L’Italie : une invitation d’honneur dynamique
La délégation italienne, représentée par le président de l’AIE (Association italienne des éditeurs), Federico Motta, a été très agréablement surprise par l’intérêt du public mexicain envers la culture italienne. Plus de 12 000 livres vendus sur l’immense stand italien, des titres en langue italienne mais également des traductions, pour un montant total de 2 millions de pesos mexicains (près de 118 000 euros). Les plus vendus ont bien entendu été les livres des auteurs présents.
Le volet professionnel de cette invitation fut de haut niveau. Les échanges de droits furent nombreux et permirent aux éditeurs italiens présents d’ouvrir une voie privilégiée avec les éditeurs mexicains, mais aussi avec le reste de l’Amérique latine, fortement représentée à cette foire.
« Les crises, nous y sommes habitués… »
Sur fond de crise mondiale, le bilan de cette 22e édition de la Foire internationale du livre de Guadalajara est positif. Le VIIe Forum international des éditeurs et professionnels du livre s’est tenu sur deux jours, avec un programme très dense. Un focus particulier a été fait sur le livre de jeunesse, secteur de l’industrie du livre ayant la plus importante croissance de ces dernières années et aussi les meilleures perspectives pour les années à venir. Les organisateurs ont fait se rencontrer les professionnels de ce secteur, venus de nombreux pays pour partager leur expérience professionnelle, le but étant de pérenniser voire d’optimiser cette croissance.
La foire a fait le pari de s’agrandir et d’ouvrir un hall entièrement dédié à l’international qui regroupait tous les exposants étrangers, y compris ceux de langue espagnole, bousculant quelque peu les repères du public et des professionnels. Les ventes s’en sont ressenties et les organisateurs, conscients de ces difficultés, vont, pour l’an prochain, travailler sur une meilleure communication.
Les Latino-Américains ne connaissent pas la crise, ou alors la connaissent tellement bien que cela ne les empêche pas de travailler : « Les crises, nous y sommes habitués… », ce qui n’est pas le cas des professionnels des États-Unis. 30% des bibliothécaires américains se sont désistés au dernier moment. Sur le stand France, nous n’avons pas reçu, comme chaque année, ces bibliothécaires américains ni même les distributeurs qui étaient toujours intéressés pour découvrir les nouveautés françaises.
Le stand France
Sur une superficie de 80 m², le BIEF a exposé la « Sélection 2008 ». La commercialisation du stand était assurée par la nouvelle librairie française Le temps de lire, pour qui le bilan a été très positif. Pour ses responsables, « le nouvel emplacement n’était pas le meilleur, mais le public intéressé par les livres français était là. Nous ne pouvons pas faire de comparaison avec l’année précédente, où les ventes étaient assurées par la librairie Gandhi. Toutefois, les ventes ont été plus importantes que du temps où la librairie La Bouquinerie assurait la commercialisation du stand », affirment ses anciennes employées. « Nous qui habitons à Mexico DF sommes toujours très surprises de l’intérêt que porte le public de Guadalajara aux livres français, dans tous les domaines, y compris très spécialisés (droit, biologie, art, commerce international…) ».
Arrivederci Italia, Welcome Los Angeles, Bienvenue à Paris
La prochaine Foire internationale du livre de Guadalajara se tiendra du 28 novembre au 6 décembre 2009 avec comme invité, c’est une première depuis la création de la foire, une ville et non un pays : Los Angeles.
Et rappelons-le, cette année, l’édition et les auteurs mexicains seront à l’honneur au Salon du livre de Paris 2009.
Quelques chiffres 2008
• Plus de 600 000 visiteurs
• 17 000 professionnels présents
• 1 947 exposants
• 40 pays représentés
• 75 manifestations et rencontres professionnelles
Témoignages d'éditeurs français présents cette année
(Le Seuil, Ballon Media, Bayard, Hatier, Didier Jeunesse)
Martine Heissat (Le Seuil) : « Pour moi, cette foire est incontournable pour
les cessions de droits de livres de sciences humaines. Chaque année, je fais des contrats fort intéressants avec des éditeurs mexicains qui ne se déplacent pas en Europe, notamment pour la Foire du livre de Francfort ».
Anne Risaliti (Hatier, Didier Jeunesse) : « Je suis venue pour la première fois il y a deux ans, où j’avais pu découvrir certaines maisons d’édition et avoir des rendez-vous improvisés en plus de ceux que j’avais pu obtenir de Paris. C’est important pour moi de rencontrer ces éditeurs que l’on ne voit ni à Bologne ni à Francfort. Cette année, j’ai vendu deux collections en un seul rendez-vous et les autres entretiens porteront leurs fruits dans un futur proche ».
Emmanuelle Marie (Bayard, Milan, Tourbillon) : « Présente pour la première fois, j’ai été agréablement surprise par l’organisation de cette foire. C’est le lieu où il faut être pour rencontrer l’Amérique latine. Un élément nouveau est que des éditeurs indépendants espagnols ont ouvert des filiales à Mexico City (Casals Combel). On a de moins en moins de difficulté avec les éditeurs espagnols pour séparer les territoires. Les filiales locales sont de plus en plus indépendantes dans leurs prises de décisions et une réelle politique éditoriale est en place dans ces structures pour acheter des droits. Les aides du gouvernement mexicain, via
le programme d’éducation, contribuent largement à cette indépendance. Trois titres du groupe Bayard ont été retenus, dont Sur le chemin de l’école (Milan), acheté par SM, et un titre de la collection « Les P’tits Docs », Les Cro-Magnon.
La production éditoriale est de bonne qualité ; et pour ce qui est des sciences humaines, de haut niveau. Les éditeurs mexicains rencontrés sont très francophiles, ce qui facilite les échanges ».