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Portrait et entretien de professionnels
« Concernant une loi sur le prix du livre, il faudra beaucoup de temps pour que les mentalités changent ».
Questions à Racheli Edelman, Présidente de l'Association des éditeurs israéliens et directrice des éditions Schocken

BIEF : Quelles sont les principales caractéristiques de la production éditoriale israélienne ?
Racheli Edelman : La plupart des livres en Israël sont publiés par des éditeurs qui ne se consacrent qu’à ça.
Les domaines de publication les plus représentés sont la fiction, la non-fiction, les livres pour la jeunesse (jeunes adultes et enfants) et les livres scolaires. Certaines institutions religieuses subventionnent des livres religieux, de même que des institutions gouvernementales peuvent aussi être à l’origine de publications.
 
BIEF : Le droit d’auteur sous la forme du copyright anglo-saxon est-il un facteur de bonnes relations auteur-éditeur en Israël ? 
R. E. : Les relations contractuelles dans l’édition israélienne entre l’auteur et l’éditeur étaient régies jusque-là par la loi sur le copyright datant de 1911. Depuis 2007, la Knesset a promulgué une nouvelle loi, dont l’application peut varier suivant les relations entre chaque auteur et son éditeur. Son principal mérite est d’être une protection contre le piratage ou tout autre délit ne respectant pas cette loi. Mais les recours en justice restent rares et les sanctions peu sévères.
 
BIEF : Quelle place y a-t-il en Israël pour l’édition indépendante face aux trois grandes maisons détenues par des groupes ?  
R. E. : Malheureusement en Israël aujourd’hui la guerre des prix continue entre les grandes chaînes de distribution et les éditeurs. Ces derniers se sentent obligés d’accorder des taux de remise très importants, qui grèvent le bénéfice réalisé à partir de la vente des livres.
Ce contexte pousse les lecteurs à acheter en priorité les livres bénéficiant d’un discount, pas forcément ceux qui les intéressent. Résultat : les éditeurs s’en trouvent affaiblis, les auteurs touchent moins de royalties et de petites librairies indépendantes cessent leur activité. Si nous avions une loi sur le prix fixe, on peut penser que la compétition porterait sur la qualité des publications.
 
BIEF : Quel est le résultat de la réunion qui s’est tenue à la Knesset (le Parlement israélien) le 13 février 2008 au sujet d’un projet de loi sur le prix fixe ? 
R. E. : Cette rencontre, qui réunissait neuf éditeurs, cinq libraires indépendants et un distributeur a permis d’exposer aux membres de la Commission sur l’Éducation les grands principes d’une loi sur le prix fixe. Nous avons fait état des effets positifs de cette loi dans les pays européens où elle est appliquée. Notre point de vue a été entendu, notamment par le président de la Commission, originaire de Norvège où le prix fixe est appliqué ! Mais il est évident qu’il faudra encore beaucoup de temps avant que les mentalités ne changent. Nous n’en sommes qu’au début de longues négociations pour convaincre les députés que cette loi ne rendra pas le livre plus cher pour le consommateur et qu’elle est nécessaire pour assainir l’ensemble de la branche. 
 
BIEF : Quels partenariats entre éditeurs français et éditeurs israéliens existent déjà ? Comment renforcer ces liens ? 
R. E. : Beaucoup d’éditeurs israéliens achètent les droits de traduction de livres français et, de leur côté, des éditeurs français achètent des livres israéliens. Toutefois le besoin se fait ressentir, pour les uns comme pour les autres, que les aides publiques à ces traductions fonctionnent mieux et que leur montant soit plus important.
 
- Propos recueillis par Karen Politis
 
Propos recueillis par Karen Politis  -  avr. 2008
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