Promouvoir l’édition française à l’étranger




        
Recherche avancée
 
Article
La traduction des sciences humaines et sociales dans le monde arabe

Production des traductions arabes en sciences humaines et sociales
Le corpus étudié relève de la base de données de La Fondation du Roi Abdul-Aziz pour les Études Islamiques et Sciences Humaines consultable sur Internet*. La consultation de la base au cours des mois de mai-juin 2010 permet de recenser quelque 2 670 titres publiés durant la décennie 2000-2009, soit une moyenne annuelle de 268 titres, en augmentation de 34% par rapport à la décennie précédente. Si on se réfère aux estimations relatives aux chiffres globaux des traductions arabes (tous genres confondus) publiées annuellement (entre 1 500 et 2 000 titres)**, la traduction des ouvrages de sciences humaines et sociales représenterait entre 13 et 18% de cette totalité.
 
Les langues sources des traductions arabes d’ouvrages de sciences humaines et sociales
Le corpus montre que, dans le domaine précis de la traduction arabe des ouvrages de sciences humaines et sociales, la production intellectuelle française constitue un réel concurrent de la production en anglais (33,5% des titres traduits le sont depuis le français, 48,50% depuis l’anglais).
 
Au moment où la tendance en Europe est à la critique et au dépassement de la pensée française, notamment celle des années 1970, la fascination des intellectuels arabes pour cette pensée ne paraît pas faiblir. En effet, on a continué dans la décennie 2000 à traduire des philosophes français comme Paul Ricœur, Jacques Derrida, Tzvetan Todorov, Gilles Deuleuze, Michel Foucault, Jean Baudrillard, Edgar Morin, Marcel Gauchet, René Girard. Sont traduits aussi des livres de philosophes français de la génération précédente comme Maurice Merleau-Ponty, Jean-Paul Sartre, Gaston Bachelard, Ferdinand Alquié, Alexandre Koyré, Henri Bergson…
 
Dans le domaine de la sociologie – anthropologie, les travaux de Paul Bourdieu (7 titres) continuent à exercer une réelle influence dans le champ intellectuel arabe. On poursuit aussi la traduction de l’œuvre de Claude Lévi-Strauss (3 titres) et la découverte de la sociologie de Raymond Boudon (3 titres). En revanche, les intellectuels arabes, qui, majoritairement, ont été formés dans un univers idéologique marxisant d’avant la fin de la guerre froide, semblent ignorer l’œuvre de Raymond Aron***.
 
* Voir : www.fondation.org.ma
** Voir Franck Mermier, Le livre et la ville. Beyrouth et l’édition arabe, Actes Sud/Sindbad, 2005, et aussi Richard Jacquemond, Les arabes et la traduction : petite déconstruction d’une idée reçue
*** Le corpus ne signale aucune traduction d’un des travaux de Raymond Aron au cours de la décennie étudiée (2000–2009)
Extrait de l’intervention de Mohamed-Sghir Janjar, Directeur adjoint de la Fondation du Roi Abdul-Aziz pour les étdues islamiques et les sciences humaines au Maroc  -  janv. 2012
Imprimer

Plus d'infos
Pays