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Portrait et entretien de professionnels

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« Les États-Unis représentent notre marché le plus important, suivis par l’Inde. La Grande-Bretagne et l’Europe viennent immédiatement derrière. »
Entretien avec Bipin Shah - Édition Mapin Publishing

Sophie Bertrand : Pourriez-vous nous présenter votre maison d’édition ? Quelles sont vos spécialités ?
Bipin Shah : Notre maison, Mapin Publishing, fondée en 1984 par Mallika Sarabhaj et moi-même, est installée à Ahmedabad, Gujarat. Elle est à la pointe dans son domaine et publie des livres illustrés de qualité sur l’Inde concernant l’art, la culture, l’histoire, l’architecture, la photographie, l’artisanat et la littérature. Nous collaborons également avec des éditeurs d’art internationaux et des musées, et fournissons des services d’édition à la demande pour les galeries, les musées et les entreprises.
 
S. B. : Vous publiez des livres d’art. Est-ce un bon marché en Inde en général ? Quel est votre type de clientèle pour ces livres ?
B. S. : Nous avons un marché international (anglophone). Nous avons cédé des droits à des éditeurs américains (Harry Abrams, Vendome Press, Abbeville Press) de même qu‘à des Presses universitaires (Oxford, Indiana) et de temps en temps, à des éditeurs européens (Gallimard, Prestel, Nympherberger). Nous projetons également d’étendre nos activités au marché des langues régionales indiennes, avec notre programme d’édition pour la jeunesse, que nous lançons cet automne.
Nous faisons également du packaging pour des catalogues d’exposition de musées américains, parmi lesquels le Ruben Museum de New York, le Metropolitan Museum of Art de New York, la Sackler Gallery, la Smithsonian Institution, le Santa Fe Museum of International Folk Art.
On estime la classe moyenne lectrice à 300 millions de personnes au minimum, pour lesquelles l’anglais est une langue officielle – et elles achètent beaucoup de livres. Nos clients appartiennent à tous les milieux : profanes, connaisseurs, étudiants, universitaires, et autres. Parmi nos titres les plus vendeurs figurent A Zoroastrian Tapestry, India through the Lens, The Kashmiri Shawl… pour ne citer que ces trois ouvrages. Généralement, le tirage varie entre 1 000 et 5 000 exemplaires.
Nous participons à quatre salons du livre de dimension internationale : Francfort, Londres, Book Expo America (USA) et Delhi. Il nous arrive également de participer à des manifestations plus spécialisées, comme l’Association of Asian Studies et College Art Association, qui ont lieu toutes les deux aux États-Unis.
 
S. B. : Quels sont les échanges entre les éditeurs français et Mapin Publishing ?
B. S. : Nous avons été contactés par les éditions Assouline pour l’édition en anglais de Maharajas' Jewels. Nous avons vu l’édition française qui nous a plu, et avons assuré l’édition anglaise pour le marché asiatique. Le livre a eu beaucoup de succès. Nous avons déjà effectué un nouveau tirage et en envisageons un autre.
En ce qui concerne notre collaboration avec Gallimard, l’éditeur est venu à Ahmedabad il y a quelques années et c’est ainsi que nous avons fait sa connaissance. Nous avons continué à nous voir à l’occasion des divers salons. C’est au Salon du livre de Francfort que les négociations ont commencé et à celui de Londres que nous avons conclu en ce qui concerne la publication de Thé du Cachemire à Kaboul. Comme le marché du tourisme français en Inde prend de l’importance, Mapin a également publié des exemplaires de l’édition française pour distribuer sur le marché indien.
 
S. B. : D’après vous, quel est l’avenir du marché du livre d’art en Inde et sur le plan des échanges internationaux ?
B. S. : L’édition et le marché du livre en Inde continuent de se développer. Le prix de l’art indien s’est multiplié par vingt ou davantage depuis 2001 et le marché du livre d’art, en particulier, profite de cette explosion. L’Inde a un vaste potentiel inexploité dans le domaine de l’art à tous les niveaux : depuis le grand public jusqu’à la recherche universitaire, pour la jeunesse ou pour les étudiants, mais aussi pour les touristes.
 
S. B. : Et qu’en est-il de l’imprimerie en Inde ? Peut-elle offrir des conditions intéressantes pour les éditeurs étrangers ?
B. S. : Nous sous-traitons notre imprimerie à Singapour. Bien qu’il y ait de bons imprimeurs en Inde, du fait du système des taxes d’importation, les coûts y sont plus élevés en Inde que dans le Sud- Est asiatique pour une imprimerie de qualité. Pour les imprimeurs européens, l’Inde pourrait offrir des conditions attrayantes car les coûts en Europe sont beaucoup plus élevés que chez nous.
 
S. B. : Comment abordez-vous le marché du livre d’art français ? À votre avis, quels sont ses principaux défauts et qualités ?
B. S. : C’est principalement au Salon du livre de Francfort que nous approchons les éditeurs français, parfois à Londres ou à Paris. Les Français sont passionnés par l’Inde, de sorte qu’il est intéressant pour nous de travailler avec les éditeurs français. L’éventail de livres sur l’Inde en France paraît limité par rapport à celui qu’on trouve en Allemagne. Mais les Français peuvent manifester une plus grande audace !
 
- Propos recueillis par Sophie Bertrand
- Traduction : Edith Ochs
 -  avr. 2007
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