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Si le prix français est un obstacle pour les ouvrages de littérature ou de jeunesse, il l’est moins pour les ouvrages de STM (particulièrement de médecine, d’agronomie et d’informatique).
La 12e édition du SILA d'Alger : des nouveautés et des constances

La volonté d’une meilleure Présentation 
La principale nouveauté était certainement le mélange, dans des halls communs, d’exposants européens et proche et moyen-orientaux. Ainsi, le stand du BIEF, pour la première fois dans le pavillon central, avoisinait le stand d’un éditeur saoudien, ceux d'éditeurs égyptiens et algériens.
 
Outre le fait que ce pavillon était plus grand et plus clair que celui habituellement réservé aux exposants francophones - où les stands belge, suisse, celui d’Interforum, de Gallimard ou d’Éditeurs Sans Frontières étaient encore installés –, ce changement a permis de désenclaver l’édition francophone.
De plus, selon les habitués du Salon, auquel on reprochait son aspect bazar les années précédentes, ce mélange culturel aura plutôt suscité une amélioration de la présentation des stands, dont les organisateurs avaient fait une priorité.
Ajoutons encore une surface augmentée de deux tiers (9 000 m² en 2006 et 15 000 m² en 2007) qui a probablement contribué à l'amélioration de l’allure générale du Salon.
 
Pourtant, malgré la volonté des organisateurs de faire taire des vieilles rumeurs sur le SILA, la journée d’ouverture n’a pas révélé le professionnalisme attendu : beaucoup d’étagères vides ou, à l’inverse, des livres entassés…
Plusieurs facteurs ont participé à ce désordre. Un facteur logistique d’abord, puisqu’il avait été prévu trop peu de transitaires pour assurer le transport des livres vers les stands. Un facteur politique ensuite, puisque l’inauguration par le président Abdelaziz Bouteflika a entraîné un redoublement des mesures de sécurité, empêchant l’accès des halls d’exposition aux marchandises pendant les douze heures qui ont précédé l’ouverture officielle. Un facteur climatique enfin, avec de très fortes pluies qui ont bloqué certaines routes.
 
Conséquence : certains stands n’ont été approvisionnés en livres que 48 heures après l’ouverture du Salon… Handicap important, quand sur les stands afflue un public pour qui le Salon du livre est perçu comme un événement palliatif des lacunes d’offre et de distribution dans le pays. Les particuliers achètent par pile des livres qu’ils liront tout au long de l’année et les libraires en profitent pour étoffer leurs rayonnages. Si le prix français est un obstacle pour les ouvrages de littérature (en moyenne, un roman d’éditeur algérien se vend à 3,50 euros) ou de jeunesse, il l’est moins pour les ouvrages de STM (particulièrement de médecine, d’agronomie et d’informatique).
 
Du constant donc dans cette 12e édition du SILA, mais également des nouveautés, dont un nouveau dispositif qui pourrait permettre de fluidifier le marché algérien, concernant la loi d’importation. Jusqu’à présent, une mesure contraignait les sociétés d’import-export de produits destinés à la revente en l’état, de disposer d’un capital minimum de 20 millions de dinars (200 000 euros). Par cette loi, petits et moyens libraires étaient fortement tributaires des importateurs et de leurs choix d’achalandage.
À partir de 2008, cette mesure sera abrogée, et remplacée par l’obligation pour importer d’avoir un capital minimum de 100 000 dinars (1 000 euros). Cela permettra à certains libraires désireux de diversifier leur fonds, de s’affranchir de cette dépendance qui les bridait, eux et les lecteurs.
 
Laurence RISSON  -  janv. 2008
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