Si le nombre important de titres pour la jeunesse publiés en République tchèque (735 titres en 2004 et 866 en 2005) témoigne de l’intérêt du public, rares sont les pays où l’édition jeunesse est aussi peu influencée par les tendances du secteur à l’international.
À quoi cela tient-il ? « Peut-être au fait que les éditeurs sont plus conservateurs en République tchèque… », avance sans certitude Dana Kalinovà, la directrice de la foire.
Réputée être un pays de lecteurs, la République tchèque propose principalement au jeune public des contes, des romans et des ouvrages éducatifs.
Le format 32 pages, les albums mettant en scène un héros et certains grands classiques (français comme étrangers) de la littérature jeunesse sont absents des catalogues locaux. Seules quelques maisons d’édition en marge, entre autres Baobab et Meander, présentent une production plus moderne.
Représentés en nombre sur le stand du BIEF, les livres jeunesse ont eu un franc succès auprès du public. Et pour cause : non seulement la griffe française est attractive, mais en plus elle est une denrée rare en Tchéquie. À nous donc d’exploiter cet intérêt, en faisant mieux connaître les caractéristiques de l’édition jeunesse en France.
Baobab : un arbre en expansion
C’est en 2000 que Tereza et Juraj Horvath ont créé la petite maison Baobab, elle à l’éditorial, lui à la gestion, avec le besoin de combler un manque dans le domaine des livres pour les tout-petits.
« C’était pour nous le seul et le meilleur moyen d’éditer des livres originaux qui étaient – et le restent – peu commerciaux, et donc peu intéressants pour les grandes maisons tchèques. Nous avons d’ailleurs souvent bénéficié pour les publier d’un soutien financier du ministère de la Culture tchèque. Nous éditons des textes classiques et contemporains illustrés par de jeunes artistes, qui se sont connus pour la plupart dans l’atelier d’illustration de Jiré Slamoun, à l’Académie des arts appliqués, à la fin des années 1990, et des collections de petits livres de poche ludiques, en accordant toujours une grande importance à la conception graphique. Nous faisons des livres pour les enfants qui commencent à lire et pour les adultes qui n’ont jamais cessé d’être des enfants ».
Les fondateurs de Baobab cultivent leur singularité éditoriale, à un rythme d’environ trois à quatre titres par an.
Il la prolonge avec Baoplan, un magazine pour enfants, qui fonctionne comme un atelier de recherche pour leurs auteurs, avec lesquels ils organisent aussi quelques manifestations-événements.
Pour autant, Juraj Horvath assure que développement ne rimera pas avec changement : « Nous souhaitons maintenir l’esprit de départ, joueur et indépendant ».