Lire et regarder dans un télescope : une proposition originale de la FILEC, Foire internationale de la lecture
Les salons du livre au Mexique sont nombreux. La seule Foire du livre de Guadalajara reçoit plus de 300 000 visiteurs chaque année. Plus qu’un intérêt certain du public mexicain pour le livre et la lecture, il faut aussi y voir la volonté des éditeurs de trouver des lieux de vente alternatifs, le réseau de librairies mexicains étant notoirement insuffisant (moins de 400 points de vente pour un pays de 100 millions d’habitants, quatre fois plus grand que la France).
Si la Foire de Guadalajara domine le paysage mexicain, d’autres initiatives sont à signaler. La FILEC (Foire internationale de la lectura) a attiré pour sa troisième édition plus de 30 000 visiteurs à Cholula, superbe ville coloniale à quelques kilomètres de Puebla, la deuxième ville du Mexique.
Cette foire est originale à plus d’un titre. Créée à l’initiative d’un institut de recherche en astronomie et astrophysique (l’INAOE, dépendant du ministère de la Recherche), elle mêle lecture et divulgation scientifique. Les visiteurs peuvent tout à la fois acheter des livres, assister à des présentations, mais aussi participer à des ateliers scientifiques ou, le soir, observer Vénus, la lune, Jupiter dans les télescopes très performants de l’institut.
Cette année la France était invitée d’honneur et plusieurs intervenants français ont participé au programme de conférences : Bruno Monflier, président de l’association « A ciel ouvert » a expliqué le rôle de celle-ci pour la diffusion de l’astronomie en France ; Françoise de Guibert a présenté son travail aux éditions Autrement (collection traduite en espagnol par les éditions Libros del Escajabajo), l’ambassade a présenté les mécanismes français de soutien à la création, sans oublier l’Alliance française de Puebla, cheville ouvrière de cette troisième édition de la FILEC.
Le succès de cette foire n’est pas isolé. Le public mexicain a soif de connaissance. La preuve, la première nuit des étoiles franco-mexicaine organisée le 31 janvier dernier a réuni plus de 200 000 personnes réparties dans les 24 villes partenaires de l’évènement. Plusieurs éditeurs mexicains s’attachent à répondre à cette demande de connaissances et se tournent souvent vers des collections d’éditeurs français : Oceano a ainsi acheté à Gallimard Jeunesse plusieurs titres de sa nouvelle collection de documentaires. Ce n’est pas un hasard : Pierre Marchand, créateur de Gallimard jeunesse, disait souvent son désir de publier les livres dont il avait été privé dans son enfance. L’édition jeunesse au Mexique a de beaux jours de devant elle...
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Christian Moire, Responsable du Bureau du livre de l'ambassade de France à Mexico
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mars 2009
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