Les échanges franco-allemands à la Foire de Francfort
La condition du traducteur semble susciter de plus en plus d’intérêt de la part des professionnels du livre français, comme en témoigne l’enquête réalisée par Pierre Assouline avec le soutien du Cnl.
Une condition qui n’est pas facile à vivre au jour le jour : « Dans son quotidien, le traducteur est seul à bord de son navire, entre les deux rives, il avance (pagaie, rame, pique… ?) seul sur l’eau, rameur, capitaine et pilote à la fois ». Tels sont les mots de Tobias Scheffel, traducteur allemand qui vient de recevoir le Prix spécial du Deutscher Jugendliteraturpreis, pour l’ensemble de ses traductions, à la dernière Foire du livre de Francfort et qui s’est vu confier la direction d’un des deux ateliers de traduction proposés dans le cadre du programme Goldschmidt. Ce programme, organisé par le BIEF et la Foire du livre de Francfort, est destiné aux jeunes traducteurs français, allemands et bientôt suisses (à partir de 2012), et leur permet de rompre cette « solitude » : c’est ensemble ou en binôme que les participants travaillent sur leurs textes sous la houlette de traducteurs confirmés.
Rompre la solitude et donner un coup de projecteur sur le travail des jeunes traducteurs, tel est le but également de la lecture franco-allemande que l’OFAJ, en tant qu’initiateur et financeur de ce programme, organise chaque année à la Foire du livre de Francfort, en collaboration avec ARTE.
Cette année, Juliette Aubert, participante du programme Goldschmidt en 2006, avait l’occasion de présenter sa traduction du roman Au commencement la nuit était musique (paru chez Actes Sud en septembre 2011), en présence de son auteur Alissa Walser. Juliette Aubert compte aujourd’hui parmi les traducteurs confirmés à qui Martina Wachendorff, responsable des lettres allemandes chez Actes Sud, fait appel lorsqu’elle souhaite traduire un livre germanophone. Tout comme son éditrice, la jeune traductrice fut séduite par ce roman qui transporte le lecteur à la cour de Vienne en 1777. Alissa Walser, fille de Martin Walser, y raconte l’histoire d’une jeune pianiste prodige et aveugle qui, grâce à l’éminent médecin Franz Anton Mesmer, dont le recours au magnétisme suscitait le scandale à l’époque, retrouve sa vue pour ensuite perdre le goût pour la musique.
Un texte poétique, musical avec des effets d’écho souvent difficiles à traduire, pour lequel Juliette Aubert a pu compter sur l’aide de son auteur, elle-même traductrice de l’anglais, qu’elle a rencontrée à trois reprises lors de la traduction de ce roman.
Ainsi, les deux femmes ont réussi à s’accorder sur le rythme et le ton de ce premier roman, ce qu’elles sont parvenues aussi à bien rendre lors de leur lecture commune sur le stand d’ARTE à Francfort. La prochaine lecture aura lieu en mars sur le stand d’ARTE à la Foire du livre de Leipzig.
La prochaine édition du programme Goldschmidt débutera le 17 janvier 2012 au Centre national du livre.
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Katja Petrovic
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janv. 2012
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Au commencement la nuit était musique, Actes Sud
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Alissa Walser, auteure d'Au commencement la nuit était musique, paru chez Actes Sud
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Juliette Aubert, participante du Programme Goldschmidt et traductrice d'Au commencement la nuit était musique
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