des cultures de l’Immigration) ; les opérateurs qui soutiennent la vitalité éditoriale de ce domaine, en France comme à l’étranger (CNL, Institut français) ; les dispositifs permettant une "veille" sur les publications les plus récentes (le portail La Vie des idées ).

 

Proposant une traversée du paysage des sciences humaines françaises considérées au prisme de leurs enjeux éditoriaux, ces rencontres ont permis d’évoquer les nouvelles scènes intellectuelles (ainsi, le devenir de la philosophie française après la "french theory" fut longuement évoqué lors d’une matinée avec l’équipe d’enseignants chercheurs de l’ENS), mais aussi les bouleversements survenus dans l’approche d’auteurs et de corpus patrimoniaux (par exemple, le nouveau regard induit sur l’œuvre de Michel Foucault par le versement de ses archives à la BNF, décrit par le professeur Frédéric Gros, maître d’œuvre de l’édition de Michel Foucault dans La Pléiade).

 

L’enjeu consistait à lier une information académique sur l’état de l’art avec une discussion serrée sur la façon dont le contexte économique, technique et professionnel de l’édition peut, en France et en Allemagne, favoriser ou entraver la diffusion des idées et des œuvres. Une attention particulière fut portée, par exemple, sur les transformations que l’environnement numérique impose à la démarche éditoriale (intervention de Sophie de Closets, présidente-directrice générale de Fayard) ou sur les stratégies et les prises de risque des directeurs de collection (à travers un atelier sur l’édition féministe et contestataire réunissant les éditrices Nonna Mayer et Isabelle Cambourakis ou l’évocation, par Patrick Boucheron, des choix qui président à une collection de référence comme "L’Univers historique").

 

Les rencontres intellectuelles ont été suivies de rencontres professionnelles individuelles au Goethe Institut et de débats lors de Livre Paris, où la Frankfurter Buchmesse faisait son retour.

Le lundi 14 mars, à la fin de la première journée, avait eu lieu au CNL une conférence sur le "Panorama croisé des sciences humaines et sociales". Modérée par Jean-Guy Boin (BIEF), elle a réuni Sophie Berlin (Flammarion) et Tobias Heyl (Carl Hanser Verlag) qui ont abordé les mouvements et les évolutions éditoriales en Allemagne et en France depuis les quinze dernières années, dans ce secteur.

Ce fut l’occasion des premiers échanges entre éditeurs allemands invités et professionnels français, une quarantaine environ, sur le marché du livre de sciences humaines et sociales et ses tendances de part et d’autre du Rhin.  

 

À noter aussi que les rencontres de traducteurs français et allemands en SHS, organisées par la Fondation Maison des sciences de l’homme se sont déroulées à la même période que la venue des éditeurs allemands de sciences humaines (du 14 au 16 mars).

 

 

Pour Benita Edzard,

directrice des droits étrangers chez Robert Laffont : "De nouvelles rencontres et une idée plus précise du marché".

 

"Chez Laffont, nous disposons d’un catalogue relativement restreint dans le secteur des sciences humaines et sociales. Il est toujours plus difficile de trouver des éditeurs étrangers quand les échanges se font sur un mode spontané.

Ces échanges nous permettent d’effectuer de nouvelles rencontres (nous n’avons plus le temps de nous promener dans des foires : tous les rendez-vous sont pris à l’avance) et de nous faire une idée plus précise du marché et des nouvelles tendances.

 

C’est à nous, responsables des droits, qu’il revient de développer et renforcer les liens avec les "nouveaux" éditeurs rencontrés. En ce sens, les tables rondes sont utiles, mais je pense qu’il faudrait créer aussi des événements et des rencontres autour d’une publication (j’ai en mémoire une conférence autour du livre de Thomas Piketty m’ayant permis de nouer de nombreux contacts) ou de la venue d’un auteur ou d’une personnalité."


Judith Roze, directrice du département Langue française, livre et savoirs, Institut français
juil. 2016
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