Lors une semaine marquée par l’arrestation du philosophe Ramin Jahanbeglou, la Foire internationale du livre de Téhéran et les Journées de la Francophonie ont été l’occasion de rappeler l’importance des liens culturels franco-iraniens, tout en soulignant la nécessité de prolonger ces efforts afin de maintenir ces liens et de les enrichir.
En dépit de la présence nouvelle de la Turquie et du Japon, le Mabna Hall regroupait moins d’exposants qu’en 2005. Soixante-six pays étaient représentés, et 1 800 éditeurs iraniens ainsi que 945 étrangers présentaient des ouvrages.
Rappelons que la Foire de Téhéran est un des grands évènements culturels du pays, avec plus de 2 millions et demi de visiteurs.
Cette année, le stand du BIEF, beaucoup mieux situé et agencé que l’an dernier, présentait près de 1 900 ouvrages. Il faut retrancher de ce total presque 250 titres « non exposables », qu’il s’agisse de livres d’art comportant des nus ou de livres présentant des images de vin. La sélection a malgré tout été très appréciée, notamment en jeunesse et en littérature.
Parallèlement à la Foire, les services de l’ambassade de France ont organisé des Journées de la Francophonie, à la Maison des Artistes d’Iran.
Par la suite, les différents séminaires ou ateliers ont été très vivants : création d’une BD avec Stéphane Heuet, devant un public de collégiens, ou encore une « lecture croisée » d’extraits d’Amin Maalouf par les comédiens Marc Susini (en français) et Golchifteh Farahani (en persan).
Au cours d’une rencontre professionnelle franco-iranienne, Ali Djafarié (Sales) et Dawoud Moussaie (Fahrang Moaser) ont mis en lumière quelques réalités du marché iranien :
- Trop d’éditeurs (près de 8 000) par rapport au nombre de points de vente (1 500) ; parmi ces 8 000 éditeurs seuls quelques centaines seraient « professionnels » ;
- L’impossibilité des retours pour les libraires, qui les entraîne à beaucoup de prudence dans leur assortiment ;
- Le poids du livre scolaire et, au sein de celui-ci, des éditeurs d’État, est encore très important.
Dawoud Moussaie s’est malgré tout dit confiant sur le fait que la distribution va se professionnaliser, avec l’apparition, comme en France, de distributeurs assurant la logistique pour plusieurs maisons ou groupes. De même qu’il lui semble que de plus en plus d’éditeurs iraniens veulent s’inscrire dans la dynamique des échanges de droits et du copyright.
Michel Houdayer, attaché culturel en Iran, a présenté un exemple de collaboration qui a permis d’amener du livre français dans des conditions de prix « admissibles » et de lutter contre le piratage : Larousse a accepté de faire un test en réelle grandeur sur le Larousse de poche, avec une importante remise en échange d’un achat de 2 000 exemplaires par Farhang Moaser, ce qui a permis de le mettre sur le marché à 5 euros environ, alors que l’édition piratée est vendue environ 4,5 euros.