BIEF : Pouvez-vous nous relater l’histoire de votre agence ?
Deborah Harris : Je suis devenue agent alors que je ne savais même pas ce que recouvrait ce terme. J’étais éditrice en Israël et j’ai commencé à vendre les droits des livres de mon catalogue ; puis d’autres auteurs m’ont approchée pour savoir si je pouvais m’occuper de leurs droits. J’ai vendu ma maison d’édition et démarré mon agence en 1991, et je n’ai aucun regret. Je suis à l’origine de 500 contrats par an.
BIEF : Quels sont les écrivains et/ou éditeurs israéliens que vous représentez ?
D. H. : Je représente David Grossman, Meir Shalev, Ron Leshem, Amir Gutfreund, Michal Govrin, Tom Segev, Sayed Kashua, Batya Gur Estate, Lizzie Doron, Alon Hilu, parmi beaucoup d’autres… Je suis aussi sub-agent, puisque je représente les droits de traduction pour l’hébreu de plus de 200 agences et éditeurs étrangers.
BIEF : Quelle sorte de littérature étrangère lisent les lecteurs israéliens ?
D. H. : Je pourrais dire que les Israéliens ont un goût littéraire très prononcé, même si beaucoup des best-sellers qui caracolent partout en tête des ventes sont aussi sur les listes des meilleures ventes en Israël. Leur goût est très éclectique, avec un intérêt particulier pour les littératures espagnole et japonaise.
BIEF : Quelle est l’importance des agents sur le marché israélien ?
D. H. : La plupart des écrivains israéliens ne sont pas représentés par un agent pour traiter avec les éditeurs israéliens. Ils aiment le faire en direct. La raison pour laquelle je viens juste d’ouvrir un département pour représenter les auteurs israéliens auprès des éditeurs israéliens est que je pense que le marché local va évoluer dans ce sens.
BIEF : Quelle est la part du livre israélien sur le marché français ?
D. H. : Cette année a été fructueuse pour les échanges avec les éditeurs français. Beaucoup d’écrivains israéliens ont été publiés en vue du Salon du livre de Paris et nous sommes contents de l’engouement et de l’enthousiasme que cela a engendrés.
Je suis très impressionnée par la qualité des livres traduits de l’hébreu que les maisons d’édition françaises publient. Maintenant, il faut voir la mise en place et la vente de ces livres et comment le lectorat français réagira. J’ai l’espoir que cela créera un intérêt équivalent de la part des éditeurs israéliens qui sont attendus au Salon.