Comptes rendus
New York Comic-Con

Créé il y a trois ans, en vue de concurrencer San Diego Comic-Con, son équivalent de la côte ouest, ce festival connaît un succès grandissant.
Cette année encore, l’affluence a dépassé les projections des organisateurs, alors que certains professionnels se lamentaient que NY Comic-Con, hélas !, ne soit pas San Diego. Selon les habitués, l’ambiance n’est en effet pas la même que sur la côte ouest.
 
La création au risque du commerce
Ce dont se plaignent aussi les professionnels, c’est d’une tendance que l’on retrouve aussi à San Diego Comic-Con : avec la vogue des superhéros, le New York Comic-Con courtise les médias au détriment des comics. Chaque année, on note la présence grandissante des stands promotionnels pour des films, jeux vidéo, jouets, et même pour des chaînes de télévision, et, dans le même temps, l’absence des éditeurs dits « indépendants », y compris les grands, tels que Drawn & Quarterly de Montréal. NY Comic-Con cultive un côté très commercial : la majorité des stands sont consacrés au « merchandising » et, afin de plaire davantage aux fans, le salon s’agrandit pour intégrer la science-fiction et le fantastique.
 
Dans ce contexte, la venue du BIEF et des éditeurs français au festival valait la peine. Le BIEF présentait une sélection de 260 bandes dessinées d’une douzaine d’éditeurs français, sur un petit stand. La présence française a été chaleureusement accueillie par le public, enthousiasmé par tant de beaux albums, si peu disponibles en Amérique, comme en témoignaient les ventes et l’intérêt de nombreux sites de « podcasts » et de « blogs ». Kevin Fields de l’American Library Association (ALA) a précisé qu’il aimerait voir le BIEF participer à nouveau à leur congrès. Jean Capili, organisateur de FanExpo Canada, notait qu’il y avait plus de variétés sur ce stand que sur la plupart des stands du festival, et qu’il souhaitait nous compter parmi les exposants à FanExpo au Canada.
 
Si seulement ces fans pouvaient influencer les éditeurs ! La ruée des grandes maisons vers l’or du « graphic novel » s’est un peu calmée, mais on les trouve toujours aussi intéressées par ce moyen d’expression. Le « graphic novel » fait désormais partie du monde de l’édition. De plus en plus d’éditeurs de taille moyenne apparaissent sur le secteur, dans les pas des grandes maisons, qui de leur côté cherchent à trouver une identité distincte. Parmi les fidèles de la BD, on comptait des petits éditeurs tels que Fanfare/Ponent Mon, NBM et Fantagraphics, ainsi que la revue Heavy Metal. On remarque également l’intérêt croissant, chez les grands éditeurs tels que Scholastic et Lerner, pour la BD jeunesse. Un des deux plus grands éditeurs de comics, Marvel, est notamment entré en partenariat avec Soleil, ce qui rappelle l’ancienne association, bien que brève, de son rival DC Comics avec Les Humanoïdes Associés.
 
Comme l’ont noté plusieurs journalistes, cette année était aussi l’année du manga. DC Comics a fait la pub pour « Minx », une collection pour les jeunes filles, et le grand éditeur de mangas Tokyopop dévoilait une nouvelle collection grand format, en couleur, pour le début 2009, dont les premiers titres à sortir seront français (ou chinois, par l’intermédiaire de la France). Tokyopop suit le modèle d’une stratégie déjà adoptée par First Second Books et Archaia Studios Press : lancer une collection avec des titres étrangers, pour étoffer son catalogue, tout en cherchant des jeunes talents américains.
 
La séance de signatures de Romain Hugault, auteur du Dernier envol (paquet), a connu une bonne affluence et les ventes de The Final Flight - sa version en anglais - ont été plus que satisfaisantes.
 
Quant à l’artiste britannique Sean Phillips, il s’est réjoui de voir l’album Sept psychopathes, qu’il a illustré chez Delcourt, exposé sur le stand France.
 
 
→ Prochaines dates du NY Comic-Con : 6-8 février 2009
 
Hanvey Hsiung, Anne Riottot  -  sept. 2008


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