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Portrait et entretien de professionnels
"Le marché serbe est très petit et pauvre. La question du prix y est très sensible, c’est une réalité à laquelle nous devons être très attentifs. D’un autre côté, les gens aiment les beaux livres, mais leur prix de vente doit rester bas. Encore un paradoxe !", Danko Ješić
Entretien avec Danko Ješić, éditeur serbe aux éditions IPS

BIEF : Que représente IPS MEDIA sur le marché de l’édition en Serbie ?
Danko Jesic : IPS MEDIA est le plus grand distributeur de livres en Serbie : la société possède la seule chaîne de librairies dans le pays et au Monténégro. À la vingtaine déjà existantes, six devraient s'ajouter avant la fin de l’année prochaine. IPS MEDIA approvisionne aussi la plupart des supermarchés, librairies, stations d’essence et kiosques en Serbie. Nous couvrons plus de 75% de la distribution du livre en Serbie.
Notre activité d’édition se développe aussi. Nous publions 250 nouveaux titres par an en littérature, non-fiction, des ouvrages de référence pour adultes et enfants, des livres illustrés, etc. Notre catalogue de littérature comprend des lauréats du Prix Nobel, du Booker Prize et du prix Pulitzer ainsi que de nombreux best-sellers. Nos principales coéditions se font avec Disney, Taschen, DK, Pearson Education, Octopus, Usborne, Egmont, Robert Frederick, Libsa, Quercus, Quantum et bien d’autres encore.

BIEF : Quelle est la part des livres illustrés dans votre maison ?
D. J. : Une part importante de notre programme éditorial, puisque ce domaine peut représenter plus de 55% de notre production : soit 100 à 120 titres par an.
Nos meilleures ventes dans ce secteur ne sont pas, comme on pourrait s’y attendre, des livres de cuisine ou de loisirs créatifs. Ce sont, plutôt, des livres d’art, d’architecture et de design. On vend cinq fois plus de livres sur Monet que sur le yoga. Les best-sellers sont des ouvrages sur Monet donc, Gaudi, Frida Kahlo, Salvador Dali et Le Corbusier. On vend aussi beaucoup de livres sur l’histoire, la mythologie, la santé, la maternité et ceux qui traitent de l’éducation des enfants.

BIEF : Comment définiriez-vous le marché serbe ?
D. J. : Le marché serbe est très petit et pauvre. La question du prix y est très sensible (le prix approximatif pour un livre de fiction est de 5 euros), c’est une réalité à laquelle nous devons être très attentifs. D’un autre côté, les gens aiment les beaux livres, mais leur prix de vente doit rester bas. Encore un paradoxe !
La plupart de nos livres illustrés coûtent entre 5 et 10 euros. Les clients préféreraient des livres à 2 euros, mais je crois qu’il y a un marché pour des livres plus chers et nous explorons cette piste.
Nous n’avons pas de librairies spécialisées, si ce n’est les librairies universitaires. Les gens ici aiment avoir accès à tout en un seul et même lieu. C’est pourquoi, nous publions toutes sortes de livres.

BIEF : IPS a-t-elle des échanges avec les éditeurs français ?
D. J. : Récemment, nous avons amorcé une collaboration avec Gallimard et Casterman, et nous pensons sérieusement démarrer une collaboration avec le groupe Hachette dans un futur proche.
Propos recueillis par Sophie Bertrand  -  janv. 2009
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