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Comptes rendus
Journée professionnelle franco-libanaise du livre et de l’édition

Après l’annulation du Salon du livre francophone de Beyrouth, qui devait se tenir en octobre 2006, et son report au mois d’octobre 2007, l’ambassade de France au Liban a souhaité maintenir une présence française au Liban.
C’est pourquoi le BIEF a organisé, en février 2006, une journée professionnelle, pour affirmer la proximité de l’édition française avec les partenaires du livre libanais, et plus largement du monde arabe.

Faisaient partie de la délégation française :
  • Alain Gründ (éditions Gründ, président du BIEF),
  • Jean-Guy Boin (directeur général du BIEF),
  • Paul Otchakovsky-Laurens (éditions POL, président de la commission littérature du SNE),
  • Pierre Vallaud (éditions de la Réunion des Musées Nationaux - RMN).

Questions à Pierre Vallaud, directeur des éditions à la Réunion des Musées Nationaux

Jean-Guy Boin : Quelles sont les spécificités du marché éditorial libanais ?
Pierre Vallaud : Il faut d’abord noter que c’est un petit marché : le territoire national libanais est approximativement de la taille du département de la Gironde. Sa population est d’environ 3 millions et demi d’habitants, dont tous ne sont pas alphabétisés ou lecteurs. C’est bien sûr un pays de la francophonie, mais c’est d’abord un pays de langue arabe.
Tout cela explique que l’édition libanaise de langue française est ce que les économistes appellent une « édition dépendante » vis-à-vis de l’édition française. De plus, l’étroitesse du marché local fait que tout auteur francophone, disposant d’une forte notoriété, cherche à se faire éditer en France. Quant à l’édition arabe, elle connaît des difficultés, au premier rang desquelles le non-respect du droit d’auteur dans cette zone linguistique.
 
J-G. B. : Quels partenariats entre éditeurs français et éditeurs libanais existent déjà ?
P. V. : Les spécificités du marché évoquées expliquent que, pour l’édition libanaise, les partenariats avec la France ou les pays francophones sont fondamentaux et que c’est pour cela qu’ils existent. D’une part, cela permet d’ajouter un marché bien plus vaste à un marché de petite taille, d’autant plus que les maisons d’édition libanaises disposent d’outils de diffusion peu adaptés à un large marché.
D’autre part, on sait bien que, dès qu’un projet d’édition a une grande ambition en termes de contenu, il nécessite des investissements que ces maisons, de taille modeste, ne peuvent pas assurer seules.
 
J-G. B. : Concernant les livres illustrés, quels partenariats ?
P. V. : La nécessité évoquée ci-dessus est encore plus forte pour cette catégorie d’ouvrages. Les éditeurs d’art, en France, ou ailleurs, ont besoin de coéditions internationales pour amortir les frais de création et les frais fixes. Cela vaut encore plus pour des éditeurs qui exercent sur un marché étroit comme au Liban. Donc, outre ce qui peut exister déjà, il serait judicieux de développer des coopérations entre éditeurs français et libanais dans ce domaine.
De plus, je pense que nous, éditeurs français, avons besoin également de ce type de marchés et de ce type de coéditions, notamment parce que, en réalisant le tirage sur place, cela conduit naturellement à pratiquer des prix adaptés à la clientèle locale.
 
J-G. B. : Quelle coopération entre la RMN et l’édition libanaise ?
P. V. : Je vous citerai un exemple. L’Université Saint-Joseph (USJ) de Beyrouth a organisé en 2006 une exposition de photos sur la diaspora arménienne, dont le catalogue a été publié par les Presses de l’USJ. Cette exposition sera présentée à Paris, cet automne, à la Cité de l’Immigration. Dans ce cadre, la RMN a conclu un accord de coédition avec les Presses de l’USJ, pour adapter l’ouvrage au marché français. Ce type d’accord représente bien, à mon sens, le possible d’une coopération réussie avec nos amis libanais.
 
- Propos recueillis par Jean-Guy Boin



Les cessions du français vers l'arabe
En 2005, 105 titres ont été cédés pour une traduction en langue arabe : 56 vers le Liban, 27 vers l’Egypte, 8 vers le Maroc, 5 vers l’Arabie Saoudite, 4 vers la Tunisie, 2 vers l’Algérie, 1 vers la Syrie, le Qatar, la Lybie.

Le Plan Traduire du MAE et la base de données Tradarabe
Afin de favoriser une meilleure diffusion du livre et des auteurs français à l’étranger, le Plan Traduire a été mis en place par le ministère des Affaires étrangères.

Concernant le pôle « langue arabe », installé à Beyrouth en lien avec les ambassades de Rabat, Alger, Tunis, Le Caire, Damas et Amman, le Plan Traduire affiche quatre objectifs :
  • Constituer un ensemble de données fiables sur les livres français déjà traduits et publiés en arabe. La base de données bilingue (français-arabe) est actuellement disponible en ligne : www.tradarabe.org.
  • Mettre à disposition des traducteurs du français dans cette zone linguistique des livres, revues ou sélections qui pourraient leur être utiles.
  • Contribuer en France et à l’étranger à la formation de jeunes traducteurs du français, par l’organisation de sessions et l’attribution d’invitations.
  • Tous les deux mois, traduction et mise en ligne d’une sélection d’articles des grandes revues françaises généralistes ou spécialisées (la « revue des revues »).
 
Le BIEF vient de publier une étude sur le marché du livre en Égypte qui recense les différentes possibilités de coopération entre la France et l’Égypte.

 -  juin 2007
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