Dans le cadre d’un partenariat avec le ministère des Affaires étrangères et européennes, le BIEF a organisé les 1er et 2 juillet à Buenos Aires avec le Bureau régional du livre dans le cône Sud de l’Amérique latine deux journées de formation destinées aux agents du réseau culturel plus particulièrement en charge de la promotion du livre français dans les zones hispanophones et lusophones.
L’objectif de ce nouveau programme, qui devrait être reconduit dans d’autres zones, est de proposer un complément d’information sur l’économie du livre en France et à l’international, un éclairage approfondi sur les échanges de droits, particulièrement les cessions, entre éditeurs français et étrangers, le développement de coopérations et partenariats entre ces mêmes éditeurs.
Ont participé à cette formation treize agents au total, des postes au Mexique, en Colombie, à Cuba, au Chili, en Argentine, au Paraguay, en Uruguay, au Brésil et en Espagne, ainsi que les conseillers de coopération régionale pour les Pays andins et pour le Cône sud.
Les intervenants à ces journées ont abordé plusieurs thèmes en rapport avec les stratégies possibles pour le livre français dans ces zones : le PAP (Programme d’aide à la publication) Victoria Ocampo (Marie-Thérèse Miccio, SCAC), la circulation des livres au sein d’une même zone géolinguistique (Jérémie Desjardins, Bureau du livre de Rio et Pauline Barraud, Bureau régional du livre de Buenos Aires).
Jean-Guy Boin (BIEF) a fait un exposé sur le panorama de la chaîne du livre en France y compris les enjeux du numérique, les textes et pratiques qui structurent l’industrie éditoriale et leur valeur d’exemplarité auprès des professionnels du livre étrangers, l’importance de l’international pour les éditeurs français.
Cette formation a bénéficié également de la participation de Solène Chabanais, responsable pour les droits étrangers aux Éditions Albin Michel, qui a exposé, du point de vue de son métier, les problématiques rencontrées sur les zones concernées.
Solène Chabanais : En matière de distribution de livres traduits du français, « le projet d’une stratégie régionale envisagé lors de cette rencontre est très intéressant »
BIEF : Quelle a été votre perception de cette rencontre ?
Solène Chabanais : Cette rencontre avec les représentants des Ambassades de France dans les pas d’Amérique latine et d’Espagne a été intéressante en ce qu’elle a permis d’échanger différents points de vue sur les problématiques liées aux marchés et aux éditeurs hispanophones et lusophones. Mon objectif était de pouvoir apporter à ces représentants, en contact permanent avec les éditeurs locaux, un éclairage sur les enjeux de notre travail, tels que la collaboration entre un éditeur français et un éditeur étranger avant et après la cession des droits de traduction d’un ouvrage, le suivi de la relation entre un auteur et son éditeur, etc.
BIEF : Quels en ont été les apports pour la responsable des droits étrangers que vous êtes ?
S. C. : La réflexion sur le thème capital de la distribution des livres traduits du français au sein de l’Amérique latine, et en provenance ou à destination de l’Espagne, a longuement été abordée lors de cette rencontre.
En effet, l’absence de réseau de distribution intercontinental et les coûts exorbitants d’import-export avec l’Espagne sont des problématiques prises en compte par les Institutions, qui ont pu ici échanger de vive voix des propositions de solutions. Le projet d’une stratégie régionale envisagé lors de cette rencontre est à ce titre très intéressant. Nous avons également débattu de la coédition, à savoir l’acquisition en commun des droits de traduction d’un ouvrage français, par des éditeurs sud-américains de différents pays. Un des éditeurs représente les autres contractuellement auprès de l’éditeur français et prend en charge la traduction. Puis chaque éditeur publie cette traduction dans son propre pays.
BIEF : Quelle perspective voyez-vous pour ce type de rencontres ?
S.C. : Ce type de rencontre est utile pour le dialogue interprofessionnel. Il permet d’aller dans le sens d’une bonne collaboration, et ce dans l’intérêt d’une meilleure représentation des auteurs français à l’étranger.