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Portrait et entretien de professionnels
Entretien avec Pierre Astier

Entre la fondation de la maison d’édition Le Serpent à plumes en 1992 et la direction de la collection « Naïves francophones » à partir de 2006, une constante marque le parcours éditorial de Pierre Astier : la publication d’écrivains francophones des quatre coins du monde. « Au Serpent, il s’agissait de "déghettoïser" ces écrivains en les publiant à côté des auteurs français ou étrangers et non dans une collection particulière ».

Cette  idée d’établir un dialogue interculurel, il ne cherche pas à l’imposer, le hasard ayant été lui-même à la source de sa découverte des « trésors » de la littérature francophone : la recherche d’auteurs de nouvelles pour sa revue, genre plus prolifique parmi les écrivains francophones en dehors de la France.

Dans le catalogue d’alors figurent déjà de grands noms (comme entre autres le Congolais Emmanuel Dongala ou le Malgache Raharimanana), dont Pierre Astier a participé à la connaissance en France. Avec la toute nouvelle collection « Naïves francophones » (déclinée à l’intérieur du département Naïve livres), l’esprit est différent, il s’agit « d’un petit laboratoire de littératures francophones » qui s’ouvre à de nouveaux auteurs. Trois titres déjà parus : La géographie du danger de Hamid Skif, Algérien qui vit à Francfort, le recueil de nouvelles Daïnes et autres chroniques de la mort de l’écrivain mauricien Vinod Rughoonundun, et Mon mari est plus qu’un homme  : c’est un fou du Comorien Nassur Attoumani qui sort au moment du Salon du Salon du livre de Paris 2006.

Pierre Astier a aussi développé une activité d’agent, il représente de petits éditeurs français et francophones pour les droits étrangers (entre autres le Castor Astral en France, l’éditeur suisse Zoé, l’Algérien Barzakh ou l’éditeur canadien Les Allusifs…). Une autre façon de défendre les auteurs francophones sur le marché des droits, dont il avait déjà pu constater l’intérêt que leur portent les éditeurs étrangers dans la production en langue française ; pourquoi d’après lui ? « Je peux avancer deux idées : le roman francophone est plus libre historiquement de filiations littéraires trop pesantes et il est plus narratif : on ne craint pas d’y décrire, d’y dépeindre, d’y dialoguer ce qui lui donne des affinités plutôt avec le roman anglophone ou hispanophone. Ensuite la littérature francophone est née d’une histoire mouvementée nourrie de blessures et de questions qui passionnent un public désormais ouvert sur le monde ».

- Propos recueillis par Catherine Fel

=> En savoir plus : www.pierreastier.com

 -  mars 2006
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