Une forte progression des éditeurs participants
Voilà huit ans qu’un petit groupe d’une vingtaine d’éditeurs se réunit autour d’une table ronde pour réfléchir à la stratégie à employer pour promouvoir la littérature exigeante et savante, en dehors du contexte de la foire du livre de Moscou (qui a lieu en septembre). C’est ainsi que fut décidée la création du Salon du livre Fiction / Non Fiction en 1998. Depuis, il se déroule chaque année à la Maison centrale des artistes et a connu une forte progression des éditeurs participants, dont le nombre est passé de 28 à 240.
Le Salon a acquis aussi une véritable vocation internationale : cette année seize pays y présentaient une vitrine de leurs productions éditoriales. L’invité d’honneur était Israël. Sur son stand, plusieurs éditeurs exposaient en commun une sélection de titres des cinquante meilleurs écrivains israéliens contemporains, ainsi que des ouvrages consacrés à l’histoire et aux traditions du peuple juif.
Parallèlement aux espaces consacrés à l’exposition d’ouvrages, des projets spécifiques abordaient des aspects particuliers de la création littéraire. Ainsi, les Éditions Alcools ont présenté une collection de livres d’artistes et une installation autour de l’œuvre du poète futuriste russe Vélimir Khlebnikov. Cette animation a apporté une touche d’art visuel contemporain, des taches de lumière et de couleurs, à cette foire de littérature, sérieuse et intellectuelle. De nombreuses conférences et débats ont animé les cinq jours du Salon, devant un public venu un peu moins nombreux cette année.
Jean Malaurie, invité par les Services culturels de l’ambassade de France, a présenté son dernier ouvrage traduit en russe aux éditions Nota Bene, L’Année des baleines. Ce fut aussi l’occasion pour l’anthropologue de présenter une des collections les plus prestigieuses de l’édition française, dont il a été le fondateur , Terre Humaine.
Josée Lartet-Geffard, auteur du Roman pour ados, une question d’existence, aux Éditions du Sorbier, était invitée par Samokat, maison d’édition spécialisée dans le livre de jeunesse, à participer à une table ronde sur le thème du roman pour la jeunesse, en compagnie d’Annika Thor (Suède), de Jostein Gaarder (Norvège) et de participants russes (bibliothécaires, enseignants, sociologues). À l’issue de cette rencontre, Josée Lartet-Geffard, par ailleurs propriétaire pendant vingt ans de la librairie Comptine à Bordeaux, et membre de l’Association des librairies spécialisées en jeunesse, a fait part de son expérience : elle a décrit ses nombreuses actions menées auprès d’un jeune public de lecteurs, en collaboration avec les enseignants et bibliothécaires, et traité aussi de l’évolution de la littérature de jeunesse en France au cours des trente dernières années.
Cette année, un stand commun réunissant le BIEF, l’ambassade de France et le ministère de la Communauté française de Belgique, a permis de donner une visibilité importante à la production française et francophone.
Pour cette huitième édition, six représentants de maisons d’édition (Adverbum, Parenthèses, PUF, Presses de la Renaissance, l’association Présence du livre français, Philippe Picquier et Images en manœuvres) ont fait le déplacement et rencontré leurs homologues russes. Afin de prolonger les échanges dans un cadre moins formel, l’ambassade de France en Russie a réuni éditeurs français et russes lors d’un dîner.
Le public russe francophile et francophone et la communauté française de Moscou ont découvert les ouvrages des 27 éditeurs participants. Au total, une centaine d’ouvrages, principalement des livres de littérature et jeunesse, ont été vendus par notre partenaire commercial, la librairie Pangloss.