Marion Mazauric a fondé Au Diable Vauvert en 2000 et décidé d’implanter sa maison d’édition dans le Gard, à Vauvert, là où elle vit.
Après de nombreuses années à la direction éditoriale de J’ai Lu, elle crée cette maison dans l’esprit de « publier une littérature sans complexe, une littérature de la fusion, née dans la diversité des influences d’aujourd’hui ».
Elle s’est déplacée en Russie à l’occasion de la 19e édition de la Foire internationale du livre de Moscou, qui s’est tenue du 6 au 11 septembre 2006, où elle a notamment participé à la table ronde consacrée aux « Tendances et perspectives du marché du livre en France et en Russie », dans le cadre de l'invitation d'honneur de la France au Salon. Pour l’éditrice, cette foire est probablement « le meilleur endroit, le meilleur moment, en Russie, pour comprendre ce qu’est l’édition russe ».
Elle se déclare « impressionnée par la qualité des stands des éditeurs comme par celle des ouvrages ». Elle fait un parallèle avec le Foire du livre de Pékin qui, selon elle, révèle également la qualité du travail des éditeurs nationaux.
En revanche, elle observe que cette foire est très axée vers le grand public (les remises sur le prix de référence en librairie sont de l’ordre de 30%) et qu’on rencontre surtout les responsables commerciaux pour le marché local mais très peu d’acheteurs de droits étrangers.
Pour Marion Mazauric – n’en est pas à son premier déplacement à Moscou –, l’édition russe, dont les maisons qui la composent sont souvent de création récente, est professionnelle et s’appuie sur des cadres « très cultivés ». Si la diffusion et la distribution doivent évoluer – ce que tous les observateurs relèvent –, Marion Mazauric tient à souligner « la professionnalisation des interlocuteurs en charge des relations avec les éditeurs internationaux, à l’achat comme à la vente de droits, jusques et y compris dans la qualité des relevés de droits ». Si la concentration éditoriale « commence à s’opérer » en Russie, Au Diable Vauvert, jeune maison d’édition, souhaite « privilégier le travail avec de jeunes marques éditoriales, indépendantes ou non ».
En un an, après un déplacement en décembre 2005 au Salon Fiction / Non Fiction, elle a développé de nombreux contacts et signé 14 contrats de cessions de droits en russe (voir liste ci-dessous), quand le catalogue de la maison présente une centaine de titres. Elle observe une tendance, qui se développe parmi les « jeunes marques », à se tourner vers la France pour « sortir, lutter contre le poids de la domination anglo-saxonne, selon ce que déclarent les éditeurs qui y travaillent ».
Elle conclut en affirmant sentir « un réel intérêt » maintenant chez les éditeurs russes pour « ce qui s’invente de nouveau et non pour la littérature du patrimoine ». De quoi la réjouir et la laisser espérer rapidement doubler les cessions de droits en russe, mais aussi développer dans sa maison une ligne de titres traduits du russe.
Titres publiés par le Diable Vauvert traduits en russe
- Chez Ultra-Kultura
L'évangile du serpent et l'ange de l'abîme de Pierre Bordage
Le plus petit zoo du monde, Mort d'un parfait bilingue et Kuru de Thomas Gunzig
- Chez Azbooka
Mémoire courte de Nicolas Rey
Le dernier testament de Philip Le Roy
- Chez Inostrannaya
Un début prometteur de Nicolas Rey
Le libraire de Régis de Sa Moreira
Une orange roulant sur le sol d'un parking de Vincent Ravalec
- Chez Phantom Press
Gringoland de Julien Blanc-Gras
- Chez Stolitsa Press
La folie de Dieu de Juan Miguel Aguilera
- Chez Eksmo
Transparences de Ayerdhal
- Chez Inostranka
Scream test de Grégoire Hervier