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"Cette foire fut une occasion de constater la qualité des catalogues argentins et l'ampleur du travail de traduction, la connaissance de la culture française". Monique Labrune, Le Seuil
Un premier stand collectif européen à la 31e Foire internationale du livre de Buenos Aires

Organisée par la Fundacion El Libro qui regroupe des éditeurs, des auteurs, des libraires et distributeurs, la 31e édition de la Foire du livre de Buenos Aires s’est tenue  du 18 avril au 9 mai avec pour thème principal : de l’auteur au lecteur. Des journées internationales sur l’éducation ont été aussi organisées pendant la durée de la foire, portant sur de nombreux sujets tant scientifiques, politiques, linguistiques que pédagogiques, avec le livre comme support privilégié.

Plus d’un million de visiteurs fréquentent cette foire à laquelle de nombreuses personnalités et des auteurs internationaux sont invités et dont la couverture médiatique est très importante.

Cette année la Foire de Buenos Aires a marqué l’inauguration d’un stand collectif européen réunissant la France, l’Allemagne, la Pologne et la Grèce, et bénéficiant du soutien de la Commission européenne. Dans cet espace, le BIEF disposait d’une espace de 65 m² pour présenter les 1 700 ouvrages de la « Sélection 2005 » et pour accueillir les responsables des droits français participant à des journées professionnelles.    

Le témoignage de Monique Labrune, responsable des sciences humaines au Seuil : « Cette foire fut une occasion de constater la qualité des catalogues argentins et l'ampleur du travail de traduction, la connaissance de la culture française ».

« Représentant Le Seuil, en compagnie de Martine Heissat (directrice des droits étrangers), au titre de responsable des sciences humaines, j'attendais de la foire du livre de Buenos Aires qu'elle me permette de nouer des contacts avec des éditeurs qui ont fort peu l'occasion de se rendre en France alors qu'ils témoignent d'une curiosité très grande à l'égard de nos catalogues de non-fiction. Je souhaitais également me familiariser avec les catalogues argentins et mesurer les souhaits des éditeurs : aujourd'hui il est indispensable, en sciences humaines, d'explorer le terrain de la langue espagnole qui peu à peu est devenue une langue incontournable pour le rayonnement international de nos auteurs. Le bilan de ce séjour est en tous points positif :

  • La foire de Buenos Aires attire, dans le domaine des sciences humaines, tous les grands et moins grands éditeurs argentins. On ne peut qu'être instantanément frappé par la richesse des catalogues et par leur qualité. Il n'est pas de grand auteur européen qui ait échappé durant les vingt dernières années à la perspicacité des éditeurs. L'éditeur français est même impressionné par l'ampleur du travail de traduction, la connaissance de la culture française passée ou très récente. Dans les domaines de l'histoire, de la philosophie ou de la psychanalyse, on peut sans doute parler d'une omniprésence des auteurs français. Il faut, bien sûr, s'en réjouir car, auprès de nos auteurs, les échanges avec l'Amérique latine, et plus particulièrement avec l'Argentine, sont vitaux au moment où l'université française est trop souvent accusée de se replier sur elle-même.
  • La présence de représentants de l'édition française a donné lieu à un accueil de la part des éditeurs argentins qui fut, pour ce qui me concerne, une école de modestie et une source d'espoir : nous demeurons un pays de référence en matière de sciences humaines et bon nombre d'éditeurs se sont montrés intéressés par nos publications à venir, toujours attentifs aux nouveaux auteurs, avec ce qu'il faut d'enthousiasme et de pondération.
  • De ce point de vue, la présence du BIEF paraît plus que justifiée : ce n'est pas simplement une question d'image, c'est aussi et surtout un passage obligé pour entretenir le flambeau de nos échanges qui demeurent intellectuellement  - et économiquement, puisque l'avenir des sciences humaines en France passe par les cessions de droits étrangers - vitaux. Sans doute faut-il ici rappeler que, dans le domaine de la non-fiction, ces échanges sont un travail de longue haleine, qu'il faut soutenir par une information fréquente et régulière.
  • La fréquentation des catalogues argentins durant mon séjour ainsi que de multiples conversations avec les éditeurs m'ont également permis de m'interroger sur le déséquilibre des échanges : si les traductions de l'argentin au français ne sont pas chose rare en fiction, elles sont exceptionnelles dans le domaine de la non-fiction. Serait-ce, pour reprendre l'expression d'un éditeur argentin, parce que l'espagnol "n'est pas une langue de connaissance" et qu'elle est perçue comme une "langue de littérature" ? Le constat est sans doute trop brutal et ne tient pas compte d'une histoire tourmentée ou encore de la précarité des fonctions universitaires en Argentine. Il reste que l'on mesure à ce constat combien les échanges demeurent indispensables ».
Monique Labrune  -  sept. 2005


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