Avec de nouveau trois jours d’exposition, la convention américaine retrouve ses anciennes marques et un dynamisme qui avait quelque peu disparu ces deux dernières années. Les éditeurs américains qui avaient tendance à boycotter ce salon reviennent.
Des éditeurs français font régulièrement le déplacement pour participer à cette manifestation. Pour cette édition new-yorkaise de la foire, sept maisons d’édition (ACR Édition, Éditions Auzou, Groupes Bayard, Dargaud et Dupuis, L’École des Loisirs, Larousse, Plon-Perrin) étaient regroupées sur le stand du BIEF. D’autres maisons avaient fait le choix de se déplacer sans le soutien du BIEF (Glénat, Flammarion…) et, par ailleurs, certains professionnels étaient arrivés quelques jours avant la convention pour rencontrer les éditeurs américains dans leurs bureaux (Fayard, Albin Michel).
Un contexte propice aux vendeurs de droits
Mis à part un bilan plus mitigé pour des éditeurs de littérature et de non-fiction, dont Rebecca Byers, directrice des cessions de droits chez Plon-Perrin, les éditeurs de livres de jeunesse, de bandes dessinées, d’art et d’art de vivre présents sur le stand du BIEF ont été satisfaits de leur déplacement et de leurs rendez-vous avec les professionnels américains.
Ce que confirment les propos d’Emmanuelle Marie (Groupe Bayard) qui venait pour la première fois à BEA : « La seule foire américaine à laquelle j’ai déjà participé est celle de l’ALA (American Library Association). Destinée aux bibliothécaires, cette convention est intéressante pour avoir une vision globale du marché et de ce que les éditeurs américains proposent pour les réseaux scolaires. Les équipes éditoriales sont présentes mais très occupées par les "jurys" de bibliothécaires, car de nombreux prix sont décernés lors de cette foire pour les éditeurs ». Cette manifestation lui apparaît donc peu propice à des rendez-vous internationaux de vente de droits : « C’est plus dans une perspective de prospection qu’il faut envisager l’ALA ».
À Bookexpo, c’est différent. « Jusqu’à présent destiné aux rencontres entre les équipes commerciales et les libraires, le salon évolue grâce à son aspect de plus en plus international. Les stands communs très animés et bien situés de l’Espagne et de l’Italie confirment cette tendance ». Les éditeurs américains qu’Emmanuelle Marie a pu rencontrer (comme National Geographic, Bloomsbury, Disney, Scholastic, Sterling, Chronicle) se réjouissent de ce nouvel aspect du salon qui leur permet d’y revenir et de faire un point après Bologne. « De plus, la période est propice aux ventes car elle tombe juste avant les conférences budgétaires de juillet, où les maisons finalisent leur programme de l’année suivante ».
Par ailleurs, le fait que le Salon se tienne à New York permet de rencontrer tout le monde, même les éditeurs installés dans d’autres États que celui de New York, qui viennent nécessairement au Salon. « Pour ma part, j’ai pu assurer une vingtaine de rendez-vous sur trois jours, avec en complément la visite du salon, toujours intéressante pour mieux visualiser le marché. C’était donc un très bon salon ».
Force est de constater que les avis restent divers par rapport à cette manifestation, certes prestigieuse, mais insuffisamment tournée vers l’international, pour certains domaines éditoriaux.
Quelques chiffres
• 1907 exposants en 2011 représentant 30 pays
• Surface du salon : 13 650 m²
• Fréquentation : 21 644 entrées au salon, comprenant : 13 105 visiteurs, 829 VIP’s, 1 729 Bibliothécaires, 375 acheteurs marchés ciblés et 80 acheteurs de boutiques de musées