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« S’il ne représente encore à ce stade que de 1 à 3 % du marché du livre, la croissance fulgurante du e-book est reflétée par les chiffres de fin 2008 du groupe Random House US, où ce format a marqué une progression de 400 % dans l’année. »
Le Billet de New York : le livre électronique ne fait pas consensus

On ne peut pas prendre le métro ces jours-ci à New York sans voir au moins un e-book reader entre les mains d’un passager. Et si ce n’était pas une preuve suffisante de l’arrivée de ce qui servira bientôt de livre selon certains, on peut aussi citer David Steinberger, président-directeur général du groupe Perseus, déclarant à BookExpo que « le moment du e-book est arrivé ».
Amorcé il y a une dizaine d’années, le débat autour du livre numérique a mobilisé ici tous les éditeurs seulement depuis l’automne 2008. S’il ne représente encore à ce stade que de 1 à 3 % du marché du livre, la croissance fulgurante du e-book est reflétée par les chiffres de fin 2008 du groupe Random House US, où ce format a marqué une progression de 400 % dans l’année. C’est désormais le secteur de l’industrie du livre aux États-Unis qui enregistre la plus forte croissance. Jeffrey Bezos, P.-D. G. d’Amazon, précise que les ventes des best-sellers proposés au prix réduit de 9,99 dollars pour la version Kindle atteignent 35 % des ventes totales de ces mêmes best-sellers effectuées sur le site de la librairie en ligne.
 
Qu’est-ce que cela signifie pour les responsables de cessions de droits français ? Si les lettres ne vous sont pas encore parvenues, il faut s’attendre à un afflux de demandes de la part des éditeurs américains pour leur accorder a posteriori les droits électroniques pour les contrats en cours. Á voir, suivant les cas, si un à valoir
supplémentaire peut en découler. Une chose est sûre, c’est que les droits d’auteur pour les e-books ont été fixés, dans la majeure partie des nouveaux contrats à 25 % du prix net sur tous les « exemplaires » vendus.
 
Pas si vite
Alors que toutes les grandes maisons commerciales se lancent dans la numérisation de leurs nouveaux titres, qu’elles publient pour le moment simultanément avec leur version papier, nous avons rencontré à BookExpo de petits éditeurs, qui en sont à des étapes différentes de ce processus.
Bison Books, une division de University of Nebraska Press, a commencé à rendre disponibles ses livres, surtout d’histoire, en format électronique pouvant être vendus par myilibrary.com ou ebooks.com. Ils craignent le piratage surtout de sites comme bookthief.com, où les étudiants peuvent trouver les versions électroniques ou des exemplaires d’occasion de livres scolaires à la moitié de leur prix de vente.
Chez Douglas & McIntyre, de Vancouver, le but est de mettre à disposition tout leur catalogue en format électronique. Ils ne considèrent pas le ebook comme une menace, juste comme un nouveau canal de vente.
De son côté, University ofPennsylvania Press fait le constat que les bibliothèques préfèrent maintenant tout recevoir sous format électronique, encore plus s’il s’agit d’un éditeur de livres académiques. Eux aussi craignent beaucoup l’usage qui pourrait en être fait par les étudiants numérisant par centaines, gratuitement  depuis leur ordinateur, un livre prescrit pour un cours, alors que dans le passé ils devaient emprunter un des deux ou trois exemplaires que possédait la bibliothèque ou acheter le livre. Et ce sont ces ventes-là, essentielles à toute presse universitaire, qui vont disparaître. University of Pennsylvania Press se demande s’il faut faire payer aux bibliothèques un abonnement pour multiples emprunteurs ou faire payer à la page…
 
Jennifer Crewe de Columbia University Press explique, quant à elle, que le coût de fabrication d’un livre pour un e-book (editing, numérisation par un tiers) induit
un prix de vente équivalent à un livre papier. Quels ouvrages sont concernés ? Ceux pour qui l’éditeur a acquis les droits correspondants. Seuls les livres illustrés
présentent un problème dans le passage vers le e-book. Réagissant à la remise d’Amazon pour la version Kindle, Jennifer crie à l’injustice : « Jamais les presses universitaires ne pourront proposer des prix aussi peu élevés et ils doivent tenir bon. »
Au Canada, même avis chez Arsenal Pulp, qui numérise les livres pour lesquels la maison a les droits, concernant un prix équivalent du livre pour les deux supports. Et sur la question du discount pratiqué par Amazon sur les best sellers en version Kindle, le responsable interrogé s’exclame : « Si Random House ne réagit pas, que pouvons nous faire ? ».
 
En revanche, l’e-book ne séduit pas chez Tam Tam, qui préfère se concentrer sur des livres écrits spécialement pour ce format électronique, comme les nouvelles conçues pour le téléphone mobile au Japon. La maison New York Review Books, encore peu présente sur ce marché, considère la compétition d’Amazon Kindle négligeable pour leur catalogue très haut de gamme.
Tout comme Wisdom Publications, peu concernée aussi, et qui prévoit de convertir d’abord leurs livres scolaires, académiques, pour le marché des bibliothèques, et aussi pour les « e-readers ». Ils veulent vendre leurs titres au même prix que pour le livre papier, résistant à la pression et au défi lancé par Amazon.com de vendre leur version Kindle à 9.99 dollars au lieu du prix moyen d’un « hardcover » qui est plutôt autour de 24 dollars.
Autre croissance significative dans ce secteur des nouvelles technologies liées au
livre, celle du « print on demand » : plus 130 % en 2008. Á suivre, maintenant que Lightning Source a dévoilé un programme de test avec l’« Espresso Book Machine », qu’on trouverait dans les librairies, et qui produira des livres « sur demande ». Cela pourrait se faire par exemple pour 85 000 titres provenant de maisons comme Wiley, Hachette, McGraw- Hill, Simon and Schuster, Macmillan et Norton - les premiers clients.
 
En 2008, 42 titres ont été cédés à des éditeurs américains par la French Publisher’s Agency. La liste détaillée peut être consultée sur le site www.bief.org
 
 
22e cérémonie annuelle de la French American Foundation Translation Award
Le 26 mai dernier, dans la vénérable salle de réception de la Century Association à NewYork, s’est déroulée la 22e cérémonie annuelle de la French American Foundation Translation Award. Ce prix récompense tous les ans les traducteurs du français d’une oeuvre de fiction et de non-fiction et attribue 10 000 dollars à chaque lauréat, le montant le plus élevé pour un prix littéraire aux États-Unis. Le comité – composé de traducteurs et de professeurs, tels Antoine Compagnon, Linda Asher et Richard Howard – a désigné cette année deux tandems de  traducteurs : Jody Gladding et Elizabeth Deshays pour Vies minuscules de Pierre Michon (Gallimard, 1984 ; Archipelago, 2008), Matthew Cobb et Malcolm Debevoise pour La vie expliquée ? de Michel Morange (Odile Jacob, 2003 ; Yale University Press, 2008). Outre ce prix, la fondation est la seule entité non gouvernementale qui oeuvre pour le rapprochement de la France et des États-Unis, en soutenant des programmes d’échanges d’idées et d’expériences entre différents secteurs économiques. 
 
 
Titres cédés en 2008 par la French Publisher’s Agency
Lexique nomade/Columbia University Press
Défigurée, Rania Al-Baz /Interlink
On n’y voit rien, Daniel Arasse /The Brooklyn Rail (extrait)
Entre les murs, François Bégaudeau /Seven Stories
Caves de Chroniques de l’asphalte, Samuel Benchetrit/ Whereabouts Press (extrait)
L' usage du monde, Nicolas Bouvier / New York Review Books
L’économie de la Grèce des cités, Alain Bresson /Princeton University Press
Pascal et la philosophie, Vincent Carraud/ University of Chicago Press
Lire et écrire à Babylone, Dominique Charpin /Harvard University Press
Le tribunal des vaincus, Thierry Cruvellier/The University of Wisconsin Press
Un petit air mutin de Histoire et faux-semblants, Didier Daeninckx /Whereabouts Press (extrait)
Encyclopédie des points qui guérissent, Roger Dalet/Inner Traditions
Perfume, Jean-Claude Ellena /Arcade*
Zone, Mathias Énard /Open Letter
La vie extérieure, Annie Ernaux/University of Nebraska Press
Vanité de Rendez-vous au métro Saint-Paul, Cyrille Fleischmann/Whereabouts Press (nouvelle)
Les jours heureux, Laurent Graff/ Parliament/Warner**
Le mirador, Elisabeth Gille/New York Review Books
Coma, Pierre Guyotat /Semiotexte
Grisélédis, courtisane, Jean-Luc Hennig /Semiotext(e)
Comme une actrice de En compagnie des femmes, Eric Holder /Whereabouts Press (extrait)
Jeunesse brisée, Savathy Kim/Maverick House
Thérèse mon amour, Julia Kristeva /Columbia University Press
Je suis un écrivain japonais, Dany Laferrière /Douglas & McIntyre
Vers le sud, Dany Laferrière /Douglas & McIntyre
Visage de Cruels, 13, Luc Lang /Fiction, Inc. (nouvelle)
Le jour du Seigneur de Cruels, 13, Luc Lang /Fiction, Inc. (nouvelle)
Fantômes et revenants au Moyen Age, Claude Lecouteux /Inner Traditions
Vampires, Claude Lecouteux /Inner Traditions
Emmanuel Lévinas, la vie et la trace, Salomon Malka/ Duquesne UP **
Les combats de la vie, Luc Montagnier /University of California Press*
Exil, Antonio Negri/ Semiotext(e)**
La donation, Florence Noiville/Northwestern University Press
Mon roi, mon amour, Robert Pagani /Helen Marx Books
Comment je suis devenu stupide, Martin Page /Stonevillage Productions
Syngué Sabour, Atiq Rahimi /The Other Press
Mes Vies, Christophe Rocancourt /Maverick House
Odette Toulemonde et autres histoires, Eric-Emmanuel Schmitt /Europa
Du monde d'existence des objets techniques, Gilbert Simondon /Semiotext(e)
L’individuation psychique et collective, Gilbert Simondon /University of Minnesota Press
Archimondain jolipunk, Camille de Toledo/ Soft Skull**
Le laboratoire des poisons, Arkadi Vaksberg /Buchet Chastel*

* depuis annulé
** extension de contrat
 
Lucinda Karter  -  août 2009
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