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« Le festival de Budapest confirme tout autant son identité européenne que sa volonté d'ouverture. »
16e Festival du Livre de Budapest

Après une parenthèse de 4 ans, le BIEF est revenu cette année au Salon du livre de Budapest avec « La Sélection 2009 ». Compte tenu des problèmes économiques que connaît la Hongrie et de la baisse du pouvoir d’achat, les ventes réalisées pendant le salon ont étés satisfaisantes et les contacts professionnels positifs. Grâce au travail conjoint de l’Institut français, de la librairie Latitudes et du BIEF, la représentation française était forte, avec notamment la présence de trois représentants de maisons d’édition, de deux auteurs et de quelque 1 500 livres sur un stand en mezzanine.

Situé au centre de la ville et entouré d’espaces verts, le palais des expositions Millenaris a les avantages requis pour en faire un lieu agréable et fréquenté. Réparti sur deux halls, le Festival du livre de Budapest réunissait environ 70 stands nationaux et un peu plus d’une dizaine de stands étrangers très fréquentés par le public, dont les plus grands et les plus dynamiques, sans compter celui de la France, étaient ceux de la Roumanie, invitée d’honneur, de l’Allemagne, de la Chine, de l’Espagne et de la Slovaquie. Si les prises de rendez-vous préparatoires n’ont pas été vraiment concluantes, les éditeurs étaient présents sur les stands et disponibles pour des discussions professionnelles. De l’avis général des responsables de droits françaises présentes – Barbara Porpaczy pour Stock, Elvire Morisot pour Larousse et Annick Maziers pour Jouvence –, les éditeurs hongrois ont émis des craintes face à la crise mais ne ferment pas totalement la porte aux échanges. Barbara Porpaczy, qui a eu une offre pour le livre de Philippe Claudel Les âmes grises, ajoute que, dans ce contexte, les éditeurs expriment un plus grand intérêt envers les titres primés. Et si la majorité des éditeurs nationaux avait
un stand, il est à noter tout de même l’absence de certains des partenaires
traditionnels de l’édition française en Hongrie, comme Atlantisz ou Lazi.
Les deux auteurs français venus rencontrer le public hongrois étaient Marie-Christine Weiner, qui représentait la France au Festival du premier roman avec Les sorbiers de Transylvanie (éd. Le bord de l’eau), et Jean Mollat, dont la présentation du livre Sobibor (Gallimard jeunesse), récemment traduit en hongrois (éditions Cicero), a connu un vif succès.
 
 
Impression forte sur fond de Danube, par Annick Maziers, responsable des droits aux éditions Jouvence

« Tu vas à Budapest ?! Dans un des pays les plus touchés par la crise pour vendre des droits ! ». C’est avec ce type de réflexion que, dès mon retour de la London Book Fair, j’ai fait ma valise pour le Festival international du livre de Budapest.
 
Arrivée à la foire, je guettais les signes ostensibles de cette crise, je cherchais
ce monstre morose décrit par tous les médias, et je le cherche encore. C’est un marché vigilant, sélectif, mais dynamique, que j’ai pu découvrir à nouveau. Les éditeurs hongrois sont conscients de l’insécurité des prochains mois mais, selon l’association des éd rs, l’intérêt pour le livre semble se maintenir. Les allées étaient bondées, les mains fureteuses et le stand français ne désemplissait pas.
 
Le mot de « festival » est à lui seul explicite, pour l’accent local et festif et aussi pour souligner une volonté de proximité avec le lectorat mais également avec l’international, car, plus que jamais, la Hongrie confirme sa volonté d’ouverture aux autres. Le choix de l’invitée d’honneur, la Roumanie, n’est d’ailleurs pas anodin. Chacun sait combien il est plus aisé de convier un cousin éloigné que son voisin de palier. L’association des éditeurs hongrois a donné là, à mon sens, un signal fort.
Demandez à un Hongrois de vous parler de la Roumanie, de la Transylvanie…et saisissez le soupir avant qu’il ne vous réponde. Un poète roumain invité pour une séance de lecture captivait petits et grands car, oui, la poésie est une langue universelle, une brillante diplomate qui peut apaiser bien des tensions. Notre Europe est un puzzle linguistique où il revient à chaque élément d’accueillir l’autre dans sa complémentarité. Le Festival du livre de Budapest en est une belle illustration. Cette approche respectueuse, cette recherche de territoires communs, fussent-t-ils littéraires ou philosophiques, sont à saluer.
 
Je ne peux que vous inviter à vous rendre, livres français sous le bras, à Budapest. Il est fort à parier que vous en reviendrez avec quelques ouvrages hongrois d’illustrateurs de génie (Mari Takács) à d’illustres auteurs essayistes (Lajos Kántor), en passant par de grands poètes. Vous découvrirez un éclairage inédit sur cette mystérieuse langue. Ainsi, éditeurs-tisserands d’une Europe multiple, tissons des liens, métissons nos diverses cultures. Avec notre humble mais véritable métier, nous contribuerons certainement à la réalisation d’une trame multicolore aux fils teintés de nos identités respectives.
 
 
La librairie Latitudes à Budapest est la seule librairie française de Hongrie. Initialement installée depuis 2004 dans les locaux de l’Institut français, elle a emménagé il y a un peu plus d’un an dans un local lumineux et spacieux en plein centre ville, proche des grandes universités et plus favorable aux visites spontanées des Budapestois et des touristes. Par ailleurs, les approvisionnements réguliers permettent de proposer un large éventail des publications françaises et de répondre aux attentes de la clientèle. La librairie propose également un rayon presse avec la totalité des journaux et magazines français disponibles en Hongrie. Elle est un lieu convivial de rencontre pour les francophones ou francophiles de
Budapest, grâce à l’organisation d’expositions (peinture, photos, art graphique…),
de présentations de livres, de séances de dédicaces, d’ateliers pour les enfants ou
encore de spectacles.
Laurence Risson  -  août 2009
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