« J’ai eu une vingtaine de rendez-vous sur la foire, dont certains spontanés. Les autres avaient été pris en direct ou via nos deux agents, basés à Taïwan (GrayHawk Agency et Jia-Xi Books). Taïwan, où Sarbacane est bien présent, a été une bonne porte d’entrée vers la Chine, à la fois grâce aux agents et aux éditeurs présents sur les deux territoires. J’ai eu quelques rendez-vous avec des éditeurs taiwanais, mais pas avec des Coréens, ni avec des Japonais.
Nous avions ressenti, à distance, des évolutions importantes du secteur jeunesse en Chine, lors des quatre dernières années, qui ont été renforcées par les rencontres avec les éditeurs. L’album, principale production de Sarbacane, commence à avoir une présence significative dans les catalogues de certains éditeurs, alors que ce genre n’est pas dans la culture ni la tradition chinoise, et avec des prix de vente élevés pour les parents (20-30 RMB), puisqu’il s’agit d’ouvrages tout en couleurs. Les éditeurs chinois semblent rattraper à une vitesse fulgurante leur retard en ce domaine. Construisant leurs catalogues à la fois sur des classiques et des albums contemporains, quelques éditeurs mènent une politique éditoriale très ambitieuse dans ce secteur (JieLi, Cheerfly, notamment).
Tout à la fois la qualité des rendez-vous sur le salon, les choix des titres susceptibles d’être traduits, l’offre présente en librairie, et la teneur générale des discussions montrent que les éditeurs chinois de jeunesse s’adaptent rapidement et sont très attirés par la production française en particulier.
« Représentant un éditeur d’albums, et donc de fiction, nous avons moins ressenti qu’auparavant la recherche à tout prix d’utilité ou d’apprentissage, qui était au centre des discussions par le passé. S’il est vrai qu’un « message » ou des valeurs sont souvent recherchés, il est peut-être moins systématique qu’avant de leur part de chercher une valeur éducative dans les ouvrages pour la jeunesse. En termes d’illustrations, on ressent une grande ouverture, sans a priori, qui ressemble un peu à la curiosité des éditeurs coréens au début des années 2000. Une bonne partie des éditeurs chinois privilégient toujours la recherche de collections, mais publier aujourd’hui des albums individuels n’est plus rédhibitoire. En bref, autant en 2005 notre responsable de droits, Phi-Anh Nguyen, avait ressenti que le marché restait encore balbutiant pour l’album, autant il a été agréablement surpris par la qualité des rendez-vous et les perspectives de développement après cette foire. »
Frédéric Lavabre était l’un des éditeurs français présents à la foire de Pékin. Il a participé au séminaire professionnel sur la jeunesse, organisé le 2 septembre par l’ambassade de France et le BIEF, qui a publié à cette occasion un catalogue de titres jeunesse bilingue français chinois et un Cahier de l’éditeur jeunesse. Un compte rendu détaillé en sera fait dans le numéro de La Lettre à paraître en novembre.
La Chine est le pays mis à l’honneur à la prochaine foire du livre de Francfort.
Dans ce cadre, le CNPIEC – organisateur de la foire internationale du livre de Pékin – est en charge de la programmation de débats et séminaires du 13 au 16 octobre au sein de la Frankfurter Buchmesse.
Pour y assister, il est impératif de vous inscrire préalablement auprès de Mme Zhao Wei (zhaowei@bibf.net).
Prochaines dates de la foire de Pékin : 30 septembre - 3 août 2010
Invité d’honneur : le Mexique
Thème du séminaire professionnel organisé par les services culturels et le BIEF : la littérature