Un bilan mitigé pour les organisateurs
Mieux que Los Angeles 2003… mais moins bon que New York 2007. C’est ce que constate Reed Exhibitions, organisateur de la foire, avec cette année 28 494 participants contre 27 143 en 2003. Malgré cette légère augmentation, le chiffre reste bien inférieur aux 37 112 participants de 2007 à New York. La vente des livres pendant le salon est passée de 8 102 exemplaires en 2007 à New York à 5 539 à Los Angeles.
Selon Roger Bilheimer, porte-parole de la Convention, cette baisse est due pour une grande partie à l’absence de nombreux bibliothécaires, qui s’explique par la tenue en Californie dans quelques semaines de l’ALA (l’American Librarian Association), une autre grande manifestation pour les bibliothécaires. Et aussi par la crise économique actuelle qui plonge les États-Unis dans une récession importante. Le prix élevé de l’essence a freiné les professionnels qui se déplacent habituellement en voiture. En outre, il était difficile de trouver un billet pour se rendre à BEA, car les compagnies aériennes réduisent le nombre des vols pour remplir au maximum les avions.
Autre constat significatif : les exposants américains ne faisaient pas leur « show » comme à l’accoutumée : peu ou pas de distributions de T-shirts, calculettes, sacs en toile et autres produits dérivés.
Lance Fensterman, directeur de BEA, impute, lui, la baisse de fréquentation au choix de Los Angeles. En effet, comme certains éditeurs et agents de la côte est, peu d’éditeurs européens se sont déplacés, ce qui a nui à la vente des droits. Toutefois, si les Européens ont quelque peu boudé le salon cette année, ce ne fut pas le cas des pays asiatiques, dont la présence était en forte hausse.
Le BIEF avait anticipé ce manque d’intérêt des professionnels américains, mais aussi de la part des éditeurs français (coûts de déplacement trop élevés). C’est donc sur un stand de 55 m² que 508 titres ont été exposés, ainsi que les livres d’art de vivre figurant dans le catalogue français-anglais « La bibliothèque de l’art de vivre » édité par le BIEF. Les maisons d’édition qui ont fait le déplacement (Aedis, L’École des Loisirs, Copyright/Tana Éditions, Bernard Chauveau Éditeur, Gründ, Connaissances et Mémoire et le groupe Libella, avec les marques Buchet-Chastel, Phébus, Noir sur Blanc) étaient plutôt satisfaites de leurs rendez-vous avec les éditeurs américains.
Kindle, vous avez dit Kindle, comme c’est Kindle…
Ce lecteur électronique lancé par Amazon a, comme son nom l’indique, suscité la passion. Selon certains éditeurs américains, il serait une vraie menace pour le livre. En effet, le prix d’un best-seller téléchargé sur cet appareil coûte moins de 10 US dollars.
L’engouement du public pour ce lecteur électronique inquiète les éditeurs américains quant à leur relation avec Amazon, qui pourrait bien les forcer à baisser le prix de vente des ouvrages « papier ». Simon & Schuster a vu ses ventes d’ouvrages en version électronique doubler par rapport à l’année dernière. Penguin a dépassé en 4 mois le chiffre des ventes réalisées en 2007. Random House a équipé son personnel du nouveau lecteur afin de leur éviter le transport de nombreux ouvrages. Le fondateur d’Amazon, Jeffrey Bezos, a déclaré lors d’une conférence, le premier jour de la foire, que les ventes d’ouvrages générées par le Kindle comptent déjà pour 6% des ventes totales. À suivre donc…