Témoignages d'éditeurs
La toute jeune maison d’édition Les petits Platons participait pour la première fois à la Foire de Francfort.
Impressions de Valentine Spinelli, chargée de la communication et des droits étrangers : « Pour la première fois, après seulement 6 mois d’existence, Les petits Platons ont participé à la Foire du livre de Francfort dans le cadre du BIEF, afin de présenter leur collection d’albums racontant des histoires de philosophes en folie. La Mort du divin Socrate, La folle journée du professeur Kant, Le fantôme de Karl Marx… passèrent ainsi dans des mains du monde entier ! « En tant que jeune maison d’édition indépendante, nous n’avions pas anticipé l’importance que prendrait la vente des droits de traduction pour notre activité. Mais, face aux réactions enthousiastes d’éditeurs étrangers rencontrés sur des salons, nous avons décidé d’adhérer au BIEF en juin dernier.
Avant Francfort, les droits de la collection avaient déjà été cédés dans plusieurs pays, mais cette foire a donné une impulsion nouvelle et a permis des rencontres inattendues et concluantes. Au-delà des rendez-vous programmés, nous avons reçu de nombreux témoignages d’intérêt d’autres éditeurs, en particulier chinois, japonais ou coréens, qui, en voyant nos livres sur le beau stand du BIEF, ont souhaité nous rencontrer. Pouvoir enfin discuter ensemble des livres, mais aussi avoir l’opportunité de tisser des relations privilégiées et plus personnalisées fut un réel plaisir !
Outre ces rencontres strictement professionnelles, nous avons beaucoup apprécié la proximité d’autres éditeurs français qui ont pu nous conseiller, nous parler de leurs expériences passées et partager leurs contacts.
Il y eut enfin quelques rencontres inespérées : telle journaliste du Monde, que nous avions tenté de joindre des dizaines de fois sans succès à Paris, est venue nous rencontrer sur le stand…, de même que le ministre de la Culture, qui est reparti avec un de nos livres sous le bras !
Le fait de pouvoir bénéficier des services du BIEF nous a vraiment permis de nous concentrer un maximum sur notre travail sans perdre de temps avec des problèmes d’organisation.
Au terme de trois jours d’inlassables conquêtes et de négociations serrées, dont bientôt nous espérons récolter les fruits, Les petits Platons rentrèrent tout joyeux à Paris, les bras chargés de travail, mais déjà impatients de découvrir Bologne et Londres ! »
Marie-Martine Serrano (Payot & Rivages) : se rapprocher de l’espace français à la Foire de Francfort lui a occasionné des rencontres parfois inattendues.
Marie-Martine Serrano est responsable depuis vingt-cinq ans des droits étrangers et des droits dérivés de la prestigieuse maison Payot, aujourd’hui Payot & Rivages, située initialement à Lausanne, ayant ouvert par la suite une succursale à Paris. Le catalogue de la maison, tout d’abord centré sur les disciplines académiques (histoire, sciences humaines et sociales), s’est diversifié, à partir de la fin des années 1980, avec des récits de voyages, des documents et de la littérature française et étrangère, cette dernière connaissant son plein essor après la fusion avec les éditions Rivages en 1991.
Lors de la foire, Marie-Martine Serrano se consacre à plein temps à la cession des droits de traduction, à l’exclusion de la prospection d’autres types de droits.
« La part des cessions de droits étrangers dans notre maison est très importante, à destination majoritairement de l’Italie et vers la langue espagnole, puis actuellement aussi vers la Russie et les pays de l’Est, la Chine ainsi que les pays de langue anglaise. Les types d’ouvrages à fort potentiel d’intérêt pour les éditeurs étrangers sont les essais, les ouvrages de psychologie et de psychanalyse, de développement personnel, l’histoire et les biographies historiques, ainsi que ceux des auteurs de polars et romans noirs français qui trouvent maintenant leur place parmi les auteurs internationaux (Dominique Manotti, Hugues Pagan, Tonino Benacquista, Barouk Salamé…).
« La Foire de Francfort, ça commence dès qu’on se lève et jusqu’à ce qu’on se couche. La densité a toujours été le propre de Francfort. C’est ce qu’on va y chercher ». C’est pour cette raison aussi que Payot a rejoint le stand collectif du BIEF. Dans les années 1980, la maison Payot, alors propriété du groupe Edipresse, avait un stand individuel dans l’espace éditorial suisse de la foire. « J’ai eu à un moment l’impression qu’on ne venait pas jusqu’à nous dans cette aire un peu excentrée et que nous n’étions pas bien identifiés comme éditeur français.
L’espace France, en général, et le stand du BIEF en particulier, sont extrêmement bien placés. Les rendez-vous, encore plus nombreux, peuvent-être surtout parfois inattendus. Des éditeurs passent et flashent sur un livre, pour lequel ils vont revenir faire une offre deux jours après ! »
Interrogée sur les évolutions de la foire, Marie-Martine Serrano ne cite pas en premier les nouveaux droits liés à l’univers numérique, « qui s’installent en “douceur” dans la demande des éditeurs étrangers et que nous abordons, comme la plupart de nos confrères, avec prudence ». « Non, ce qui a changé, c’est une certaine accélération du temps dans les négociations. Même dans une situation de face à face classique autour d’une table, on a parfois l’impression que nos interlocuteurs sont restés branchés sur Internet. Ils passent vite d’un sujet à l’autre, les réponses aux questions posées doivent se faire très rapidement. Le rythme du Web et du mail semble s’imposer dans les relations ! Et cela est d’autant plus significatif dans une maison qui ne travaille pas avec une rentrée littéraire, à l’origine des plus fortes excitations pendant la foire… ».
Le petit déjeuner des professionnels du livre d’art
Il faut parfois l’occasion d’être à l’étranger pour faire connaissance avec ses homologues français ! Ainsi, le petit déjeuner organisé le vendredi 8 octobre par le BIEF et la Foire du livre de Francfort, a permis non seulement d’entretenir des relations avec certains éditeurs étrangers, fidèles pour la deuxième fois au rendez-vous (Markus Hartmann de Hatje Kantz, Vivian Constantinopoulos de Reaktion Books, Alexandra Papadakis de Papadakis Publishing ou Mark Eastment du Victoria and Albert Museum, entre autres), mais aussi de créer un moment de discussions informelles sur des problématiques communes à certains éditeurs de l’Hexagone.
Regroupant principalement des professionnels français, allemands et anglais, qui en ont aussi profité pour s’échanger leurs cartes de visite, ce rendez-vous des éditeurs d’art a permis aux représentants du BIEF de promouvoir l’édition d’art française, notamment grâce au catalogue collectif de livres d’art, et de renseigner les éditeurs étrangers désireux de collaborations.