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Comptes rendus
BookExpo America une atmosphère très busy malgré seulement deux jours de show

BookExpo America cherche ses marques entre les exigences des éditeurs américains (installés à New York pour la plupart d’entre eux), qui souhaitaient la tenue de cette manifestation hors week-end et sur seulement deux jours d’exposition au lieu de trois, et le mécontentement des exposants internationaux, qui se demandent s'il est bien raisonnable de faire un tel investissement financier pour justement deux petits jours d’exposition.
Certes, l’avis des participants internationaux a pesé dans la balance – les organisateurs sont à leur écoute –, mais moins que la plainte des professionnels américains non exposants, venus des quatre coins du pays, d’avoir à faire un si long voyage vers NYC pour ne travailler que quelques heures.
 
Les organisateurs ont donc réagi rapidement et prévenu tous les exposants, avant la fin de la manifestation, que cette dernière se tiendrait l’année prochaine à nouveau sur trois jours.
 
Ce problème d’organisation n’a cependant pas empêché les professionnels de venir en nombre (21 364 visiteurs, 1 350 exposants, 27 pays représentés, 192 agents littéraires, 133 responsables de droits audiovisuels) et de faire du business, toutefois dans des conditions différentes de l’année passée, le fameux pragmatisme des Américains opérant : surface de stand réduite, retour, pour nombre d’entre eux, aux bonnes vieilles tables d’exposition avec des séparations de stands en rideaux.
 
Concernant le contenu de la manifestation, le livre numérique en est apparu comme l’enjeu majeur, pour lequel tous les grands groupes d’édition américains se mobilisent. Un espace d’exposition dédié à cette technologie n’a pas désempli pendant la durée du salon. Ce sujet faisait également partie des questions qui étaient posées sur le stand France, notamment par les libraires mais aussi par les éditeurs américains.

Où sont passés les éditeurs français ?
Ces deux dernières années, la participation des éditeurs français à cette manifestation a baissé très régulièrement. Moins de livres exposés, moins de déplacements. Cette année, seulement 22 maisons d’édition françaises ont participé (contre 44 en 2009) et environ 400 livres (plus du double l’an passé) ont été mis à la disposition des professionnels américains sur le stand du BIEF.
Pourtant, la fréquentation du stand a été très bonne dès la première heure d’ouverture, avec de nombreuses questions émanant de libraires indépendants (réseau de distribution français), mais aussi d’éditeurs (disponibilité des droits) et de bibliothécaires (comment commander tel ou tel ouvrage ?).
 
« Mais pourquoi y a-t-il si peu de livres français ? », se sont étonnés nombre de professionnels. « Où sont les éditeurs comme Payot, Phébus, Robert Laffont, Lattès, Gallimard, Gallimard jeunesse, HongFei Cultures, Centre Pompidou, Albin Michel… ? » insistaient-ils auprès du comptoir d’information du stand. Ceux qui étaient présents (Adverbum, Auzou, l’École des loisirs, Dargaud, Dupuis, Fleurus) ont bien travaillé, même si dans certains cas la prospection s’est trouvée limitée par le moins grand nombre d’exposants.

Que décide-t-on pour 2011 ?
Conscients de la baisse d’intérêt des professionnels étrangers pour ce salon, les organisateurs de BookExpo America annoncent leur intention de faire un focus sur l’édition française. Les questions se rattachant aux problèmes de copyright et de distribution font partie des sujets intéressant les professionnels américains. Des rencontres (matchmaking) entre éditeurs américains et français sont également demandées.
La réaction des éditeurs français à ces propositions sera déter­­minante dans le maintien ou non de cette foire au programme du BIEF pour 2011.
Christine Karavias  -  juil. 2010
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