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"Nous avons senti un intérêt certain de la part des éditeurs taiwanais pour le livre jeunesse de qualité, une envie de proposer aux jeunes lecteurs une production exigeante et différente." Christian Demilly
Journal en ligne au retour de la Foire internationale du livre de Taipei
Christian Demilly, Éditeur de livre de jeunesse aux Éditions Autrement Avant Taipei, la seule foire asiatique à laquelle les éditions Autrement avaient participé fut la foire de Hong-Kong. En comparaison, Taipei nous est apparue comme une foire beaucoup plus fructueuse. Cela tient essentiellement à deux éléments : la nature même du marché et du paysage éditorial taiwanais, la qualité de l’accueil et de l’organisation.
Nous avons senti un intérêt certain de la part des éditeurs taiwanais pour le livre jeunesse de qualité, une envie de proposer aux jeunes lecteurs une production exigeante et différente. Un public nombreux, attentif et curieux est venu écouter nos interventions (prise de notes, beaucoup de questions posées manifestant un intérêt réel pour l’édition et l’édition française en particulier, ainsi que pour nos démarches et politiques éditoriales). J’ai rencontré, sur la foire, de nombreuses personnes ayant assisté à notre conférence, et toutes m’ont dit qu’ils en avaient tiré grand profit, étant très en demande d’informations sur ce qui se produit ailleurs. Nous avons eu, d’autre part, de nombreux rendez-vous avec des éditeurs taiwanais visiblement sensibles à notre production. Pratiquement, cela s’est manifesté par l’envie de recevoir régulièrement des informations sur notre catalogue et nos nouveautés, mais aussi et surtout, par des discussions concrètes (et chiffrées) sur d’éventuelles cessions de droits. Cela est d’autant plus fertile que la plupart des éditeurs intéressants pour nous (pour beaucoup des petits ou moyens éditeurs) ne viennent pas à Bologne ni à Francfort (ils sont représentés sur l’espace taiwanais lors de ces foires, mais les éditeurs ne sont pas physiquement présents.) Un contact réel et personnel s’est donc créé, qui devrait rendre les relations futures plus fluides et plus efficientes. D’autant qu’il nous paraît que les éditeurs taiwanais (en tous cas ceux que nous avons vus) sont très en phase avec ce que peut proposer une partie de l’édition française ; ils nous ont paru bien moins frileux et bien plus à la recherche d’ouvrages de qualité (voir d’ouvrages atypiques) que le commun des éditeurs étrangers. Quelques-uns de nos ouvrages les plus audacieux, et qualifiés en général par les éditeurs étrangers de « wonderfull, very interesting, very new but too arty, too sophisticated, too french for our market » ont trouvé un écho favorable chez les éditeurs taiwanais. Taiwan n’est certes pas un immense marché (un livre qui se vend à 2 000 exemplaires chez eux est une très bonne vente), mais un marché dynamique, créatif et en développement. À nous maintenant de pérenniser et de faire fructifier cette première prise de contact, mais le mouvement est lancé…
Enfin, nous n’avons eu qu’à nous féliciter de la qualité de l’accueil qui nous a été fait : dynamisme et investissement des équipes présentes ; réel intérêt pour notre présence là-bas ; gentillesse, sens de l’organisation… Somme toute, des conditions assez idéales pour bien travailler.
Christian.demilly@autrement.com
www.autrement.com
Frédéric Lavabre, Directeur général des Éditions Sarbacane
Appétence et dynamisme
Malgré la crise dont on entend parler à longueur de temps, j’ai ressenti à la Foire de Taipei une formidable énergie. À Taipei, si la crise existe aussi, elle ne semble pas pétrifier nos amis taiwanais qui ont décidé de la combattre par leur dynamisme, et ce, sans perdre leur proverbiale gentillesse.
En posant un pied un peu morose, donc, à Taipei, j’ai été très agréablement surpris par le vent frais qui y soufflait et je me suis laissé, je l’admets, emporter avec délice. Il faut reconnaître que, en amont, l’équipe de l’Institut français de Taipei, tout comme celle du Bief (merci Christine !) qui avaient travaillé main dans la main avec Françoise Zylberberg de la librairie française de Taipei, Le Pigeonnier, nous avaient admirablement préparé le terrain : conférences dans des salles bondées, public hyper-réactif et concentré, séances de dédicaces sans fin, rendez-vous en cascade avec les éditeurs taiwanais, présence de la presse… Oui, vraiment, ce salon m’est apparu comme extrêmement dynamique et, pour tout dire, profitable.
Je m’étais rendu, il y a de cela deux ans, à la Foire de Hong-Kong, et je n’avais pas éprouvé alors la même vitalité qu’à Taiwan. Les éditeurs taiwanais ont visiblement une grande appétence pour la production française et les rendez-vous pris ont été de réelle qualité. Pour en avoir discuté avec certains de mes confrères présents à la Foire, ce constat ne s’arrête pas au seul livre jeunesse, mais s’étend également aux beaux-livres, à la littérature adulte...
En ce qui concerne plus particulièrement les éditions Sarbacane, un coup de projecteur a été donné sur notre maison grâce, entre autres, à la présence de Serge Bloch, invité d’honneur de l’éditeur taiwanais, Magic Box for Kids, qui a publié deux de ses livres (Moi j’attends et L’Ennemi). Nos présences conjointes, ainsi que deux interventions pendant le salon, ont constitué une très belle vitrine à la fois de notre maison, mais aussi de l’ensemble du travail de Serge.
Je voudrais finir ce petit mot en remerciant très sincèrement l’ensemble de nos hôtes pour la qualité de leur accueil et leur gentillesse.
Je parle ici de toute l’équipe du Pigeonnier comme du Bief naturellement, mais également de celle du TIBE, son président, M. Linden Lin, en tête.
Alors, si j’avais un seul souhait, une seule envie pour l’avenir ? Y retourner le plus vite possible bien sûr !
frederic.lavabre@sarbacane.net
www.editions-sarbacane.com
Benoît Collier, Directeur Export & Droits étrangers aux Éditions du Centre Pompidou
Les rencontres organisées par l’institut Français de Taipei, le BIEF, la direction du Tibe et la Librairie française Le Pigeonnier, du 2 au 9 février 2009 ont permis aux éditeurs français invités de mesurer les attentes de nos confrères Taiwanais. Au-delà de la simple curiosité professionnelle et de l’attention portée par un public, très concerné , par nos propositions, il faut souligner l’exceptionnelle ardeur des éditeurs et libraires taiwanais à venir à notre rencontre, à s’informer avec beaucoup d’acuité de nos pratiques et à chercher sans cesse des ouvertures de collaboration.
Il est naturellement trop tôt pour savoir si les contacts seront fructueux en termes de coéditions ou de cessions de droits. Il semble que les éditeurs taiwanais sont essentiellement demandeurs de tendances nouvelles, de collections et de concepts originaux. Il n’est pas sûr que les reprises, à l’identique, de nos ouvrages les intéressent a priori. A cet égard, les propositions éditoriales d’initiation à l’art ont rencontré une résonnance particulière car ce type d’ouvrage n’existe pas à Taiwan. Il faut donc multiplier les rencontres et ouvrir d’autres éditeurs jeunesse français à leurs homologues taiwanais.
L’intérêt des éditeurs institutionnels de Taiwan portait surtout sur la diffusion et la distribution de leurs livres et catalogues en librairie : leur poids relativement faible leur donne peu de chance d’être pris en compte. Une entité, style RMN, des coéditions avec un partenaire mieux distribué, etc, peuvent être des alternatives.
Une certaine retenue nous a peut être empêché d’interroger nos homologues taiwanais sur les possibilités de distribution de la production taiwanaise en Chine continentale et sur nos chances de débouchés en Chine continentale.
Au-delà du problème de langue, l’import de notre production est encore naissant faute de réseaux ou de partenaires confirmés.
La situation des librairies de Taipei paraît être bonne : la vitalité de l’offre, le professionnalisme, l’amplitude horaire d’ouverture, donne beaucoup d’atout à l’édition taiwanaise qui semble encore, malgré tout, très liée à la production anglo-saxonne, surtout nord américaine.
De nombreux étudiants, travaillant sur le stand ou rencontrés pendant le salon veulent ou espèrent faire des études en France : peut-être faudrait-il ouvrir une coopération d’universités ou d’IUT français avec des étudiants taiwanais ou ouvrir des possibilités de stages chez les éditeurs français.
Nos rencontres avec les éditeurs privés et institutionnels, spécialisés ou non, ont été largement facilitées par l’excellent travail des 4 organisateurs de ce voyage mais la qualité du public, sa présence large lors des conférences et débats ont généré une atmosphère de passion et de curiosité véritablement unique.
Benoit.collier@centrepompidou.fr
www.centrepompidou.fr
Didier Baraud, Directeur général des Éditions Palette… Souvenirs de Taipei
Roissy est sous la neige. Pour y arriver, nous traversons une mosaïque de banlieues où se mêlent des zones industrielles, des terrains vagues et des cités un peu tristes. Après de longues heures dans un avion où le temps n’existe plus, nous traversons à nouveau une mosaïque de banlieues en où se mêlent des zones industrielles, des terrains vagues et des cités un peu tristes. Comme partout dans le monde.
Mais à Taipei, le printemps renaît. Le temps de prendre une douche et de se changer, nous sommes projetés dans un Salon du livre à côté duquel, le nôtre fait figure d’enterrement de première classe. La fête, partout ! Il faut jouer des coudes pour arriver à notre stand tant le public est nombreux. Un public varié mais jeune, très jeune. Et comme pour une fête, certains revêtent la tenue de leur personnage de roman ou de manga préféré. De gros bonhommes, des héros de BD, déambulent dans les travées ; proposant à chaque passant de se faire photographier avec eux, ce que nous faisons avec plaisir. Sur le bord des stands, les libraires convient le chaland à y entrer en lui proposant une brochure, un catalogue, un prospectus. Dans les allées, des étudiants dressent d’énormes pancartes invitant le public à se rendre à une signature, l’informant que leur best seller est toujours d’actualité ou qu’ils appliquent toujours de meilleurs soldes (si, si !). Pour mieux se faire entendre, certains n’hésitent pas à faire usage d’un mégaphone.
Mais on y arrive ; et nous sommes accueillis sur le BIEF par Christine, la boss, et Françoise de la libraire Française de Taipei et ses élèves, des jeunes femmes francophones qui nous donnent notre programme de rencontres pour les jours à venir.
Retour à l’hôtel qui fait face à la « plus haute tour du monde » (508 m) du moment. Alors, ce n’est que ça ? Étrange, elle paraît plus petite, plus tassée que notre tour Eiffel ! Pourquoi ?
Plus le temps de se poser la question : le lendemain, Françoise nous cornaque et nous jette dans les bras du sémillant et bondissant M. Mignot, ancien attaché culturel de Belgique, qui a le talent et la gentillesse de nous présenter en moins de deux heures, les quelque 700 000 pièces du Musée National du Palais ; il est très fort !
Forte aussi, la douce soirée dans la librairie française de Françoise, Le Pigeonnier. Une petite caricature sympathique d’un bout de notre terre à l’autre bout du monde : vin, fromage et saucisson, magnifique ! Plus tard, avec quelques bouteilles de plus, et pour couronner le tout, Françoise exhume un orgue de barbarie et ses cartons, et on pousse la chansonnette avec Charles Trenet et un compositeur taiwanais dont le nom nous a trop vite échappé. Le lendemain, rendez-vous dans un petit bout de France, à la résidence du directeur de l’Institut Culturel. Là, nous n’osons pas chanter, c’est trop officiel. Mais nous savourons le plaisir de fumer une cigarette dans les jardins d’une villa qui ressemble à celle de Mon Oncle ; dépaysant.
Et puis plein d’images de rues, de temples et leurs lanternes, de marchés de nuit, de saveurs, de sourires surtout partout dans Taipei. Des saveurs et des odeurs parfois très étranges et épouvantablement… épouvantables. Françoise nous explique qu’il y a plus de trente sortes de préparations de tofu. Dont une qui se nomme littéralement « le tofu-qui-pue », nous l’avons donc rencontré ce satané tofu ! Pour elle, c’est très simple, c’est comme le Munster : c’est une odeur atroce pour un goût très doux.
Bien, après ces quelques jours, il faut maintenant rentrer, le cœur gros. Nous avons quand même beaucoup travaillé avec des éditeurs taiwanais, fait quelques conférences avec un public magnifiquement à l’écoute de nos expériences d’éditeurs français, aidés par Françoise et ses élèves, Christine, les membres de l’Institut, et tous les Taiwanais qui nous souriaient en nous croisant dans les rues.
Nous traversons les mêmes banlieues en laissant Taipei et son printemps derrière nous. À Roissy, la neige à fondu.
Didier.baraud@wanadoo.fr
www.editionspalette.com
Jean-Charles Grunstein, Directeur Export aux Éditions Gallimard
Je descends tout juste de l'avion pour te remercier et remercier la Légation Taiwanaise à Paris de leur invitation.
Ce voyage a été fructueux, les contacts, nombreux et de qualité, m'ont permis de mieux cerner le paysage éditorial taiwanais.
Mes échanges avec Monsieur Rex How, des éditions Locus, montrent à quel point les problématiques de l'édition dans nos deux pays se rejoignent.
L'intérêt de mes interlocuteurs quant à une régulation du marché du livre (type: loi Lang) est fort, pour assurer une meilleure diffusion du livre et lutter efficacement contre les dérives de la concentration.
Pour poursuivre nos discussions et approfondir nos échanges concernant les cessions de droit, j'ai demandé à L'Ambassade de France de bien vouloir inviter à Paris à l'occasion du Salon du livre le président de la foire du livre de Taipei et Monsieur How afin qu'ils puissent rencontrer leurs homologues français.
Nous avons été reçus avec beaucoup de gentillesse et de professionnalisme et avons pu constater à la fois le dynamisme de l'édition taiwanaise et son intérêt pour de nombreux titres de nos catalogues.
Jean-charles.grunstein@gallimard.fr
www.gallimard.fr
Evelyne Le Bourse, Directrice du département Droits étrangers aux Éditions Larousse Je me rends tous les deux ans à la foire internationale du livre de Taipei. Pour cette édition, mon sentiment est mitigé. Tous les rendez-vous fixés depuis Paris se sont bien tenus. Des intérêts forts, en particulier pour le livre de jeunesse et un peu pour le livre pratique, mais des hésitations de la part des éditeurs taiwanais face à la crise qui sévit.
Je crains qu'ils ne se décident pas avant la fin de l'année et cela seulement si la situation s'améliore d'ici fin 2009. Sinon, ils n'hésiteront pas à reporter leur décision sur 2010.
Il semble difficile de comparer cette foire avec celle de Séoul ou de Pékin 2008 puisque ces deux autres foires se sont déroulées avant la période de crise.
La différence est par contre très nette entre la dernière foire de Taipei à laquelle je suis allée, en 2007, et celle-ci.
La patience est à l'ordre du jour pour les quelques mois à venir.
elebourse@larousse.fr
www.larousse.fr
Evelyne Mathiaud, Directrice du département Droits étrangers aux Éditions Nathan
Une activité particulièrement intense sur le Stand du BIEF à Taipei ! Un public toujours avide de découvrir les publications françaises mais également des éditeurs taiwanais très motivés par nos nouveautés. 41 rendez-vous avec Nathan confirmés avant la Foire : aucune défection (et même quelques visites « spontanées » en plus !)
D’année en année, la Foire de Taipei se révèle une manifestation où se rendent non seulement les éditeurs taiwanais, mais également les Japonais, Coréens et les Thaïlandais (particulièrement cette année où la Thaïlande était le pays invité d’honneur).
Plusieurs contrats conclus sur place qui viennent s’ajouter aux 258 titres déjà cédés depuis 8 ans. De nombreux autres en cours de négociation, dont des coéditions, en espérant que la situation économique morose en permettra la réalisation… Des tirages moindres, certes, mais un intérêt et une fidélité non démentis de la part de nos partenaires locaux.
Gageons que Taipei 2009 se révélera être un bon cru !
emathiaud@nathan.fr
www.nathan.fr
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Propos recueillis par Christine Karavias
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mai 2009
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Professionnels français à la Foire internationale du livre de Taipei. Ici Christian Demilly, éditeur jeunesse chez Autrement
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Evelyne Le Bourse, directrice des droits étrangers chez Larousse
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Frédéric Lavabre, directeur de Sarbacane
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Didier Baraud, directeur de Palette...
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Jean-Charles Grunstein fête les 100 ans de Gallimard, en présence de Rex Hao, directeur de la Foire du livre de Taipei
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Evelyne Mathiaud, directrice des droits étrangers chez Nathan
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