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« Les rendez-vous étaient fructueux et vont certainement un jour ou l’autre déboucher sur une collaboration », Christian Voges,
Journées franco-portugaises du livre d'art

L’économie portugaise a connu en 2006 un ralentissement qui a été également observé sur le marché national du livre. Sur les dernières années, le taux de croissance du marché est resté légèrement positif et les tendances concernant le secteur au Portugal pour les trois ans qui viennent sont, au dire des professionnels locaux, favorables. L’envie de développer les traductions de livres français est notable sur place.

C’était la quatrième fois que le BIEF, avec l’appui du Service culturel de l’ambassade de France sur place, organisait des journées professionnelles entre éditeurs d’art français et européens. Après Amsterdam, Madrid et Munich, c’était au tour de Lisbonne de les accueillir les 7 et 8 septembre derniers, dans les locaux de l’Institut franco-portugais.
Plus qu’un simple séminaire pour approfondir la connaissance du marché du livre d’art et de ses acteurs dans les deux pays, ce type de rencontres peut aboutir à des échanges commerciaux et à la création de collaborations. Elles contribuent donc à la mise en place d’un réseau dynamique qui, à plus long terme, pourrait constituer un « réseau européen des éditeurs d’art ».

Pour ce qui est des relations économiques et culturelles, la France se situe environ au troisième rang des partenaires portugais. La langue française occupe encore une place de choix au Portugal (les rencontres se sont d’ailleurs tenues en français), bien que l’on observe depuis quelques années déjà le déclin de son enseignement au profit de l’anglais. Dans les librairies, les rayons d’art proposent en majorité des livres importés, particulièrement d’Espagne, d’Allemagne (titres édités en langue anglaise), de Grande-Bretagne et de France.
Outre le principal enjeu de ces rencontres de rendre les collaborations plus fréquentes dans ce secteur du livre d’art, se posait la question d’une ouverture vers le marché brésilien.

Les sept éditeurs français qui avaient fait le déplacement représentaient la variété des éditeurs de livres d’art de l’Hexagone : éditeurs institutionnels (RMN, éditions de la Villette, éditions du Centre Georges Pompidou), éditeurs privés indépendants (éditions Molière, La Renaissance du Livre/Les Cahiers du cinéma) et ceux appartenant à des groupes d’édition et de distribution (Groupe Vilo, Goupe le Moniteur). Même répartition du coté portugais : représentations institutionnelles, avec la Fondation Gulbenkian et l’Institut des arts, les acteurs privés, avec les éditions Chaves Ferreira, Caleidoscopio Editora 90 et Argumentum, et les grands groupes comme Dina Livro et Edicoes 70 (qui appartient au groupe Almedina).
Les éditeurs français présents avaient jusqu’ici assez peu travaillé avec le Portugal et ne connaissaient pas personnellement leurs interlocuteurs portugais ; cela d’autant plus que le secteur de l’édition portugaise connaît actuellement un mouvement de rachats et de fortes concentrations modifiant la structure des maisons d’édition et leurs orientations éditoriales. Les éditeurs portugais connaissent une période de grand doute pour certains ou, au contraire, de pleine expansion pour d’autres. Ces changements sont d’autant plus nets que le secteur local de l’édition est petit.

La question de savoir si le Portugal peut servir de porte d’entrée sur le marché brésilien a été rapidement levée. Les éditeurs portugais ont clairement exprimé l’ambivalence de leurs rapports avec leurs homologues brésiliens. En effet, si la langue portugaise est un moyen de communication orale entre les deux pays, elle se distingue sur le plan de l’écrit par des différences grammaticales et des expressions idiomatiques. Ce constat implique la nécessité de recourir à des contrats de cession de droits distincts. Au-delà de cette divergence purement linguistique, ressort une volonté de se démarquer culturellement.

La présence, à ce séminaire, de libraires portugais (Bibliothèque de la Fondation Gulbenkian, librairie Ferin, Nouvelle librairie française, librairie Buchholz, Dina Livro) a permis de rappeler l’écueil majeur du livre en français dans le pays : son prix public déjà élevé, augmenté de la tabelle. Autre point plus surprenant, celui évoqué par Margarida Dias Pinheiro de la librairie Ferin : la coexistence réussie avec la FNAC. Plutôt perçue par la libraire au départ comme une menace, il s’avère finalement que la librairie profite de la clientèle drainée par l’enseigne dans le quartier. Les deux magasins se redirigent même mutuellement les clients lorsqu’ils ne peuvent répondre à une demande.

Les rencontres se sont conclues par des rendez-vous individuels entre éditeurs. « [Ils] étaient fructueux et vont certainement un jour ou l’autre déboucher sur une collaboration », déclare Christian Voges, du groupe Vilo.
De son côté, João Carvalho Dias (musée Calouste Gulbenkian) constate que « les contacts avec les éditeurs français sont pratiquement inexistants. Je pense que ces rencontres ont comme fonction et pour mérite “de nettoyer” le terrain. Toutefois, leur impact ne peut être mesuré que par les résultats obtenus au niveau de la coopération entre les éditeurs portugais et français, ce qui dépendra des propositions concrètes qui vont suivre ».
À suivre donc...


Les participants portugais
• Rosa Maria dos Santos et Paula Amaro, Dinalivro
• Dr. Fernando Duval Chaves Ferreira, Chaves Ferreira Publicações
• Valérie Suire, 90º Editora
• Maria José Verissimo, Instituto das Artes
• Joao Dias Carvalho, Centre culturel Gulbenkian
• Jorge Ferreira, Caleidoscopio
• Monsieur Filipe Jorge, Argumentum
• José Pinho, Associaçao Portuguesa de Editores e Livreiros
• Joao Paulo Dias Pinheiro et Margarida Dias Pinheiro, Livraria Ferin
• Karin Sousa Ferreira, Livraria Buchholz
• Pedro Bernardo, Edicoes 70

Les participants français
• Sophie Prieto, Réunion des Musées Nationaux
• Marc Bédarida, Éditions de la Villette
• Frédérique Boutmy et Jean-Philippe Boutmy, Éditions Molière
• Christian Voges, Éditions Vilo – Édigroup
• Montse Porta, Garzon DIffusion Internationale
• Iulian Miron, La Renaissance du Livre / Les Cahiers du Cinéma
• Valérie Thouard, Groupe Moniteur
• Annie Pérez, Éditions du Centre Pompidou
Laurence Risson  -  sept. 2007


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