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L’Institut Français d'Istanbul, mode d’emploi

Le programme d'aide à la publication (PAP)
L’objectif du PAP est d’apporter une aide à la traduction et à la publication d’ouvrages tenus pour représentatifs de la littérature et de la pensée françaises.
Au préalable, l’éditeur turc doit avoir établi un contrat d’acquisition de droits de traduction avec l’éditeur français. L’aide est octroyée lors de la parution de l’ouvrage, après signature d’une convention entre l’Institut français d’Istanbul et la maison d’édition.
 
Une vingtaine d’éditeurs ont, à ce jour, bénéficié du plan PAP, parmi lesquels Yapi Kredi, Can, Iletişim, Metis, Kabalci, Sel… Depuis 1995, ont notamment été publiés Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Jacques Le Goff, Maurice Blanchot, François Jacob, Jean Genet ou encore Yves Bonnefoy.
 
En 2010, près d’une vingtaine d’ouvrages devraient bénéficier de ce programme, parmi lesquels des titres de Gilles Deleuze, Georges Dumézil, Georges Duby, Pierre Bourdieu, René Girard, Claude Lévi-Strauss, André de Tocqueville, Dominique Fernandez, Michel Maffesoli, Julia Kristeva, Louis Brehier, Georges Perec, Pierre Michon, Roland Barthes, Thomas Sandoz, la revue philosophique Monokl (numéro spécial Levinas).
 
 
Dialogues autour de la littérature, les sciences humaines et la traduction
L’Institut Français d’Istanbul organise régulièrement des tables rondes, des colloques et des rencontres littéraires dans ses murs et hors les murs, notamment dans les universités stambouliotes de Galatasaray, d’Istanbul, de Bogazici, de Bilgi (francophone, anglophone et turcophone). La médiathèque y est systématiquement associée, et offre au public la découverte des textes proposés.
 
Une fois par an, un critique français est invité à tracer un tableau des grandes tendances de la littérature française, tout en donnant son interprétation critique envers le positionnement de cette littérature dans le concert des littératures du monde : en 2009, Michel Crépu, écrivain et rédacteur en chef de La Revue des 2 mondes, et Christine Jordis en mars 2010.
 
Les écrivains sont présents tout au long de l’année. Sous forme d’hommages à des grandes figures de la littérature, comme Jean-Marie Le Clézio, Prix Nobel 2008, et Jacques Lacarrière, récemment disparu (en 2010, ce sera au tour de Camus et de Ionesco). Ou sous forme de rencontres avec des écrivains contemporains : cette année les écrivains femmes ont particulièrement été présentes avec la venue de romancières comme Véronique Beucler ou Anne Gallois, Alexandra Schwartzbrod, mais aussi Sylvie Germain, à Ankara et Istanbul, ou Maïssa Bey, Alina Reyes, pour la littérature érotique, Catherine Pinguet ou encore Nora Seni. Sandra Albukrek, auteur pour la jeunesse a pu animer des ateliers. Olivier Rolin était aussi invité de l’Institut Français à l’occasion de la traduction d’un de ses ouvrages, Christiane Baroche pour la nouvelle.

Dans le domaine des sciences humaines et sociales, l’histoire donne lieu chaque année à quelques rencontres. Ce fut le cas avec Jacques Julliard et Iber Ortayli, historiens reconnus, au sujet des révolutions française et turque ; mais aussi avec diverses interventions de Marc Semo, à Ankara également, concernant la lecture en France des dix dernières années de l’histoire de la Turquie. L’histoire du droit social fut également abordée par des conférences d’Hélène Strohl.
 
La philosophie fut très à l’honneur avec trois colloques entièrement francophones consacrés à l’œuvre de Deleuze, et un anglophone. Les philosophes contemporains Eric Alliez, René Scherer, David Lapoujade, Benoît Chantre ou encore Jean-Paul Manganaro sont également venus rencontrer le public d’Istanbul, Jean-Luc Nancy sera là en octobre prochain.
 
La sociologie a fait l’objet d’un intérêt marqué du journal Radikal, qui a consacré notamment une pleine page à un entretien avec Michel Maffesoli.
 
Et la psychanalyse de même avec un colloque consacré à la première traduction en turc, qui a fait événement, des textes de Lacan par la revue Monokl. De plus plusieurs colloques de psychanalyse notamment consacrés à l’enfance ont également eu lieu à l’Institut.
 
Enfin, opération originale, à la frontière de la philosophie et de la pédagogie, avec les interventions, à Izmir et Istanbul, de Michel Piquemal qui a animé plusieurs ateliers avec enseignants et élèves.

N’oublions pas les réflexions croisées autour de la linguistique et de la poésie, des domaines importants en Turquie : le grammairien, linguiste et sémiologue Bernard Combettes ou encore Jean-Claude Coquet, Laurent Muhleisen et aussi Henriette Walter, sont venus parler de leur domaine de passion.

Revenons enfin à notre sujet du début, la traduction, primordiale parce qu’elle seule permet l’accès aux œuvres et à la pensée françaises.
L’an dernier, une rencontre a réuni Paul de Sinety, Eric Vigne, Ali Akay, Nami Başer et Ahmet Soysal autour du thème de la traduction des sciences humaines. Puis c’était au tour de la traduction dans le théâtre contemporain avec la participation notamment de Laurent Muhleisen. En octobre enfin s’est tenu un « colloque international de la traduction » avec Jean-René Ladmiral, Marianne Lederer et Frédéric Hitzel.
 
Collaboration également autour de l’évolution de la bande dessinée en France au cours des trente dernières années, avec Gilles Ciment, directeur de la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image.

Une expérience originale de donner à entendre des textes d’écrivains non particulièrement destinés à être lus à voix haute, a été menée à l’occasion de la parution du livre d’Olivier Rolin en turc, en partenariat avec l’association Textes et Voix, et la participation de comédiens comme François Marthouret ou encore Denis Podalydès. Cette expérience sera réitérée en 2010 avec Ionesco.

Le Salon du livre d’Istanbul est aussi un moment fort de la vie éditoriale de la Turquie. Pour l’édition 2009, l’Institut Français d’Istanbul s’est associé au premier stand européen du 28e Salon du livre d’Istanbul et avait coorganisé avec le BIEF une rencontre autour des enjeux éditoriaux entre la France et la Turquie réunissant des personnalités et des professionnels de l’édition turque (Cihan Akkartal des éditions Pupa, Mehmet Demirtas de l’agence de droits Kalem, Ahmet Soysal) et française (Marc Parent de Buchet Chastel, Sophie Bertrand du BIEF, Timour Muhidine d’Actes Sud).
Pour le 29e Salon du livre, une table ronde animée par Timour Muhidine et Harold David Istanbul/Paris/Berlin réunira les écrivains des trois pays.
Anne Potié, directrice de l'Institut français d'Istanbul  -  mars 2010

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