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Comptes rendus
17e Salon international de l’édition et du livre de Casablanca

Une participation active de la France
Moment fort de la Saison culturelle France-Maroc 2011, le Pavillon France avait fait peau neuve et été agrandi, permettant ainsi l’accueil de conférences, de signatures mais également d’ateliers pour enfants. De nombreux écrivains sont intervenus sur le stand français puis sur celui des libraires ou distributeurs locaux : Salim Bachi, Georges-Olivier Châteaureynaud, Éric Fottorino, Mohamed Hmoudane, Maylis de Kérangal, Katherine Pancol, Daniel Picouly, Gonzague Saint Bris, Romain Simenel et Elizabeth Tchoungui. Le jeune public, majoritaire, a pu participer à des rencontres et à des ateliers avec Marguerite Abouet, Corinne Baret-Idatte et Roland Fuentès. Dominique Wolton a inauguré le cycle de débat d’idées de la Saison culturelle France-Maroc avec une conférence sur les enjeux d’Internet dans les pays émergents.
 
Une tribune de choix
Des échanges entre professionnels du livre, avec qui le Service de coopération et d’action culturelle de l’ambassade de France travaille tout au long de l’année, avaient été organisés lors de la journée professionnelle du 14 février.
Un partenariat avec le Conseil de la communauté des Marocains de l’étranger (CCME), qui confirme son rôle prépondérant au Salon du livre de Casablanca, a permis de mettre en place des tables rondes abordant des thématiques telles que : "La situation actuelle du roman de langue française au Maroc", "Écritures algériennes et immigration" ou "Construire la Méditerranée des cultures".
Des actions communes ont également été organisées avec l’Italie, invitée d’honneur du Salon, autour de l’anthologie Les poètes de la méditerranée, coéditée par Gallimard et CulturesFrance, en présence de Vénus Khoury-Ghata, Adellatif Laâbi, Hassan Najmi, Marco Nereo Rotelli et Maria Attanasio.
 
Un concept nouveau, "La Sqala du SIEL, le café des lettres et du monde" a permis à un public nombreux (plus de 400 personnes) de rencontrer avec succès les auteurs hors du salon.
Enfin, une communauté de jeunes twitters marocains a relayé l’actualité du Pavillon France sur la toile.
 
Malgré la richesse de ces animations, cette 17e édition s’est caractérisée par une chute significative de la fréquentation. Les ventes de livres auraient également fortement baissé, de 40 à 60%, selon les exposants. Plusieurs explications peuvent être apportées à ce phénomène inattendu, parmi lesquelles le manque de communication autour de la manifestation, deux jours fériés religieux couplés au week-end du salon, qui d’habitude attire les foules, et surtout boycott de la manifestation par de nombreux intellectuels et exposants marocains. Les événements ayant secoué le monde arabe ont également éloigné les visiteurs étrangers venant de cette région, d’habitude très présents au SIEL.
Dans ce climat incertain, on peut estimer à 250 000 le nombre de visiteurs. Les éditeurs représentés étaient au nombre de 270, dont 25 marocains, et au total le salon a regroupé 742 exposants (contre 720 en 2010) originaires de 42 pays (contre 37 en 2010).
 
En dépit de la chute conjoncturelle de la fréquentation, le Salon du livre de Casablanca reste un moment très attendu du grand public. Des livres souvent introuvables le reste de l’année y sont réunis et les libraires pratiquent des remises importantes. La littérature, les sciences humaines et les ouvrages universitaires sont les plus demandés sur le stand français, tandis que les ouvrages pour la jeunesse, certes chers, sont de plus en plus prisés. Tous les exemplaires (une dizaine de chacun des six tomes parus chez Gallimard) de la série Aya de Yopougon, de Marguerite Abouet (invitée du salon) et Clément Oubrerie, ont ainsi été vendus sur le stand français.
 
Rappelons que le livre en français représente la moitié de l’offre de ce salon qui a la particularité d’être à la fois arabophone et francophone. La présence française était aussi manifeste grâce aux intervenants invités par le ministre de la Culture marocain : Edgar Morin choisi, par exemple, pour inaugurer le Salon ou encore le ministre de la Culture français invité le premier samedi de la manifestation.
  
Le BIEF réfléchit pour l’an prochain à la forme de sa participation au SIEL de Casablanca. Une réflexion pourrait également être menée sur le choix des livres présentés sur le stand ainsi que sur leur prix, souvent trop élevé pour le public marocain. Car, malgré la baisse de la fréquentation, le Salon du livre de Casablanca reste une tribune de choix pour la visibilité de l’action culturelle et de coopération de la France ainsi que pour la diffusion de la langue, des publications et de la pensée françaises. Le Bureau du livre de l’ambassade de France au Maroc et ses partenaires ont d’ores et déjà prévu de se réunir pour pallier ce manque et redonner à ce Salon l’envergure qu’il avait réussi à atteindre après plusieurs années d’impulsion données par le ministère de la Culture marocain.
Anne-Elisabeth Buxtorf, Responsable du Bureau du livre, Ambassade de France au Maroc  -  juil. 2011
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