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Le 1er Festival Istanbulles, un pont entre la bande dessinée turque et européenne

Lancé en octobre dernier, ce festival qui visait en premier lieu les quelque 10 000 francophones de la grande métropole turque, mais aussi à établir des ponts entre les éditeurs turcs et français – s’est déroulé avec succès.
 
Il y a en Turquie une bande dessinée riche constituée d’auteurs talentueux et de spécialistes, enseignants, journalistes, collectionneurs, très pointus. Mais, à la différence de la nôtre, il s’agit d’une bande dessinée extrêmement politique, ancrée dans la vie quotidienne, considérée par les Turcs comme un puissant contre-pouvoir, un peu l’équivalent de ce qu’a pu être Mad Magazine dans les années 1950 aux États-Unis. Régulièrement, des auteurs sont assignés en justice par le gouvernement.

Pour en parler, un colloque intitulé « Convergences et divergences entre les bandes dessinées turques et francophones » a réuni, le 13 octobre 2010 à l’Institut français d’Istanbul, deux auteurs belges – Jean Dufaux, scénariste (entre autres de Murena chez Dargaud et de Barracuda et Croisade au Lombard), et Philippe Wurm, dessinateur de la série Rochester (Glénat) – et des professionnels turcs : Ersin Karabulut et Memo Tembelcizer, les dessinateurs de la revue Uykusuz, ainsi que Tuncay Akgün, le rédacteur en chef, scénariste et dessinateur de la revue LeMan.
Cette première rencontre entre les BD turque et européenne devrait renforcer des convergences qui commencent à se mettre en place.

Ainsi, à l’occasion de l’exposition à l’Institut français « Philippe Geluck : un chat à Istanbul », entièrement traduite en turc, l’hebdomadaire LeMan a publié des gags du félin belge. Le même journal a accueilli une exposition sur Fluide Glacial.
 
Dans un autre lieu, la galerie InSitu, était proposée une exposition sur « Le monde fantastique de Jean Dufaux », lequel a animé par ailleurs une masterclass sur le scénario à l’université de Galatasaray. Dans sa valise de retour, quelques albums d’auteurs qui pourraient intéresser les éditeurs avec lesquels il travaille...
 
Cet évènement a renforcé la visibilité de la bande dessinée francophone et notamment de son agence principale en Turquie, Akan Ajans, dirigée par Berrak Hadimli. C’est le trio des présidences belge, espagnole et hongroise du Conseil de l’Europe qui a financé cette première équipée stambouliote, la ville étant cette année « Capitale européenne de la culture ».
 
En revanche, c’est la délégation belge qui financera la traduction en turc du premier Prix du festival Istanbulles, attribué à Murena de Jean Dufaux et Philippe Delaby (Dargaud), qui porte le nom de Cengiz Hadimli, célèbre agent qui fonda la société aujourd’hui dirigée par sa fille et fut l’un des principaux vecteurs de la bande dessinée francophone en Turquie depuis les années 1960.
 

Le BIEF participera à Istanbulles en 2011
À la demande des éditeurs BD adhérents, le BIEF participera à la deuxième édition de ce festival. Le marché turc se place en bonne position pour les éditeurs français de bandes dessinées, qui, selon les statistiques à l’international 2009/2010 du SNE/BIEF/Centrale de l’édition, ont vendu 66 titres aux éditeurs turcs (un quart des ventes globales). Une sélection d’ouvrages sera présentée lors du festival, en collaboration avec Gon Kitabevi, la librairie spécialisée BD d’Istanbul. Une rencontre entre les acteurs turcs et français du secteur est également prévue, pour laquelle le BIEF préparera un catalogue de titres – ou de planches – bilingue français-turc.
Didier Pasamonik, Commissaire général du Festival / Anne Riottot  -  janv. 2011
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