Seize éditeurs anglais de quatorze maisons d’édition de livres d’art ont répondu présent à l’invitation faite par l’ambassade de France à Londres et le BIEF de participer à une journée de rencontres avec seize de leurs homologues français, le 23 juin dernier.
De part et d’autre, le dynamisme et le volontarisme ont caractérisé cette manifestation informelle mais substantielle dans le cadre idéal qu’offraient les salons de l’Institut Français. « Cette session anglaise a été très réussie : bien rythmée, constructive et agréable. Je ne doute pas qu’elle aboutira à des résultats concrets », résumait Sophie Prieto, responsable des droits à la RMN. De son côté, Vivian Constantinopoulos (Reaktion) a apprécié de « parler ensemble des problématiques et des défis communs ».
La journée était répartie en trois volets : un petit déjeuner d’accueil avec libraires et éditeurs, une discussion animée par le responsable du Bureau du livre Paul Fournel et, enfin, des rendez-vous de travail individuels l’après-midi. Dès le début de la discussion, les participants ont exprimé leur intérêt de travailler en coédition, non seulement pour amortir les coûts de reproduction des images, mais également pour accompagner éditorialement l’internationalisation des expositions. On sait que les catalogues d’exposition sont l’un des éléments moteurs du marché du livre d’art aujourd’hui, qui semble suivre les mêmes tendances de part et d’autre de la Manche : saisonnalité très marquée, essor de la photographie...
Un certain nombre de singularités de chaque pays ont été soulignées, et notamment la politique de régulation du secteur du livre en France ou l’impact du marché américain sur les éditeurs britanniques. La discussion s’est achevée sur les thèmes d’actualité comme l’édition numérique.
Questions à Sophie Moreau, Bureau du livre à l’ambassade de France à Londres
BIEF : À quelles occasions êtes-vous en contact avec les éditeurs anglais ?
Sophie Moreau : Nous présentons aux éditeurs britanniques, après discussion avec les services de droits étrangers des maisons d’édition françaises, les nouveautés à défendre sur ce marché, surtout en fiction et non fiction. Nous travaillons plus rarement sur les beaux livres et ponctuellement sur la littérature jeunesse, pour notre festival de décembre : Youth festival.
Nous sommes également en contact avec eux lors des attributions des aides financières du programme d’aide à la publication Burgess. Une quarantaine de titres par an sont concernés, ainsi qu’une trentaine d’éditeurs britanniques.
BIEF : Participez-vous à la promotion de ces ouvrages ?
S. M. : À la publication d’un ouvrage en anglais, nous organisons son lancement à l’Institut français afin de donner une chance au livre de rencontrer son public anglophone. La promotion se fait aussi à travers le site
www.frenchbooknews.com, dont la responsabilité éditoriale est conjointe avec le Bureau du livre de New York et la publication biannuelle
Fiction France, en partenariat avec CulturesFrance.
BIEF : Que peut-on attendre de ces rencontres ?
S. M. : Nous ne connaissons que fort peu les éditeurs d’art anglais. Quelques-uns comme Roger Thorp de la Tate Publishing, Nicola Lewis de Thames and Hudson ou Alexandra Papadakis de Papadakis Publishing sont les exceptions qui confirment la règle.
Ces rencontres nous ont donc permis d’élargir notre réseau de partenaires et d’établir des liens essentiels à la poursuite de nos opérations. Nous avons été agréablement surpris par la réactivité des éditeurs anglais et leur intérêt pour cette manifestation. Si certains professionnels ont douté de la pertinence de leur présence, ils sont tout de même venus par curiosité au départ pour la production française, ce qui n’allait pas de soi. L’équilibre du nombre d’éditeurs anglais et français a permis un regard croisé.