Depuis la première invitation d’honneur d’un pays étranger,la Grande-Bretagne en 1988, l’Espace international s’est installé au Salon du livre de Paris. De multiples façons.
Par la présence de stands collectifs ou individuels. Ceux qui font partie du paysage, comme les stands des principaux partenaires européens, des pays de la francophonie, des exposants plus récents – en rapport avec un développement éditorial, comme certains pays de l’Est – ou encore ceux qui, chaque année, tour à tour, occupent l’espace central du salon, avec leur stand d’invité d’honneur. On se souvient bien sûr des pleins feux sur la littérature et l’édition mexicaines, des débats animés autour d’Israël… et, plus loin dans le temps, de salons aux couleurs du Portugal, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Chine, entre autres…
Mais c’est aussi par un programme accordant une large place aux débats intéressant la communauté internationale des professionnels, auteurs et lecteurs que les organisateurs du salon ont affirmé leur volonté de développer ce secteur, ainsi que par la création d’espaces qui lui sont dédiés.
Ces échanges nombreux font courir le public, qui ne s’y trompe pas. Permettre de voir et d’entendre des auteurs étrangers en nombre reste une offre spécifique du Salon du livre de Paris et de ses partenaires en la matière. Pour cette 30e édition, pas de pays invité d’honneur, mais 90 auteurs français et étrangers invités par le salon, en partenariat avec le CNL et le MAE, qui viendront débattre de la création et des influences littéraires. Et un nombre d'exposants étrangers en augmentation : une trentaine de pays seront représentés par plus d’une centaine d’éditeurs, avec notamment un grand Pavillon turc (« Toutes les couleurs de la Turquie ») accueillant, en manière de clôture de la Saison de la Turquie en France, une vingtaine d’éditeurs qui auront participé aux rencontres professionnelles franco-turques organisées par le BIEF juste avant ; et autant d’auteurs, témoins des différentes tendances d’une littérature encore assez mal connue ici. Présent pour la première fois, un stand russe, qui proposera une exposition sur les illustrateurs russes dans l’édition française et une série de rencontres avec des écrivains dans le cadre de l’Année France-Russie, pour laquelle ce sera le coup d’envoi.
L’Afrique sera très visible sur un stand dédié au cinquantenaire de l’indépendance des pays de l’Afrique subsaharienne et à vingt de leurs auteurs et le stand Livres et auteurs du bassin du Congo, dont la programmation d’ensemble a été confiée à CulturesFrance.
En préparation de leur invitation d’honneur en 2011, les cinq pays nordiques, regroupés sur le stand commun Lettres nordiques, seront certainement très fréquentés par un public français qui ont déjà leurs auteurs et leurs titres fétiches venus du Nord.
À noter la présence de nombreux pays ou régions, entre autres : Israël, Allemagne, Pologne, Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Vallée d’Aoste, Brésil, Liban, Luxembourg, Espagne, Maroc, Iran, Chine, île Maurice, Égypte, Sardaigne… et la venue à cette occasion de plusieurs délégations d’éditeurs.
Une grande bibliothèque d’auteurs étrangers
En dehors des livres – très nombreux – exposés sur ces stands comme autant d’invitations au voyage, tous les pays du monde quasiment sont présents à travers les auteurs traduits sur les stands des éditeurs français. Ainsi que sur l’espace librairie Joseph Gibert, où des livres seront vendus dans toutes les langues. Au salon, tout finit et commence par les textes. Tout ce qui tourne autour consiste à aiguiser la curiosité de les lire.
Pour cette année, particulière, où le salon fête sa 30e édition, il sera « à la pointe de la présentation des littératures étrangères », elles-mêmes souvent à l’honneur dans les catalogues des éditeurs français. Difficile d’imaginer un monde sans traduction.
Donc 30 éditeurs étrangers (tous traduits en français) parmi les 90 auteurs présents pour l’événement, avec pour thème commun de « raconter le monde », qui – avec les auteurs turcs, les auteurs russes, la vingtaine d’auteurs de l’Afrique subsaharienne et tous les autres – feront entendre leurs voix et leurs styles aux quatre coins du salon
Questions à Christine de Mazières, déléguée générale du SNE : « Le salon veut être une plateforme pour les échanges internationaux »
BIEF : Le salon du livre se veut un média « en phase avec son marché ».
Est-ce pour cela qu’il accroît la présence de l’international sous des formes de plus en plus variées ?
Christine de Mazières : Oui, l’édition française est extrêmement ouverte et le salon se devait de traduire cette tendance. La plus grande manifestation au niveau national qu’est le salon du livre doit se faire l’écho de la présence internationale importante dans l’édition française.
Pour fêter sa 30e édition, une mosaïque de présences étrangères, une belle diversité, en termes d’auteurs et de stands, avec trois présences plus fortes : la Turquie, la Russie et l’Afrique subsaharienne.
BIEF : Quels sont ces nouveaux développements ?
C. M. : Je pense tout d’abord au Centre des droits et du licensing, inauguré cette année, et qui devrait permettre aux éditeurs, agents littéraires, scouts et responsables des droits étrangers de se réunir facilement à Paris, ainsi qu’à la nouvelle salle de conférences professionnelles.
Le Centre des droits a été conçu dans le sillage du succès du centre des droits audiovisuels, créé l’année dernière en partenariat avec la SCELF. Il sera situé au sein même du Salon, au rez-de-chaussée, activité complémentaire parmi les autres. Situé aux cotés du Bureau international de l’édition française (BIEF), qui reconduit ses cafés professionnels, et du tout nouveau centre d’affaires. Internationaliser va avec professionnaliser. Le salon affirme son ambition d’être une plateforme pour les échanges internationaux.
BIEF : « Le monde vient à Paris », avez-vous déclaré lors de la conférence de presse sur le Salon…
C. M : Oui, les éditeurs étrangers, en étant plus nombreux pour cette édition et provenant d’un nombre de pays en augmentation, montrent que l’appétit pour cet Espace international du salon est en plein développement.
Et dans la réflexion que le SNE mène avec ses partenaires, concernant l’évolution du Salon du livre pour répondre aux différentes attentes des éditeurs, une chose est sûre, c’est que ce secteur y conservera une place centrale, tant pour les professionnels – français et étrangers – que pour le public. Il fait désormais partie de son identité.