L’objectif de nos chargés du livre, au nombre d’une centaine à travers le monde, peut être lu de deux manières différentes. On peut les voir comme des ambassadeurs de la créativité, de l’imagination et de la pensée françaises puisque le livre est naturellement porteur de tout cela. On peut aussi les considérer comme les relais de la plus importante de nos industries culturelles : la chaîne du livre.
Questions à Stéphane Dovert, Responsable du Pôle de l'écrit et des industries culturelles du ministère des Affaires étrangères
Le ministère des Affaires étrangères et européennes dispose d’un important réseau d’agents dans les Postes diplomatiques chargés d’aiguiller et de mettre en œuvre la politique du livre de ce ministère. Le MAEE souhaite leur donner l’occasion de mieux connaître les éditeurs français et fait organiser des rencontres entre ces agents et des acteurs du livre, juste après le Salon du livre.
BIEF : Comment peut-on définir le rôle de ces interlocuteurs dans les Postes ? D’où viennent-ils ?
Stéphane Dovert : Nos Bureaux du livre constituent une composante importante du réseau culturel français à l’étranger. Tout comme lui, ils sont protéiformes puisqu’ils varient en fonction des pays. Je ne vous surprendrai pas en vous disant que la situation à Tokyo n’est pas la même qu’à Niamey, à Berlin ou à Rio de Janeiro. La promotion du livre passe donc par des programmes et des dispositifs différents. On insiste beaucoup sur la lecture publique dans les pays où les médiathèques sont rares, on promeut le débat d’idées sur des problématiques sensibles ici ou là, on facilite les échanges de droits partout où c’est possible, mais selon des modalités qui varient en fonction des réalités locales.
L’objectif de nos chargés du livre, au nombre d’une centaine à travers le monde, peut être lu de deux manières différentes. On peut les voir comme des ambassadeurs de la créativité, de l’imagination et de la pensée françaises puisque le livre est naturellement porteur de tout cela. On peut aussi les considérer comme les relais de la plus importante de nos industries culturelles : la chaîne du livre. Mais il n’y a là aucune contradiction : valoriser le contenant c’est valoriser le contenu et réciproquement. Il n’y a pas de fictions ni de sciences humaines si on ne fait pas le commerce du livre. De même, le ministère des Affaires étrangères et européennes n’aurait pas vocation à promouvoir le livre s’il n’était le vecteur de contenus essentiels.
BIEF : Qu’attendez-vous des Rencontres organisées à Paris par CulturesFrance les 1er et 2 avril 2010 ?
S. D. : La fragilité des réseaux internationaux, c’est la dispersion. Les tendances centrifuges sont fortes. Chacun est happé par la réalité d’un lieu et d’un moment. Comme je vous le disais, les manières de faire sont différentes en fonction des réalités de chaque pays, des attentes et des marchés. Chaque chargé du livre a donc un peu sa manière de faire. Il n’en reste pas moins qu’ils partagent tous les mêmes objectifs fondamentaux et ils ont donc beaucoup à échanger ; entre eux bien sûr, et ils ne se rencontrent pas si souvent, mais aussi avec les professionnels français, les entreprises et les institutions sans lesquels il n’y aurait pas de livre. Ils doivent mieux se connaître. Le fait que cette rencontre ait lieu dans le cadre du Salon du livre de Paris constitue bien sûr un atout supplémentaire.
BIEF : Le BIEF, à votre demande, organise trois séances décentralisées. Qu’attendez-vous de celles-ci ?
S. D. : Je crois beaucoup aux réalités du terrain, à son côté granulaire. Les spécificités nationales doivent être aussi soigneusement prises en compte que les logiques professionnelles françaises. Il m’apparaît clair qu’un des niveaux pertinents pour faire dialoguer les unes avec les autres, c’est l’échelon régional. L’Europe et le Moyen-Orient, l’Amérique latine et l’Extrême-Orient sont autant de sous-ensembles qui font sens pour parler de la diffusion du livre français. Les trois rencontres professionnelles organisées par le BIEF à Buenos Aires, à Prague et à Pékin seront, je crois, moins institutionnelles, plus opérationnelles encore que celle de Paris. Le BIEF est dans mon esprit l’incarnation parfaite d’une dynamique interprofessionnelle réussie. À ce titre, il était tout désigné pour organiser cet échange entre les acteurs français de la chaîne du livre et ceux qui sont chargés de promouvoir les résultats de son travail. J’y vois également, et c’est essentiel, le symbole d’une coopération réussie entre les secteurs public et privé.
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Propos recueillis par Jean-Guy Boin
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mars 2010
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