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« on a le temps de parler, de présenter les livres, c’est beaucoup plus agréable qu’à Francfort... J’ai découvert des éditeurs dont je ne connaissais pas encore l’existence », Vibeke Madsen, P.O.L.
12e Foire internationale du livre et de l'éducation Gaudeamus à Bucarest

À la rencontre d’un public nombreux
Le Salon du livre et de l’éducation Gaudeamus est organisé en coopération avec la Radio Nationale Roumaine et l’organisme évènementiel Romexpo Exibitions. Elle se présente comme une foire dédiée au livre d’éducation, mais le succès s’accroissant, de nombreux éditeurs généralistes y tiennent leur stand, le salon concurrent Bookarest (courant mai) connaissant par ailleurs un certain déclin.

La Foire est idéalement située à Bucarest tout près de la Place de la Presse Libre, où résident des éditeurs roumains prestigieux (tels Humanitas, Albatros, Univers Encyclopedic) ainsi que des organismes de presse nationaux (Adevarul, Romania Libera, Publimedia International…). L’Université de Bucarest, qui compte toutes les filières d’études généralistes, est également à quelques centaines de mètres.

La tenue de cette foire est très attendue par le public roumain, notamment à cause des remises sur le prix des livres pendant le salon, tout comme dans les librairies une semaine avant l’événement.

Pour sa 12e édition, la foire a accueilli 360 exposants (270 en 2004) parmi lesquels des éditeurs, des institutions éducatives, des agences de distribution roumaines et internationales, des éditeurs étrangers (en partie américains et allemands, tels MacMillan ou Taschen), des entreprises multimédias, des associations professionnelles, des centres culturels.

De nombreuses manifestations s’y déroulent comme les échanges professionnels autour de l’Éducation, le Salon des Jeunes Inventeurs, l’exposition « Il y a un millénaire »  organisée avec le support de la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris et du Musée des sciences naturelles de Prahova, le Salon du livre pour enfants « Ion Creaga ».

Les auteurs viennent débattre sur deux stands que leur consacre la Radio roumaine et sont décernés sur le Salon le Prix Gaudéamus qui récompense le meilleur livre de l’année et le Prix du livre le plus vendu au cours du Salon. La littérature roumaine se développe, de nouveaux auteurs de talent apparaissent et méritent que l’on s’y intéresse de plus près, comme l’a fait cette année le Centre national du Livre par le biais des Belles Étrangères.

Enfin, à l’extérieur de la Foire, les organisateurs poursuivent leur action autour du livre avec l’opération « La Caravane de Gaudeamus » sorte de Bibliobus qui organise des événements et des expositions autour du livre dans les villes de Craiova, Cluj, Targu-Mures.

Un stand français au centre de la participation internationale
Les organisateurs du salon soulignent une grande présence des éditeurs étrangers sur le salon. Ces dernières années, le secteur de l’édition en Roumanie est devenu un marché intéressant pour les grandes compagnies étrangères qui misent sur un potentiel de développement très peu exploité jusqu’à présent.
Aussi peut-on constater l’implantation dans le pays des maisons telles que MacMillan, Oxford University Press, Reader Digest’s, Egmont, Helen Exley, tous présents sur Gaudéamus. Les Instituts culturels européens ont également tenus à être représentés.

Le stand français, parfaitement situé à l’entrée du salon, dans l’allée principale, couvrait un espace de 30 m², aménagé de telle sorte que les livres français et les Services culturels de  l’Ambassade de France se côtoient de façon complémentaire. En effet, le Bureau du livre a profité du salon pour exposer les dernières traductions du français vers le roumain du Plan d’aide à la publication Nicolae Iorga. Il a été à la fois le lieu de rendez-vous professionnels, de séances de dédicaces, et de point d’information de l’Institut français de Bucarest sur les cours qu’il dispense.
C’est la librairie Humanitas qui était chargée de la mise en place et de la vente des livres exposés.

La Foire étant très largement médiatisée dans la presse, le public roumain se déplace massivement sur Gaudéamus, d’autant que l’entrée en est gratuite. Les premiers jours ce sont les professionnels du livre ou de la presse qui se rencontrent, puis le week-end voit arriver des foules massives – majoritairement des jeunes entre 18 et 29 ans (42%) – et l’on se presse entre les stands, les livres étant vendus encore moins chers les derniers jours de la foire. Pour le public roumain, le livre français reste encore difficilement abordable, malgré les remises effectuées sur le stand. Cependant, 80% des titres exposés ont été vendus. Les clients du stand français n’étaient pas tous francophones, quoique en majorité (professeurs, expatriés, apprenants), mais aussi de « curieux », voulant découvrir les derniers prix littéraires ou les classiques de la littérature française. Les livres jeunesse ont remportés un vif succès, ce domaine n’étant encore que très peu exploité en Roumanie.

Vibeke Madsen, en charge des droits étrangers aux éditions P.O.L, avait fait le déplacement. Avec l’aide de Judith Oriol, chargée du livre au Service culturel, celle-ci a pu rencontrer ses homologues roumains des éditions Pandora, Polirom, Humanitas,  Parallela 45, Nemira, Est.

Elle se déclare enchantée de ces rendez-vous, « on a le temps de parler, de présenter les livres, c’est beaucoup plus agréable qu’à Francfort... J’ai découvert des éditeurs dont je ne connaissais pas encore l’existence, comme Polirom, qui est le deuxième plus grand éditeur du pays ». En ce qui concerne la production de livres roumains, elle note une grande amélioration dans la qualité des titres produits, « on sent que l’édition roumaine progresse ». Bien que la Foire ne soit pas encore un espace dédié aux échanges de droits, Vibeke Madsen pense que les éditeurs « doivent s’y déplacer régulièrement, tous les deux ans par exemple, ce  sont des marchés qui émergent. J’ai eu de bons contacts et je suis certaine que cela débouchera sur des relations professionnelles suivies ».

Par ailleurs, Richard Millet invité par le Bureau du livre de Bucarest, est venu présenter ses ouvrages sur la Foire, et notamment son dernier livre Le goût des femmes laides (Gallimard). L’écrivain a pu rencontrer longuement les éditeurs roumains, ainsi que les lecteurs roumains « Bucarest a été plus que fructueux, sur le plan humain comme sur le plan professionnel, puisque j’ai pu, en tant qu’éditeur, me rendre compte du fonctionnement de l’édition roumaine et qu’en tant qu’auteur je suis comblé : deux traductions sont en prévision, chez deux éditeurs très différents : avec Trei pour Le goût des Femmes laides  et Est pour Le Renard dans le nom. J’ai aussi compris qu’il fallait aller sur place pour obtenir des traductions, ce qui n’est pas un mince enseignement ».

Ce compte-rendu est extrait d’un rapport plus détaillé disponible au BIEF.

Caroline de Salaberry  -  janv. 2006
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