Coorganisé par la délégation Wallonie-Bruxelles, le Centre culturel tchèque, le Goethe Institut, le Centre culturel hongrois, l’Institut culturel roumain et l’Institut français, avec le concours du BIEF, le Salon européen de la bande dessinée s’est tenu à Bucarest du 28 octobre au 21 novembre 2010, dans les galeries du Théâtre national.
Construit autour de plusieurs expositions – pour la France, notamment, autour des collections de Gallimard Jeunesse, Bayou et Fétiche, des albums Le Goût du chlore de Bastien Vivès (Casterman), Fin de chaîne de Michel Galvin (Sarbacane) et Broderies de Marjane Satrapi (L’Association), de l’éditeur Le Dernier Cri, ou encore de l’auteur Guy Delisle –, ce salon se veut aussi un lieu de rencontres et de débats. Proposant des ateliers de sérigraphie, des projections, il a rassemblé sur trois semaines un large public de passionnés, d’étudiants en beaux-arts, de francophiles…
La rencontre pendant le salon avec Guy Delisle (auteur entre autres de Pyongang, Shenzen et Chroniques birmanes), invité par l’ambassade de France, a été particulièrement suivie et a occasionné un grand nombre de dédicaces de ses albums, dont la commercialisation sur place était assurée par la seule librairie BD de Bucarest, La Moitié pleine.
Un débat autour de la BD et une autre séance de dédicaces ont également eu lieu sur le salon généraliste Gaudeamus, qui se tenait simultanément aux derniers jours du Salon européen de la bande dessinée, dans le cadre d’un stand conjoint ambassade de France / BIEF.
J’ai pu exposer, lors d’une conférence, les aspects historique et économique de la BD francophone et ai rencontré les divers acteurs du secteur dans ce pays qui, depuis la fin du communisme en 1989, a connu un développement économique chaotique. Dans ce contexte, les opportunités pour la BD française devront à la fois s’appuyer sur une certaine tradition de bande dessinée franco-belge, liée notamment à la large diffusion du magazine Pif gadget pendant le communisme, qui a suscité nombre de vocations, et au festival de Constanta, qui rassemble chaque année les passionnés du genre ; ainsi que sur le travail militant d’un petit groupe de libraires et éditeurs attirés par la nouvelle BD française. C’est ainsi que Persepolis et Broderies, de Marjane Satrapi, viennent de sortir en roumain, aux éditions Art.