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L’Inde, pays d’innovation et d’avenir pour le marché international du livre

mars 2016

L’Inde est l’un des plus grands pays du livre. C’est un triple marché : le deuxième plus grand producteur mondial de livres en langue anglaise derrière les États-Unis ; par la diversité de la demande avec vingt-deux langues indiennes (et 1 600 si l’on inclut les dialectes régionaux), notamment le hindi, langue indienne la plus parlée ; par le pouvoir d’achat de la diaspora indienne à fort niveau d’exigence culturelle, présente dans le monde entier.

 

Ainsi que l’indique le rapport du cabinet Nielsen 2015, le marché du livre en Inde représente un potentiel de développement très élevé : avec 9 000 éditeurs, plus de 21 000 vendeurs et un taux d’alphabétisation passé de 65% en 2001 à 74% en 2011 (et 90% en projection pour 2020), c’est la plus forte augmentation au monde du nombre de lecteurs. Les difficultés encore nombreuses (au premier rang desquelles les défaillances du système de distribution et le piratage) seront surmontables grâce aux outils de la régulation et aux innovations technologiques, dont l’édition numérique.

 

Dans ce pays classé 3e marché du e-commerce au niveau mondial (82,3 millions d’acheteurs en ligne en 2015), le numérique représente en effet un des enjeux importants pour l’industrie culturelle en général et l’industrie du livre en particulier, avec un double mouvement de politique publique et d’entreprenariat privé. Depuis le lancement de la campagne gouvernementale "Digital India" en 2015, le numérique se trouve au cœur du processus politique, avec l’ambition triple d’améliorer les infrastructures numériques, d’accroître les prestations de service numérique et de lutter en faveur du digital literacy (éducation digitale). Cette initiative publique est doublée d’un essor des entreprises privées dans le domaine du livre (marché de l’édition et bibliothéconomie), comme le montre la création en mars 2016 des éditions Juggernaut, avec un catalogue destiné à pénétrer l’offre culturelle accessible sur téléphonie mobile.

 

En 2015, le livre (papier et numérique) représentait 15% du e-commerce en Inde, derrière le marché de l’électronique (34%) et des accessoires ménagers (30%). Cependant, les éditeurs français sont parfois réticents à céder les droits numériques lors des cessions de droits, pour des raisons de manque de transparence dans les ventes numériques et de piratage. 

 

Dans un objectif de développement qualitatif et quantitatif des partenariats franco-indiens, l’Institut français en Inde se donne plusieurs missions : soutenir les traductions vers toutes les langues indiennes, notamment les langues régionales ; veiller à la qualité de chaque projet soutenu (surveillance contractuelle, mise en place d’une charte de qualité pour la traduction) ; orienter les éditeurs vers des auteurs qui ouvrent des perspectives nouvelles, notamment grâce à une communication régulière et aux focus sur les plateformes d’inter-entreprises ou de marketing  (foires du livre avec participation d’éditeurs, festivals littéraires avec interventions d’auteurs). L’ensemble des dispositifs est consultable sur : http://bibliofrance.in/. Enfin, par le livre qui est le premier vecteur de la pensée, nous souhaitons assurer une place forte à la créativité de notre pays et tisser des liens toujours plus nombreux avec l’Inde.

Le livre a indéniablement un rôle majeur à jouer dans le développement de l’Inde. L’Institut français en Inde fait en sorte de garantir une place stratégique à l’édition française – ce qui ne peut se faire qu’en étroite coordination avec l’ensemble de la profession et l’ensemble de la chaîne du livre. L’initiative de la création du premier "groupe pays" au sein de la Commission internationale du SNE, dédié à l’Inde, est très positive et encourageante.    

 

Je ne peux qu’inviter tous les éditeurs français à prendre la juste mesure de ce très grand pays.


Bertrand de Hartingh, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Inde et directeur de l’Institut français en Inde
mars 2016