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« Il est plus que nécessaire, chaque année, que des éditeurs se rendent sur place et prennent le temps de dialoguer avec les acteurs locaux. Ces temps de paroles débouchent souvent sur des projets passionnants... »
52e Foire internationale du livre de Belgrade

L’édition serbe, un vecteur fidèle de la production française 
« Nous faisons tellement pour la diffusion de la pensée française, alors que nous avons si peu
de moyens de faire diffuser nos propres auteurs hors du pays… »
Ce constat, à la fois amer et encourageant, du directeur de Geopoetika, évoque avec justesse le déséquilibre de la relation éditoriale entre la France et la Serbie.
En effet, on ne peut que se réjouir de la constance avec laquelle des maisons d’édition comme Clio, Rad, Paideia traduisent des écrivains français, et pas seulement ceux qui figurent dans la liste des meilleures ventes.
 
La sélection est plus délicate et affinée : c’est par les liens avec leurs homologues français, le dialogue constant avec une poignée de traducteurs et de professeurs, sans omettre bien sûr le relais incontournable des institutions françaises sur place, que les catalogues de littérature française se développent. Un professionnalisme et une curiosité qui ne se démentent pas, même si le contexte ne s’y prête guère : problèmes de distribution, structures ministérielles fragiles, association collective professionnelle impossible à maintenir.
 
Seule la Foire du livre de Belgrade permet d’offrir une fois par an une photographie relativement complète du secteur éditorial serbe. Ainsi, par la présence toujours croissante de stands locaux, la volonté de favoriser le maintien du hall international – cette année, un stand UNIK, qui réunissait les Instituts allemand, français, anglais et italien, a été inauguré en grande pompe –, on peut en quelques jours rencontrer les principaux acteurs du livre serbe (auteurs, éditeurs, traducteurs, libraires, ministre).
 
De nouvelles maisons d’édition, souvent tenues par d’anciens dissidents venus de la Radio (B92), fleurissent, dont notamment une spécialisée en bande dessinée : Beliput. Entreprise courageuse que de se lancer dans ce domaine, sachant que le ministère de la Culture serbe estime que la BD n’a pas encore sa place dans les bibliothèques publiques…
Un vrai travail promotionnel est donc à mener pour mieux faire comprendre à nos homologues serbes, à travers la diversité de la production franco-belge et l’émergence du roman graphique, que bande dessinée peut rimer avec culture. En effet, la jeunesse de Belgrade est un lectorat curieux qui inscrit naturellement le livre à son quotidien. Les éditeurs de sciences humaines et de littérature en témoignent, en exploitant des domaines nouveaux comme les essais théoriques sur le cinéma.
 
Voilà donc quatre ans que le BIEF, en lien avec le dynamique Centre culturel français, assure une présence française à la Foire internationale du livre de Belgrade, estimant que ce micromarché permet des échanges éditoriaux constants et ciblés sur des ouvrages exigeants ou des livres aux univers atypiques. Mais pour assurer ce dialogue, il est plus que nécessaire, chaque année, que des éditeurs se rendent sur place et prennent le temps de dialoguer avec les acteurs locaux.
 
Ces temps de paroles débouchent souvent sur des projets passionnants...
 
Sophie Bertrand  -  janv. 2008
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