Créée à l’initiative de l’université de Guadalajara, la 21e Foire internationale du livre de Guadalajara est, outre le meilleur marché mondial de publications en espagnol, la porte qui facilite l’accès au commerce éditorial avec le reste des pays du continent américain, y compris les États-Unis. Cet évènement reste une opportunité unique pour créer ou resserrer les liens entre le Mexique, l’Amérique latine et les autres cultures dans le monde.
La fréquentation de ce salon, aussi bien par les professionnels de l’édition que par le public, est encore cette année en forte augmentation. Le président de la Foire, Raul Padilla Lopez, annonce pour 2008 une extension de la surface de 14 000 m² supplémentaires.
Le discours prononcé par le président du Mexique Felipe Calderon, venu inaugurer le salon, a permis de mettre à nouveau sur le devant de la scène la discussion sur la promotion de la lecture et du livre, dont l’un des enjeux serait une loi comportant un volet spécifique sur le prix unique du livre. Ce que souhaitent de nombreux professionnels qui arboraient le macaron « Si a la ley del libro » (« oui à la loi pour le prix du livre »). L’expertise des professionnels français sur ce sujet sera à nouveau sollicitée par le gouvernement mexicain d’ici la fin de l’année 2008.
La Colombie, invitée d'honneur
Avec une délégation de plus de 300 personnes (artistes, écrivains, cinéastes et musiciens), la culture colombienne se découvrait par le biais de spectacles et expositions, en complément d’un programme montrant les différentes facettes de l’édition colombienne (littéraire, académique, beaux-arts, sans oublier la jeunesse). La Colombie occupait un espace de 1 000 m2 à l’entrée de la foire, sur lequel étaient présentés 4 000 titres publiés récemment. Le président de la Chambre colombienne du livre, Moisés Melo, a précisé qu’« outre le grand intérêt du public pour l’édition colombienne, notamment pour la littérature et les livres de jeunesse, cette invitation a ouvert de bonnes perspectives de collaboration avec les importateurs et distributeurs mexicains, mais aussi avec les éditeurs dans le domaine des coéditions ».
Une foire où les responsables de droits peuvent rencontrer la quasi-totalité de leurs partenaires latino-américains
Le stand du BIEF présentait la Sélection 2007 de près de 1 300 titres, dont la commercialisation était assurée par la Librairie Gandhi. Ce stand communiquait avec celui de l’ambassade de France, qui partageait le sien avec l’Alliance française de Guadalajara.
Depuis 2006, la langue française a le vent en poupe, avec une augmentation de plus 25% d’apprenants du français enregistrés par les Alliances françaises. L’anglais étant de plus en plus maîtrisé par les étudiants, on se tourne à nouveau vers le français.
Les éditeurs français, venus nombreux et parfois pour la première fois, ont été agréablement surpris du professionnalisme de cette foire et comptent y revenir tous les deux ou trois ans. D’autres pensent qu’il est indispensable d’y aller chaque année, comme Martine Heissat, responsable des droits étrangers au Seuil : « C’est une excellente foire qui me permet de rencontrer la quasi-totalité de mes partenaires latino-américains. L’an passé, j’ai vendu cinq titres du catalogue, notamment le Dictionnaire des philosophies de Cassin à Siglo XXI Mexique. L’année 2007 est tout aussi prometteuse ».
Chaque année, des représentants d’institutions des États-Unis viennent visiter le stand français. Cette année, une bibliothécaire basée à Houston (Texas) est venue acheter une trentaine d’ouvrages, notamment des romans.
« Mérite éditorial 2007 »
La première personne à avoir reçu cette distinction, instaurée à partir de 1993, pour distinguer le travail d’un éditeur, fut Arnaldo Orfila Reynal, directeur du Fondo de Cultura Economica et fondateur de la maison d’édition Siglo XXI. Après Antoine Gallimard en 2000, c’est à nouveau un éditeur français, Christian Bourgois, qui a été distingué pour avoir été l’un des pionniers dans la publication d’auteurs espagnols en France, mais aussi pour sa contribution dans la découverte de nombreux autres auteurs étrangers.
La librairie La Bouquinerie n'est plus... Vive le Temps de lire !
La librairie française la Bouquinerie a fermé ses portes en juillet dernier. Julieta Salgado et Bertha Juarez, qui y travaillaient depuis plusieurs années, ont décidé de rouvrir une librairie française « par amour du livre » mais aussi, soulignent-elles, « parce qu’il y a un potentiel ». Située dans un centre commercial non loin de l’ancienne adresse de la Bouquinerie, le Temps de lire a ouvert ses portes il y a tout juste un mois.
Données sur l'édition au Mexique
La Chambre nationale de l’Industrie éditoriale mexicaine vient de publier les principales données statistiques sur le secteur pour l’année 2006.
319,2 millions d’exemplaires ont été publiés dont 44% pour l’édition privée.
Les 56% d’exemplaires publiés par l’édition publique (soit 178,6 millions d’exemplaires) ont été, pour l’essentiel, donnés gratuitement (97%).
Concernant la seule édition privée (ont répondu à cette enquête 227 éditeurs privés), elle a publié, pour la même année 2006, 19 583 titres (dont 7 830 nouveautés) soit une progression de 7% en un an.
Le chiffre d’affaires s’est élevé à 504 millions d’euros, avec une progression de 4,2% en un an et de 28,7% en quatre ans, signe du dynamisme réel que connaît actuellement le marché du livre au Mexique.
Les exportations, dont une grande part en direction de la communauté hispanophone des États-Unis, représentent 12% du total des ventes.
La baisse significative des parts de marché de la librairie (41,7% en 2001 et 26,3% en 2006), au profit des ventes institutionnelles qui ne transitent pratiquement pas par les librairies, inquiète les professionnels du livre mexicains. Après plusieurs années de travail interprofessionnel, et particulièrement intéressés par l’expérience française tant en matière de fixation du prix du livre que d’évolutions législatives du droit d’auteur, ils ont obtenu des pouvoirs publics mexicains le principe d’une loi sur le livre qui pourrait intégrer un descriptif de prix fixe du livre.
Autant de sujets qui pourront être développés entre éditeurs français et mexicains à l’occasion de l’invitation d’honneur du Mexique au Salon du livre de Paris en mars 2009.