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Retour sur le séminaire en art de vivre à Madrid

Entre la France et l’Espagne, les échanges éditoriaux sont des plus naturels, conduisant même à des rachats d’un groupe par l’autre, comme le montre l’actualité récente (Planeta Editis).
 
Ce séminaire, qui s’est tenu le 22 février, n’a fait que renforcer ce constat. Avec plus d’une vingtaine de professionnels français et espagnols présents, les débats ont porté sur la similitude des deux marchés confrontés à une concurrence très forte entre les maisons, sur le phénomène des cessions de droits à la presse, qui vend à prix cassé des titres grand public, et sur la future intégration des nouvelles technologies dans l’édition touristique.
 
Les échanges se sont appuyés sur le « Carnet de l’art de vivre », outil édité conjointement par les Services culturels de l’ambassade de France à Madrid et le BIEF, qui reprenait en quelques articles synthétiques les problématiques du secteur et les principaux chiffres*. Les agents littéraires comme Catherine Passion et Ximena Renjifo ont abordé la question des relations commerciales avec l’Amérique latine, spécifiant que les éditeurs espagnols n’ont plus systématiquement les droits mondiaux puisque certains éditeurs français les cèdent directement, pour de très faibles sommes, à des éditeurs d’Amérique latine (mexicains notamment). Le marché latino-américain reste un marché difficile à cause du faible pouvoir d’achat de la population et des infrastructures, qui entraînent parfois de lourds problèmes logistiques pour les librairies locales. Pour certains acteurs de ces cessions, il semble cependant nécessaire que les éditeurs étrangers dissocient les deux principaux marchés hispanophones pour permettre une autonomisation du secteur du livre en Amérique latine.
 
Une visite de librairies spécialisées à Madrid en art de vivre avait été organisée : une consacrée à la gastronomie et une autre au tourisme, au voyage et à la nature, thèmes qui fonctionnent très bien auprès du lectorat espagnol.
 
Cette journée s’est close sur une série de rendez-vous individuels.
 
De l’avis des participants, ce type de rencontre est « stimulant », « permet d’augmenter le nombre de contacts ou de les approfondir » et « redonne une dynamique aux échanges commerciaux ».
 
L’édition en art de vivre dans l’exploitation de ses thèmes échappe encore à l’uniformisation de la mondialisation et permet une grande créativité. Il existe en effet une grande différence entre les mondes anglo-saxon et latin. C’est un domaine ludique mais qui permet de déceler les différences culturelles de chaque pays. Cette journée en témoignait.
 
Sophie Bertrand  -  sept. 2008
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