Albin Michel a publié en 2010 trois livres suédois : L’Écho des morts de Johan Theorin, auteur majeur de thrillers ; un roman littéraire, Beautés Volées de Mara Lee et une biographie hors norme de Maïakovski La Vie en jeu, par Bengt Jangfeldt, prix August de l’essai.
BIEF : Dans quelle mesure, selon vous, la Foire du livre de Göteborg a une dimension internationale ?
D’après mes interlocuteurs, depuis les récents succès de Stieg Larsson et de Camilla Läckberg, la foire s’est beaucoup développée. Il y avait un certain nombre d’éditeurs internationaux présents – allemands, américains et hollandais. Néanmoins cette foire, tout comme notre Salon du livre de Paris, reste d’abord une foire nationale, consacrée à la rencontre entre des auteurs et leurs lecteurs scandinaves. Les éditeurs suédois eux-mêmes ne tiennent pas à ce que ce salon se développe trop à l’international, car ils sont très occupés par leurs nombreux auteurs (jusqu’à 50 pour certains…) et n’ont pas le temps de prendre rendez-vous avec nous.
BIEF : Dans ce contexte, quel intérêt pour un éditeur français de se rendre à la Foire du livre de Göteborg ?
A. M. : C’est une manifestation tout à fait passionnante qui m’a permis de mieux comprendre l’édition scandinave dans sa globalité et de découvrir des éditeurs ; et de nouveaux auteurs aussi. J’ai acheté tout de suite après la foire une jeune auteure finlandaise, Riikka Pulkkinen (qui est ensuite devenue un des auteurs phares de la Foire de Francfort), et je suis en train d’étudier une nouvelle génération d’auteurs.
BIEF : Comment analysez-vous la réception des auteurs suédois en France ? Sont-ils représentatifs d’un genre littéraire (le polar) ou faut-il voir plus loin ?
A. M. : Même s’il y a bien sûr de grands auteurs littéraires suédois, le succès des Scandinaves en France (et dans la plupart des pays du monde !) passe d’abord et essentiellement par le polar, évidemment grâce au colossal succès de Millenium, puis des ouvrages de Camilla Läckberg, mais aussi avec des auteurs installés depuis plus longtemps comme Mankell. Nous avons, nous aussi, très bien réussi le lancement de Johan Theorin, qui s’est imposé dès son premier roman, en 2008.
BIEF : Qu’attendez-vous de l’invitation des pays nordiques au Salon du livre de Paris ?
A. M. : Les invitations concernent surtout des auteurs littéraires, ce qui est sans doute le rôle du Cnl. Néanmoins, j’espère que les auteurs de polars seront aussi à l’honneur et qu’il y aura un juste mélange entre les deux courants, car je crois que c’est en attirant le public avec des auteurs qu’il a plébiscités qu’on pourra les inciter à découvrir d’autres aspects de la littérature scandinave, plus confidentiels.