Comptes rendus
14e Foire internationale du livre de Pékin

Après les années croisées France-Chine d’il y a deux ans, cette 14e édition de la Foire de Pékin pouvait être l’occasion de dresser un premier bilan de l’état des échanges éditoriaux entre les deux pays.
Pour le CNPIEC, organisme qui gère la foire, « les échanges continuent en littérature, en fiction pour enfants, en sciences humaines et sociales ».
 
Séminaire autour des sciences humaines
Les 29 et 30 août, une nouvelle réunion des principaux acteurs franco-chinois de la production en sciences humaines, ainsi que de chercheurs, a permis de mieux identifier la nature des intérêts et des échanges dans cette discipline.
Les directeurs du CEFC d’Hong Kong et de l’antenne de sciences humaines à Pékin (Jean-François Huchet et Jean-Louis Rocca) sont intervenus pour observer que les autorités chinoises soutiennent les travaux en histoire, sociologie et anthropologie, qu’ils identifient comme des domaines très « français », avec des auteurs comme Bourdieu ou Braudel, l’économie restant le terrain réservé aux Anglo-Saxons et aux Américains.
 
Le contexte sociopolitique de la Chine conduit les chercheurs du pays à analyser les questions touchant à l’urbanisme, la pauvreté, l’intégration des minorités et, dans une moindre part, les mouvements sociaux. Toutefois, ces sujets ne font pas l’objet des financements de l’État chinois, ce qui crée une grande disparité et des lacunes. Hong-Kong apparaît comme une plate-forme intéressante car il existe une certaine liberté d’informations et de publications et des universités de très bonne qualité.
 
Des pays comme le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis imposent leurs recherches – et leurs modes de recherches – en soutenant financièrement certains programmes.
Autres acteurs présents à ce séminaire, les éditeurs chinois Guanxi Press et Commercial Press ont fait part de leur intérêt constant pour la production française, mais aussi de la difficulté déjà évoquée en 2005 de trouver des traducteurs compétents et un réseau de ventes efficace. Quelquefois, sept ou huit ans ne suffisent pas à amortir un titre acheté…
  
Du côté français, Paul Garapon (PUF), Marie-José d’Hoop (Belles Lettres) et Éric de Clermont-Tonnerre (Cerf) ont présenté leurs points de vue et leurs expériences chinoises. Si le pays se développe à grande vitesse, le rythme des échanges éditoriaux est plus lent. « Il est nécessaire d’instaurer des rapports réguliers avec nos homologues chinois, de les informer de la diversité de nos publications ».
 
Les catalogues bilingues : des outils bien accueillis
Comme un de ces éléments d’information, le BIEF présentait, pour la deuxième année consécutive, un catalogue bilingue de titres en sciences humaines accompagné de la première édition en chinois d’un « Carnet de plumes françaises », introduisant une trentaine de jeunes auteurs de littérature auprès de responsables éditoriaux chinois. Ont été édités aussi un catalogue sur support multimédia, présentant les titres exposés et l’adaptation en chinois simplifié du catalogue diffusé lors de la Foire du livre de Taipei, distribué aux importateurs, agents et traducteurs.
En effet, il était intéressant de tester sur le marché chinois encore émergent les titres proposés aux professionnels taïwanais. Les éditeurs de la Chine continentale passent parfois par les productions françaises traduites en chinois complexe pour constituer les bases d’une politique d’acquisition qui ne s’appuie pas seulement sur les livres anglo-saxons.
 
Créer des outils actualisés et pérenniser le dialogue amorcé sont les deux voies nécessaires au développement des échanges franco-chinois, tant sur le plan intellectuel que commercial. Ces initiatives seront donc reconduites en 2008.
 
Le stand français
« La Foire du livre de Pékin a un stand français ». C’est sur ce constat heureux que les visiteurs chinois – étudiants francophones, auteurs traduits en français (Bi Feiyu) et professionnels – visitent l’espace du BIEF. Cette année, le stand – décoré avec des illustrations de l’adaptation de Stéphane Huet en bande dessinée d’À la recherche du temps perdu, œuvre récemment traduite en chinois, prêtées par les éditions Delcourt – accueillait une dizaine d’éditeurs français (en fiction, bande dessinée, jeunesse, beaux livres) et présentaient huit cents titres sur 140 m².
 
Le dialogue en ligne entre l’édition française et chinoise
Le site FU Lei est constitué d’une base de données bibliographiques, qui a pour ambition de recenser les livres traduits du français vers le chinois et publiés par des éditeurs chinois de Chine continentale depuis la fin du XIXe siècle (environ 4 000 titres). Cette base recense également les traducteurs chinois par discipline et les maisons d’édition françaises et chinoises par domaine de spécialité.
C’est aussi une plate-forme visant à informer la chaîne des acteurs concernés – éditeurs, auteurs, traducteurs français et chinois – des aides proposées par l’ambassade de France en Chine et le Centre national du livre.
Elle renseigne aussi sur les événements littéraires organisés par les services de l’ambassade en Chine et sur les nouveautés en fiction.
Par ailleurs, le Plan d’aide à la publication (PAP) FU Lei est un outil destiné aux éditions chinoises publiant des œuvres traduites de la langue française, coordonné par le service Livre de l’ambassade de France, qui propose aussi deux formations annuelles des traducteurs chinois, dont les appels d’offres sont mis à jour sur le site FU Lei. À noter que le CNL offre aussi, de son côté, une aide aux traducteurs chinois.
 
L’accroissement de la fréquentation du site montre qu’il est déjà devenu un outil privilégié de communication entre professionnels du livre français et chinois.
Il est amené à se développer avec, entre autres, l’inscription en ligne de titres parus lors des six derniers mois dans différents domaines, aussi bien chez les éditeurs français* que chinois, et la mention des aides proposées pour la traduction en chinois d’œuvres françaises.
D’après des informations fournies par Christine Cornet, attachée culturelle, Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France en Chine – qui coordonne l’ensemble du programme et du site FU Lei.
 
* Les éditeurs français intéressés peuvent écrire à l’adresse e-mail suivante : christine.cornet@diplomatie.gouv.fr
 
 
Sophie Bertrand  -  janv. 2008


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