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Cette rencontre de libraires a été ressentie comme une marque de solidarité envers le Liban et ses professionnels du livre.
Une formation des libraires francophones s'est tenue à Beyrouth en novembre 2006

En dépit de toutes les incertitudes qui ont pesé sur le Liban ces derniers mois, douze libraires francophones du Proche-Orient ont pu se retrouver, du 17 au 20 novembre, à Beyrouth pour suivre une formation organisée par le BIEF et l’AILF, animée par une équipe de « libraires-formateurs » de l’AILF.

Pour le Liban, six enseignes étaient représentées (les librairies Antoine, L’Orientale, La Phénicie, El Bourj et Mémoires, toutes implantées à Beyrouth, et la librairie Al Harf de Byblos) avec toutefois une participation très hétérogène (dirigeants mais également employés).

L’Égypte, représentée par quatre librairies (Librairie franco-égyptienne, Les Amis du livre, les librairies Renaissance et Bardi), Chypre (La Boîte à lire) et Dubaï (avec la toute nouvelle librairie Culture and Co) donnaient à cette formation sa dimension « sous-régionale ».

En revanche,  aucun libraire de Syrie ni de Jordanie n’avait pu faire le déplacement, du fait sans doute de la situation politique.

Dans un contexte où les manifestations sont pour beaucoup reportées, voire supprimées (il en a été ainsi du Salon Lire en français), cette rencontre de libraires a été ressentie comme une marque de solidarité envers le Liban et ses professionnels du livre.

Définir l’identité d’une librairie
Ce fut aussi une manière d’affirmer une volonté, celle de tenir les engagements pris en matière de formation. On se souvient qu’une précédente réunion de libraires, qui s’était déroulée lors du Salon du livre francophone de Beyrouth de 2005, avait permis de dégager les axes d’un programme de formation, destiné prioritairement aux dirigeants d’entreprise. Parmi les thèmes choisis, la notion de « projet de librairie » constituait donc une première étape, au cœur de la formation de ce mois de novembre.

Durant quatre jours, les douze libraires présents ont pu réfléchir aux moyens concrets de définir et renforcer un projet de librairie, en jouant sur les différents éléments qui font l’identité d’une librairie. Des éléments « externes », qui tiennent à l’environnement de la librairie (sa localisation et ses clientèles), ou « internes », qui relèvent de choix affirmés par le libraire (l’aménagement de la librairie, son animation et surtout son assortiment…).

Et, pour compléter cette présentation, la visite et l’analyse par les participants de différentes librairies de Beyrouth, aux profils bien marqués, ont permis aux participants de visualiser plus encore ce que recouvrait un tel projet de librairie. Parmi les participants, Maria Chidiac, qui dirige la nouvelle librairie La Phénicie, a ainsi témoigné de son expérience. Désireuse de créer sa propre entreprise autour d’un projet de librairie pédagogique, il y a quelques mois, elle a pu ouvrir cet espace, devenu très vite un lieu de référence auprès de tous les enseignants au Liban. Cette formation lui aura permis de s’avouer « plus convaincue que jamais de son identité de libraire » mais lui aura aussi donné les moyens de l’affirmer auprès de ses clientèles ».

Pierre Myszkowski  -  janv. 2007
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